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[Revue de presse] À Fréjus, Marine Le Pen lance sa campagne pour les élections européennes

Revue de presse 17.09.2018

En difficulté financière et judiciaire, le Rassemblement national (RN) lance à son tour sa campagne pour les élections au Parlement européen. Avec le rejet de l'immigration comme crédo et les dirigeants européens d'extrême droite comme modèles.

Marine Le Pen à Fréjus, dimanche 16 septembre

Marine Le Pen à Fréjus, dimanche 16 septembre - Crédits : @mlp_officiel / Twitter

L'immigration comme thème central

Rentrée politique pour Marine Le Pen, ce dimanche 16 septembre à Fréjus (Var). "Située entre Cannes et Saint-Tropez, la ville de Fréjus, 52 000 habitants", indique France Info, "est un terrain conquis pour Marine Le Pen : elle y a obtenu 50,71% des suffrages au second tour de la présidentielle". Le maire de la ville est d'ailleurs l'un de ses lieutenants, David Rachline.

Une habitante interrogée par le média d'information du service public exprime d'emblée son opposition à l'accueil des migrants : "tous ces immigrés qui sont en France. J’ai envie qu’ils partent. Ils foutent un peu le bordel chez nous". Cette thématique est évidemment centrale dans la ligne politique de Marine Le Pen, qui vise un score élevé aux élections européennes de mai 2019. "L'Europe et ses frontières, l'Europe et ses réfugiés, ce sont les deux piliers des argumentaires de Marine Le Pen", écrit France Culture.

La présidente du Rassemblement national (RN) s'est d'ailleurs laissée aller dans son discours à des comparaisons douteuses, empruntées au Premier ministre hongrois Viktor Orbán : "L'UE ou l'UERSS, devrait-on dire", cite le Huffpost, "c'est une dictature populicide, comme le dénonce Michel Onfray, qui use de violence contre les peuples". Cette déclaration n'a pas manqué de faire réagir la ministre chargé des Affaires européennes Nathalie Loiseau via son compte Twitter : "les propos d'estrade de Marine Le Pen sont insultants pour ceux des États membres qui ont eu à subir dans le passé le joug de Moscou, en particulier les États baltes".

Le conseiller politique de Marine Le Pen Philippe Olivier estime quant à lui que "le clivage actuel, c’est les mondialistes contre les nationalistes. Et nous, on est l’antithèse de Macron. On va prendre le pouvoir parce que le système a vécu ses dernières heures", déclare-t-il [Libération]. "Notre fonds de commerce, c’est l’immigration. Les Français, ils s’en foutent de ces histoires d’assistants, ils veulent qu’on les débarrasse de l’immigration". Car "une grande partie des cadres – dont Marine Le Pen elle-même – est mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen", rappelle le journal.

L'optique d'une large alliance anti-UE

"En France, dépasser la liste mondialiste d’Emmanuel Macron et comme en 2014 sortir en tête de cette élection" est l'objectif, indique sans détour Mme Le Pen. Et "en Europe, constituer avec nos alliés et les autres groupes anti-européistes une majorité pour rompre avec la déliquescente Union européenne". Pour Euronews, la dirigeante de RN a "battu en brèche la politique migratoire 'folle' de l'Union européenne, imitant la recette de ses alliés, la Ligue d'Italie et le FPÖ d'Autriche, représentés à la tribune".

En effet, des membres d'autres mouvements nationalistes européens ont répondu présent à l'appel de Marine Le Pen : "le premier s'appelle Maximilian Traos. Il s'agit du vice-maire de la capitale autrichienne, Vienne, issu du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)", indique RFI. "Le second est Flavio Di Muro, député de la Ligue italienne de Matteo Salvini". Le média français poursuit en analysant que "la Ligue inspire grandement le Rassemblement national". Car selon le parti, "le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini montre qu’il est possible d’arriver au pouvoir et d’y faire des choses en venant de l'extrême droite".

Selon Le Parisien, "les derniers sondages placent le RN au coude-à-coude avec la République en Marche pour les prochaines élections européennes". Et dans la lignée de Viktor Orbán, Marine Le Pen "cible Macron comme son principal adversaire", titre Le Figaro. "Le match c'est entre Macron et nous désormais", déclarait au quotidien, "dans la matinée, le député du Nord Sébastien Chenu".