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[Revue de presse] A Prague, une partie de l'extrême droite européenne affiche son union

Revue de presse 26.04.2019

Plusieurs partis d'extrême droite, dont le Rassemblement national, se sont réunis jeudi 25 avril à Prague en République tchèque pour un meeting commun en vue des élections européennes. L'objectif pour Marine Le Pen ? Montrer aux électeurs que le RN peut réaliser des alliances avec d'autres partis d'extrême droite européens, malgré l'existence de profondes divergences.

Tomio Okamura, Marine Le Pen et Geert Wilders le 25 avril 2019 à Prague - Crédits : compte Facebook @geertwilders

Tomio Okamura, Marine Le Pen et Geert Wilders le 25 avril 2019 à Prague - Crédits : compte Facebook @geertwilders

A l'occasion du lancement de la campagne pour les européennes de Tomio Okamura, leader tchèque du parti d'extrême droite Liberté et démocratie directe (SPD), plusieurs formations du même bord politique se sont rassemblées pour le soutenir jeudi 25 avril, place Wenceslas à Prague.

"Ils sont un, peut-être deux milliers réunis pour le meeting commun donné par le leader d’extrême droite […] Tomio Okamura, avec ses alliés européens Marine Le Pen, le Hollandais Geert Wilders. La Belgique et le Royaume-Uni sont aussi représentés", précise Le Parisien.

Cette rencontre fait suite à un déplacement de la cheffe du Rassemblement national à Rome en octobre dernier, où elle s'était affichée aux côtés du leader de la Ligue Matteo Salvini, puis d'un autre à Bruxelles en décembre, avec le parti nationaliste flamand Vlaams Belang, rappelle pour sa part Le Figaro.

L'enjeu politique est "central" pour Marine Le Pen : "montrer qu'elle n'est pas isolée" sur la scène européenne, résume l'envoyé spécial de BFM TV. A Prague, la présidente du RN a ainsi prôné une "nouvelle harmonie européenne" [La Croix avec l'AFP].

Des partis d'extrême droite divisés sur l'UE et l'islam

Mais si l'objectif de Mme Le Pen est de montrer qu'elle est capable de s'unir au niveau européen, dans la perspective de former un grand groupe nationaliste au Parlement européen, les partis réunis à Prague sont loin de de s'accorder sur tous les points. En particulier sur l'appartenance à l'Union européenne. L'extrême droite européenne "se cherche encore", observe L'Humanité.

Car comme le souligne Le Parisien, "si le RN a abandonné toute idée de sortie de l’UE, ses partenaires tchèque et hollandais du jour militent toujours pour".

Des profondes divergences que Marine Le Pen balaye d'un revers de la main : "ma valeur première, cardinale, c’est la liberté des pays de se choisir leur fonctionnement. Et de respecter leurs valeurs, leurs mœurs et leurs traditions", a-t-elle déclaré, interrogée à ce propos [Le Figaro].

Les divergences ne s'arrêtent pas là. Geert Wilders, leader du PVV hollandais, et Tomio Okamura sont viscéralement - et ouvertement - islamophobes, et veulent tous deux "interdire l'islam" [Le Parisien] dans leurs pays respectifs. "Soyons honnêtes, l’islam est un culte médiéval, qui confisque la liberté d’autrui. Il faut arrêter l’islam", a ainsi affirmé le premier, cité par RFI. Quant au second, un de ses slogans de campagne est "Non à l'islam" [EurActiv avec l'AFP].

RFI note à cet égard que "la présidente du Rassemblement national sait qu’à Prague, l’extrême droite prospère sur le terrain identitaire". "Alors peu importe la dédiabolisation menée en France : jeudi 25 avril, le discours du RN de Marine Le Pen sur l’Union européenne reprend des accents du Front national de Jean-Marie Le Pen", poursuit la radio internationale.

"Pour rendre le processus de destruction nationale irréversible, [l’Union européenne] a engagé parallèlement la submersion de l’Europe par des migrations organisées", a ainsi lancé Marine Le Pen, très applaudie.

Son propre parti ne propose pourtant pas une idée aussi extrême que l'interdiction du culte musulman.  Alors sur cette question, la leader du RN "a affirmé du bout des lèvres défendre la 'liberté' de ses 'amis' Okamura ou Wilders de vouloir interdire l’islam", fait savoir Le Parisien.

Absence de Matteo Salvini

Un autre élément est à relever : l'absence de la Ligue italienne au rassemblement de Prague. "Bien qu’annoncé, aucun représentant de la Lega n’aura fait le déplacement", indique Le Figaro. "Une absence remarquée, que les quelques secondes de vidéo enregistrées par Matteo Salvini et diffusées lors de la réunion publique, n’auront pas suffi à camoufler". Faut-il y voir l'illustration de la rivalité entre Marine Le Pen et Matteo Salvini pour prendre la tête des nationalistes prochainement élus au Parlement européen ?

Car c'est "sur les traces du ministre de l’Intérieur italien que Marine Le Pen continue de régler ses pas", commente le quotidien. Attendue  à Copenhague vendredi 26 avril, la présidente du RN "devrait rencontrer des représentants du Parti populaire danois, deuxième force du pays depuis 2015. Quinze jours après que Salvini a conclu avec eux, à Milan, un rapprochement lors de la prochaine mandature européenne"…

Les partis d'extrême droite représenteront probablement une force politique majeure dans le prochain hémicycle du Parlement. " Ils vont réaliser de bons scores, en particulier en Italie", analyse le politologue tchèque Jan Kubacek. "Mais le problème de toutes ces formations est qu’elles n’arrivent pas à coopérer réellement, étant trop centrées sur leur propres intérêts nationaux", résume-t-il [EurActiv avec l'AFP].

 

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