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[Revue de presse] A Paris, Emmanuel Macron et Angela Merkel vont tenter de geler le conflit ukrainien

Revue de presse 09.12.2019

Aux côtés de la chancelière allemande, le président français accueille aujourd'hui à Paris le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Objectif de la rencontre : mettre fin a un conflit qui a déjà coûté la vie à plus de 13 000 personnes. Ou du moins tenter, pour l'heure, de le geler...

La ligne de front, près de la ville de Sloviansk, vue depuis le côté loyaliste, en juillet 2014 - Crédits : Sasha Maksymenko / Flickr CC BY-NC 2.0

La ligne de front, près de la ville de Sloviansk, vue depuis le côté loyaliste, en juillet 2014 - Crédits : Sasha Maksymenko / Flickr CC BY-NC 2.0

"Sortir d’une impasse ne signifie pas forcément trouver une issue", annonce Le Monde à l'approche du sommet sur la crise ukrainienne qui doit se tenir lundi 9 décembre à Paris. A l'Elysée, Emmanuel Macron et Angela Merkel chapeauteront ce nouveau sommet au format "Normandie" (France, Allemagne, Russie, Ukraine). Un rendez-vous qui fait également figure de première rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, élu en mai dernier.

L'enjeu : "relancer le processus de paix tel que défini dans les accords de Minsk, signés en 2014 et 2015 mais jamais mis en œuvre intégralement", rappelle Libération. Car depuis le début de la crise ukrainienne, les affrontements dans le Donbass, à l'est de l'Ukraine, "ont fait 13 000 victimes selon l’ONU, et causé le déplacement d’au moins 1,5 million de personnes", précise Mediapart. Et si depuis 2016 "les combats ont diminué, ils n’ont jamais totalement cessé", ajoute Libération.

Depuis l'élection du nouveau président ukrainien, des avancées concrètes ont eu lieu. "Le désengagement militaire dans trois zones pilotes le long de la ligne de front", "l’échange de 70 prisonniers début septembre" ou encore "le retour de trois navires de guerre ukrainiens à la mi-novembre, saisis un an plus tôt par la Russie"… Autant de gestes de part et d'autre qui ont permis d'envisager cette nouvelle rencontre, trois ans après celle de Berlin qui "avait été un échec"  [Le Monde]. C'est donc sur ce "socle solide" que l’Elysée compte s’appuyer pour "avancer vers une mise en œuvre complète des accords de Minsk", résume Libération.

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Peu de concessions attendues

"Ils peuvent avancer sur l’échange de prisonniers et le cessez-le-feu, éventuellement définir de nouvelles zones de désengagement, se mettre d’accord sur les groupes de travail pour préparer l’élection [locale dans le Donbass]", explique Ioulia Shukan, chercheuse à l'université Paris-Nanterre citée par le média.

Toutefois, la réunion s’annonce "plus symbolique que source de grandes annonces", prévient Libération. Car "le doute domine sur les marges de manœuvre", rapporte Le Monde. "Des deux côtés, on se garde bien d’annoncer une sortie de crise", ajoute Mediapart, qui relève que côté ukrainien "un communiqué 'version basse' est déjà prêt".

En cause, de nombreuses lignes rouges. La Russie exige notamment un "statut spécial" pour le Donbass, ce que l'Ukraine "imagine plutôt comme le fruit d’une décentralisation qui s’appliquera à l’ensemble du pays", note Libération. Kiev voit aussi le contrôle de la frontière, qui mettrait fin au fin au transit des armes et des hommes depuis la Russie, comme un "préalable au processus de paix politique", poursuit le média. Cela constitue également un point d'achoppement dans les négociations entre les deux parties.

Vers un conflit gelé ?

Pour autant, "cette réunion doit nous donner des jalons pour poursuivre dans la mise en œuvre de Minsk en recréant de la confiance entre les parties", explique une source élyséenne à Ouest-France.

Pour le moment, "la normalisation dans l’est et son retour sous l’autorité de Kiev restent hors de portée", analyse Le Monde. Toutefois, côté français, des accords sur "de nouvelles zones potentielles de désengagement, un autre échange de prisonniers, [ou encore] le grand défi du déminage […] permettraient de transformer la guerre de basse intensité en conflit gelé" [Le Monde].

"Volodymyr Zelensky a fait de l’arrêt des combats une priorité", rappelle Mediapart. Si Le Monde considère ce scénario comme un "morne horizon", le président ukrainien "cherche [toutefois] à 'gagner les cœurs et les esprits' des populations civiles du Donbass" [Mediapart]. "Souvent présentées comme symboliques dans les communiqués diplomatiques, les avancées permises par la politique 'humanitaire' du nouveau président sont vues avec bienveillance par une population locale toujours très précaire", abonde La Croix.

Le sommet de Paris pourrait ainsi permettre quelques avancées pour la population touchée par le conflit. Même si "à terme, il faudra aborder le problème des nombreux disparus et des 2 millions de déplacés", ajoute Le Monde.

 

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