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[Revue de presse] A l'approche du Brexit, l'Irlande du Nord retrouve un gouvernement

Revue de presse 14.01.2020

Dépourvue de gouvernement pendant trois ans, l'Irlande du Nord est de nouveau dotée d'un exécutif depuis samedi 11 janvier, formé entre unionistes et républicains. Moins de trois semaines avant la sortie du Royaume-Uni de l'UE, la nouvelle est loin d'être anodine, l'Irlande dans son ensemble ayant été au cœur des négociations sur le Brexit.

Lundi 13 janvier, le Premier ministre britannique Boris Johnson (deuxième en partant de la droite) et son homologue irlandais Leo Varadkar (à sa droite) se sont réunis à Belfast, pour rencontrer la cheffe du nouveau gouvernement nord-irlandais Arlene Foster (à gauche de la photo) et sa vice-Première ministre Michelle O'Neill (à sa gauche) - Crédits : gov.ie / OGL v3.0

Lundi 13 janvier, le Premier ministre britannique Boris Johnson (deuxième en partant de la droite) et son homologue irlandais Leo Varadkar (à sa droite) se sont réunis à Belfast, pour rencontrer la cheffe du nouveau gouvernement nord-irlandais Arlene Foster (à gauche de la photo) et sa vice-Première ministre Michelle O'Neill (à sa gauche) - Crédits : gov.ie / OGL v3.0

Après trois ans sans gouvernement, l'Irlande du Nord vient d'en retrouver un. L'Assemblée locale de la province s'est réunie samedi 11 janvier, pour acter la conclusion d'un nouveau compromis de gouvernement entre les partis unioniste (DUP) et républicain (Sinn Féin).

Première responsable de cet accord, "l'élection générale de décembre", où "le DUP et le Sinn Féin ont tous deux perdu des votes (…) et des circonscriptions symboliques", explique The Guardian. S'ajoute à cela "la soudaine perte d'influence du DUP à Westminster", forçant les unionistes à se rabattre sur le pouvoir local, poursuit le quotidien britannique. Ces revers successifs ont poussé les deux partis communautaires à relancer les négociations et à les mener à bien, afin d'éviter des élections anticipées qui auraient pu les affaiblir davantage.

Nouveau départ pour l'Irlande du Nord

"Nouvelle décennie, nouvelle approche" [The Irish Times] : tel est le nom donné au pacte de gouvernement conclu entre unionistes et républicains. "La prochaine décennie sera le temps d’incroyables opportunités pour l’Irlande du Nord et l’ensemble du Royaume-Uni", s'est réjoui le Premier ministre britannique Boris Johnson, cité par La Croix, en visite lundi 13 janvier en Ulster. Ce jour-là, "les Premiers ministres britannique et irlandais ont fait le déplacement à Stormont [le palais du gouvernement à Belfast] pour écrire un nouveau chapitre de l’avenir de la province nord-irlandaise", rapporte RFI.

Il y ont applaudi la nomination d'Arlene Foster, cheffe du DUP, à la tête du gouvernement, et de son homologue républicaine Michelle O'Neill comme vice-Première ministre, explique Politico. Ce binôme devrait mettre en œuvre un programme pouvant être lu comme "un bingo vert/orange", entre les catholiques républicains (vert) et les protestants unionistes (orange), "avec des points clairement ajoutés par un camp ou l'autre", analyse The Guardian.

Si la décennie est nouvelle, les défis restent nombreux en Irlande du Nord. Depuis "la chute du [précédent] gouvernement dans un scandale politico-financier" en janvier 2017 [20 minutes avec l'ATS], "la région a dans les faits été dirigée par ses fonctionnaires devant faire face à une crise de la santé, l'impact de l'austérité et une insécurité liée au Brexit", fait savoir The Guardian.

"Nous ne résoudrons pas tous les problèmes immédiatement, mais les ministres locaux s'attèleront à des réformes clé pour les écoles et les hôpitaux", a annoncé la nouvelle Première ministre dans un tweet [Politico]. Des réformes facilitées par la promesse de Boris Johnson d'investir pour la région : "le chiffre de plus de 2 milliards d’euros circule pour amorcer la remise en état des services publics", indique RFI. Une somme que le locataire de Downing Street "s’est bien gardé de confirmer".

Le Brexit dans les esprits

En toile de fond de l'actualité institutionnelle de l'Irlande du Nord se trouve le Brexit. "La crise gouvernementale en Irlande du Nord a débuté il y a trois ans, en plein atermoiements sur le Brexit, et se résout juste après le vote [par les députés britanniques], la semaine dernière, de l’accord de retrait", s'amuse La Croix. Hasard du calendrier ? Pas si sûr. "Si les Républicains et les Unionistes se serrent les coudes, c’est surtout le signe d’une inquiétude partagée", analyse Karin Fisher, du Groupe de recherche en études irlandaises de l’université de Caen, interrogée par le journal.

Car aujourd'hui, "l'accord sur le Brexit n'a le soutien d'aucun parti politique nord-irlandais", rappelle l'Institute for Government, un think tank gouvernemental britannique [The Guardian]. Et beaucoup d'inconnues demeurent : "on ne sait pas encore si l'Irlande du Nord bénéficiera substantiellement des accords commerciaux du Royaume-Uni, ou de ceux de l'UE", indique The Irish Times.

Le rétablissement d'un exécutif local vise donc à "fournir un minimum de gouvernance et de représentation à l'Irlande du Nord" au cours des tractations à venir, et garantir la stabilité de la province que Londres a promis de "consulter", explique The Irish Times. La "principale priorité" du nouveau gouvernement consistera ainsi à garantir "la meilleure issue possible" sur le Brexit, rapporte le média irlandais. Toutefois, "ce qui a pour l'instant été négocié ne contient que le strict minimum pour le périple à venir", tempère The Guardian.

Brexit : quelles conséquences pour les deux Irlande ?

Des élections anticipées en République d'Irlande

Au sud de l'île, la République d'Irlande est elle aussi directement concernée par la situation en Irlande du Nord.

Pour conforter sa majorité à l'aune des nouvelles négociations à venir, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a "annoncé dimanche qu'il allait dissoudre le Parlement, le Dail, dans les prochains jours et organiser des élections législatives anticipées début février", rapportent Les Echos. Et tout comme Boris Johnson au Royaume-Uni, Leo Varadkar entend "surfer sur le Brexit pour gagner les élections".

"Il était à Belfast ce lundi aux côtés de Boris Johnson, montrant qu'il a bien été l'un des artisans du compromis finalement trouvé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni", note ainsi le quotidien. Mais sur ce point la position de Dublin diffère significativement de celle de Londres.

Depuis le début des négociations en juin 2017, "la détermination du dirigeant irlandais [Leo Varadkar] à obtenir un accord de divorce qui ne fasse pas de l'Irlande une victime collatérale a été sans faille" : ce dernier "n'a pas laissé entrevoir la moindre chance à un accord qui ne garantirait pas la fluidité de la frontière entre les deux Irlande", indiquent à cet égard Les Echos.

Pour le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney par ailleurs, la volonté de Boris Johnson de ne pas prolonger la période de transition post-Brexit au-delà du 31 décembre 2020 est "ambitieuse", rapporte The Guardian : "Il faudra probablement plus d'un an" pour négocier un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, estime-t-il. Cet accord aura un impact déterminant sur l'avenir de l'Irlande du Nord et donc sur la République d'Irlande, à laquelle elle est intimement liée.

 

 

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