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[Revue de presse] A Rome, la France et l'Italie renouent le dialogue

Revue de presse 19.09.2019

Les relations se sont nettement réchauffées entre la France et l'Italie mercredi 18 septembre, à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron à Rome. Le président français et le Premier ministre italien Giuseppe Conte ont renoué le dialogue, en adoptant une position commune sur les migrations, mais aussi en se donnant des gages de soutien pour de futures propositions de réformes dans l'Union européenne.

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte à Rome, mercredi 18 septembre - Crédits : compte Facebook @GiuseppeConte64

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte à Rome, mercredi 18 septembre - Crédits : compte Facebook @GiuseppeConte64

"Une page s'est bel et bien tournée, mercredi à Rome", proclame L'Express (avec l'AFP), à la suite de la visite du président français Emmanuel Macron dans la capitale italienne mercredi 18 septembre. Si "le chef de l’Etat français n’a passé qu’une soirée [en Italie]", il a tout de même enchaîné "un court entretien avec son homologue Sergio Mattarella, et un dîner de travail avec le premier ministre Giuseppe Conte", avant de répondre aux questions de la presse à ses côtés [Le Monde avec l'AFP].

"Bien que symbolique, cette visite conserve une portée politique considérable", explique au Figaro Marc Lazar, professeur à Sciences Po et à l'Université La Luiss à Rome. Selon lui, cette rencontre "signifie que l’on est à nouveau prêt à dialoguer sur des bases communes". Le réchauffement des relations diplomatiques entre la France et l'Italie est en effet au cœur des analyses de la presse. Le Huffington Post revient par exemple sur les vives tensions qui avaient émaillé les rapports franco-italiens l'an passé, "au point que Paris avait rappelé son ambassadeur à Rome, après des 'déclarations outrancières' et des attaques 'sans précédent' formulées par Matteo Salvini, ex-ministre de l’Intérieur d’extrême droite, et Luigi Di Maio, alors vice-premier ministre".

Désormais, Matteo Salvini est écarté du pouvoir. Et la nouvelle coalition italienne, formée à la fin du mois d'août entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (PD, centre gauche) a donc la faveur d'Emmanuel Macron. "Sans le dire ouvertement, le président français voit d’un bon œil la nouvelle équipe en place à Rome depuis un peu plus d’une semaine", souligne la RTBF.

Nouveau départ sur les migrations

La politique migratoire a été de loin le sujet principal de la rencontre Macron-Conte. Le président français et le Premier ministre italien "se sont dit d'accord mercredi pour un 'mécanisme automatique' de répartition des migrants", rapporte la RTBF. Le dirigeant français prévoit même que "tous les pays participent sous une forme ou une autre à la solidarité européenne en la matière ou bien soient pénalisés financièrement", selon RFI.

Les accords de Dublin, "qui confient actuellement aux pays d'arrivée la charge du traitement des demandes d'asile" [RFI], ont été remis en question à cette occasion. "Il faut trouver des solutions durables et pérennes sur la réforme des accords de Schengen et de la convention de Dublin", selon la présidence française [Le Figaro]. Les propositions de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a promis "un nouveau départ" sur cette question, sont très attendues.

Mais les deux dirigeants ont aussi "réclamé une gestion 'plus efficace' du renvoi dans leur pays d'origine des migrants qui n'ont pas droit à l'asile" [RTBF], le chef de gouvernement italien déclarant que l'Italie ne "laisserait pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire", rapporte Le Monde avec l'AFP.

En attendant, "les ports italiens se sont entrouverts ces derniers jours en laissant notamment débarquer sur l’île de Lampedusa 82 migrants de l’Ocean-Viking", contrastant avec la fermeture extrême revendiquée par le précédent gouvernement italien [La Croix avec l'AFP].

Des alliés pour l'Europe

Les accords trouvés avec l'Italie lors de cette rencontre seront défendus "lors du prochain sommet européen". Des ministres de l'Intérieur de pays de l'Union européenne (dont l'Allemagne, la France et l'Italie) doivent d'ailleurs "se réunir lundi 23 septembre à Malte pour discuter" du dossier de l'asile et des migrations [RFI].

L'arrivée au pouvoir d'un gouvernement nettement plus en faveur de la construction européenne à Rome semble ainsi constituer une opportunité pour les deux pays de peser en Europe. Si la RTBF avance que le président français est allé chercher en Italie "un allié pour son projet de réforme de l’Union européenne", il s'agit aussi pour Giuseppe Conte de "s’assurer de l’appui de Macron pour obtenir de l’Europe […] un délai pour réduire la dette italienne". Celle-ci s'élève actuellement à 132% du PIB. "Ces visites visent à relancer l’agenda stratégique européen, avant même l’arrivée de la nouvelle Commission, le 1er novembre", résume Le Figaro.

Du côté français, "ce déplacement s’inscrit dans la rentrée européenne du président, qui se rendra aussi au Luxembourg, en Finlande et en Allemagne", déclare l'Elysée au Figaro.

Ce réchauffement des relations franco-italiennes a aussi permis de "programmer, pour 2020 en Italie, un sommet bilatéral, rendez-vous annuel lancé en 1983 mais qui n’avait pas été mis à l’agenda l’an passé pour cause de tensions entre les deux pays", ajoute Le Monde avec l'AFP.

 

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