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[Revue de presse] Accord sur le Brexit : Donald Trump critique, Theresa May persiste

Revue de presse 28.11.2018

Le président américain s'est inquiété lundi des futures relations commerciales entre les États-Unis et le Royaume-Uni, estimant que l'accord sur le Brexit empêcherait les Britanniques de conclure librement des traités dans ce domaine. Il a rapidement été contredit par Theresa May, qui continue sa tournée à la recherche d'appuis dans son propre pays, avant le vote du Parlement prévu le 11 décembre sur ce texte.

Donald Trump s'exprimant sur le Brexit, depuis le jardin de la Maison Blanche

Donald Trump s'exprimant sur le Brexit, depuis le jardin de la Maison Blanche - Crédts : BBC

L'accord ne satisfait pas les États-Unis

Le président américain Donald Trump s'est exprimé au sujet de l'accord sur le Brexit, lundi 26 novembre lors d'une conférence de presse dans les jardins de la Maison Blanche. "Cela semble être un très bon accord pour l'UE", a-t-il déclaré selon La Libre (Belgique). Mais "si vous regardez l'accord, [le Royaume-Uni] pourrait ne pas être autorisé à faire du commerce avec nous et ça ne serait pas une bonne chose". Ces propos très critiques sont "une claque pour la Première ministre britannique Theresa May au moment où elle s'échine à convaincre son pays", estime le quotidien bruxellois.

"L'Union européenne et le Royaume-Uni ont tourné dimanche une page historique dans leurs relations", rappelle Le Point, "en entérinant leur accord de divorce à l'issue de dix-sept mois de négociations difficiles". Mais le "soft" Brexit n'est pas encore tout à fait acté : "le Parlement britannique doit se prononcer le 11 décembre sur cet accord, dont Mme May a estimé qu'il était 'le seul possible'". Les propos de M. Trump pourraient influer sur le vote de la Chambre des communes, dont la majorité est loin d'être acquise à la Première ministre britannique sur cette question.

L'attaque de M. Trump semble en effet être directement destinée aux parlementaires britanniques conservateurs. "Je pense qu'ils ne veulent pas du tout [ne pas pouvoir commercer avec les États-Unis]", assène-t-il [Huffington Post]. Le président espère dès lors que "la première ministre britannique Theresa May 'sera en mesure de faire quelque chose à ce sujet'".

Sujet sensible s'il en est : "Donald Trump […] sait qu'il appuie là où ça fait mal", insistent Les Echos. Exactement dans le même registre, il "avait déjà fait polémique en juillet en prétendant que la Première ministre risquait de 'tuer' les chances de conclure un accord commercial post-Brexit avec les Etats-Unis". Car c'est précisément ce que "les hard Brexiters du parti conservateur […] reprochent à l'accord de divorce" : empêcher Londres "de retrouver toute sa souveraineté pour négocier des accords commerciaux avec des pays tiers".

Une politique commerciale indépendante ?

"Restant évasif, le président américain n'a pas précisé quelles dispositions de l'accord étaient de nature à entraver le commerce entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni", soulève Challenges. "Les services de Theresa May ont déclaré dans la soirée [de lundi] que l'accord de divorce permettait de signer des accords commerciaux avec les États-Unis".

Inflexible et forcée d'éteindre l'incendie, Mme May a ainsi elle aussi fermement indiqué que le Royaume-Uni "aura une politique commerciale indépendante et sera en mesure de négocier des accords commerciaux avec des pays dans le monde entier" [Euronews]. Répondant aux critiques, elle pointe du doigt l'incohérence de Donald Trump : "nous avons déjà pu discuter avec [les États-Unis] du type d’accord que l’on pourrait avoir à l’avenir. Nous avons un groupe de travail qui s’est réuni plusieurs fois et qui continue à bien travailler avec les États-Unis sur ce sujet".

"La réalité paraît cependant différente", relève Le Monde : "si rien n’empêche formellement le Royaume-Uni d’amorcer de telles discussions, il n’est pas question pour lui de signer un accord en solo pendant la 'période de transition' (jusqu’à la fin 2020, voire 2022) marqué par un statu quo avec l’UE, ni ensuite en cas de maintien dans une union douanière, comme envisagé".

Theresa May, VRP spéciale de l'accord de sortie

Ne ménageant pas ses efforts pour faire accepter l'accord de divorce dans son propre pays, "Theresa May doit se rendre mercredi près de Glasgow, la plus grande ville d'Ecosse, nouvelle étape de sa tournée destinée à convaincre les Britanniques", rapporte la RTBF (Belgique), après être allée "mardi au Pays de Galles et en Irlande du Nord". Selon les affirmations du média belge, "Theresa May tentera tout particulièrement de rassurer sur la question de la pêche, sujet hautement sensible en Écosse, le secteur occupant une place stratégique dans l'économie régionale".

L'Écosse, qui avait voté à 60% pour le "Remain" (rester dans l'UE), reste encore farouchement opposée au Brexit. "Sept élus écossais ont déposé une requête pour stopper la procédure de Brexit. Elle [était] examinée ce mardi par la Cour de justice de l’UE" (CJUE), indique d'ailleurs Sud-Ouest. "Leur but : démontrer qu’un nouveau référendum pour stopper la sortie du Royaume-Uni serait légal, même si l’article 50 des traités européens a déjà été enclenché", précise Ouest-France. "L’avocat du Royaume-Uni et de l’Irlande du Nord a souligné que la demande devait être jugée irrecevable par la juridiction de Luxembourg", arguant que "le Royaume-Uni n’a pas l’intention de révoquer sa notification". Si la Cour "juge l’affaire recevable, elle rendra un arrêt qui devra être pris en compte par la justice écossaise", conlut Sud-Ouest.