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[Revue de presse] A Londres, Boris Johnson et Ursula von der Leyen lancent la bataille de l'après-Brexit

Revue de presse 09.01.2020

Ce jeudi après-midi, les députés britanniques devraient approuver définitivement l'accord de sortie de l'Union européenne. Mais il reste encore à négocier la relation future entre les deux parties. La présidente de la Commission européenne a pu confronter ses priorités à celles du Premier ministre britannique, Boris Johnson.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen arrive au bureau du Premier ministre britannique, n°10 Downing Street à Londres, mercredi 8 janvier - Crédits : Etienne Ansotte / European Union

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen arrive au bureau du Premier ministre britannique, n°10 Downing Street à Londres, mercredi 8 janvier - Crédits : Etienne Ansotte / European Union

Ça y est. "Le texte de loi de Boris Johnson sur le Brexit est prêt à franchir ses derniers obstacles à la Chambre des communes ce jeudi, après des mois de votes à couteaux tirés et de crise parlementaire", annonce The Independent. Suite à la victoire de Boris Johnson aux élections anticipées de décembre, une large majorité de députés devrait approuver, ce jeudi après-midi en dernière lecture, la proposition de loi qui traduit l'accord du Brexit dans le droit britannique.

"La majorité écrasante [du Parti conservateur] laisse peu de doute sur le vote prévu dans la journée à la Chambre des communes, après un débat expédié en quelques séances malgré la complexité du sujet et les enjeux historiques", estime La Libre [avec l'AFP]. Jusqu'ici, le texte a rencontré "peu d'opposition substantielle", rappelle également l'Independent.

Toutefois, "si les députés adoptent le texte sans l'amender, comme prévu, celui-ci passera à la Chambre des Lords où le gouvernement n'a pas de majorité - et pourrait rencontrer une certaine hostilité de la part de pairs pro-européens", précise The Independent. Mais une fois cette étape passée, il ne restera au Royaume-Uni qu'à faire promulguer la loi par la reine, une formalité. Le Parlement européen devrait alors à son tour ratifier sans trop de difficultés le traité de divorce, afin que le Royaume-Uni quitte définitivement l'Union le 31 janvier à 23h00, heure de Londres (minuit à Paris).

Von der Leyen à Londres

Pour autant, le long chapitre du Brexit ne se refermera pas d'un seul coup. Afin de négocier leurs relations futures, l'accord trouvé en octobre dernier par Boris Johnson et l'Union européenne prévoit une période de transition qui doit courir jusqu'à la fin de l'année 2020.

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"La nouvelle phase des négociations du Brexit […] promet d’être tout aussi complexe et probablement tout aussi rude que la longue et chaotique séquence (2016-2019) qui vient de se clore", prédit Le Monde. Car "l’enjeu est énorme : il s’agit de redéfinir les liens pour les décennies à venir", poursuit le quotidien.

Mercredi 8 janvier, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rencontré Boris Johnson au 10 Downing Street. Une visite effectuée plus de deux ans après celle de son prédécesseur, Jean-Claude Juncker. "Sur la photo devant Downing Street, les deux dirigeants blonds sont naturellement souriants", raconte Le Soir. Mais attention à "ne pas s'y fier".

"Quand le jour se lèvera le 1er février, l’UE et le Royaume-Uni resteront les meilleurs amis et les meilleurs partenaires. Les liens entre nous sont incassables", avait déclaré un peu plus tôt Ursula von der Leyen, lors d'une conférence à la prestigieuse London School of Economics [La Croix]. Elle a cependant admis un peu plus tard qu'il y aurait "des discussions dures" et que chaque camp ferait "ce qui est le meilleur pour lui".

L'Union européenne a ainsi déjà posé ses premières lignes rouges. "Nous travaillerons pour des solutions qui préserveront l’intégrité de l’UE, de son marché commun et de son union douanière. Il ne peut pas y avoir de compromis sur ce point", a prévenu la dirigeante [La Croix].

Calendrier serré

Les négociations s'annoncent d'autant plus ardues que la période de transition, 11 mois du 31 janvier au 31 décembre, est plutôt courte. Et que Boris Johnson refuse d'ores et déjà toute extension. "C’est extrêmement serré. Il sera impossible de tout mener à bien d’ici la fin de l’année, c’est la raison pour laquelle nous devrons établir des priorités", a souligné la présidente de la Commission européenne [Le Monde]. Même son de cloche du côté du Premier ministre croate Andrej Plenković, à la tête du Conseil de l'UE pour six mois, qui souhaite donner la priorité au commerce et à la pêche.

"Face au calendrier serré, Downing Street a laissé entendre que Londres pourrait se contenter d'un accord partiel si aucun accord global n'était trouvé d'ici à la fin de l'année", observe aussi La Libre. Mais pour l'heure, "le chef du gouvernement britannique souligne que Londres vise un accord de libre-échange ambitieux", et pas un simple "alignement réglementaire avec les 27", rapporte Le Soir. Un optimisme que peut se permettre le Premier ministre britannique, qui dispose désormais d'un atout de taille dans sa manche : "une Chambre des communes acquise à sa cause". Tandis que "l'opposition anti-Brexit […] n’a plus les effectifs pour s’opposer à un hard Brexit", explique Le Monde. La menace d'un "no deal" à l'issue de la période de transition planerait donc à nouveau.

Certes, le leader travailliste Jeremy Corbyn a annoncé qu'il déposerait, au cours de l'examen de la loi sur le Brexit ce jeudi après-midi, "un amendement pour empêcher un Brexit sans accord si aucun accord de libre-échange n’est conclu entre Londres et Bruxelles d’ici à la fin de la période de transition". Mais celui-ci a "très peu de chances d’être adopté", relève La Croix.

 

 

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