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Résultats macroéconomiques : Bruxelles ne va pas lâcher la France d'une semelle

Revue de presse 06.03.2014

La Commission européenne a dévoilé hier une nouvelle analyse des problèmes macroéconomiques au sein de 17 des pays de la zone euro. Parmi les mauvais élèves se trouve la France – le "maillon faible" titre Le Figaro –, particulièrement pointée du doigt pour son manque de compétitivité et sa dette importante. Les préoccupations de Bruxelles sont grandes face à ces déséquilibres et la France se voit mise sous haute surveillance (une alerte de niveau 3 sur les 4 existants). Une situation sur laquelle revient largement la presse aujourd'hui.

Pierre Moscovici Ministre français de l'économie et des finances

Dans le bilan qui a été établi des déséquilibres macroéconomiques de 17 pays, la France a de très mauvais résultats. Des résultats d'autant plus alarmants que la France est la seule avec la Slovénie à recevoir un avertissement aussi sévère de la part de la Commission européenne [Les Echos]. "Le coût du travail reste élevé et pèse sur les marges des entreprises" a indiqué le commissaire chargé des Affaires économiques, Olli Rehn [Le Point]. De plus la dette a atteint un niveau très haut (95%) qui peut exposer la France à des "turbulences" sur les marchés financiers. Ainsi, la France rejoint le groupe des "cancres" constitué par l'Espagne, l'Irlande et la Hongrie. Un déclin économique sur lequel s'exprime sans ménagements le journaliste Jean-Marc Vittori [Les Echos]. Selon lui, "la France dérive insensiblement vers le sud de l'Europe".

De plus, la Commission a également fait du zèle en rappelant à l'ordre Paris sur son déficit, un message clairement politique, après que la France s'est déjà vue accorder un délai de deux ans pour ramener à 3% son déficit pour la fin de l'année 2015 [Le Monde].

Bruxelles ouvre donc l'œil sur les efforts à faire par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. La "surveillance renforcée" de Bruxelles dont la France fait désormais l'objet [Le Parisien] constitue un véritable appel politique à accélérer la cadence des réformes. En effet, les craintes de la Commission européenne portent sur le risque que représentent les mauvais chiffres français pour la zone euro [Le Point]. Une crainte sur laquelle revient L'Opinion dans son article "La France, ce mauvais élève qui menace de tirer la classe européenne vers le bas". Les Echos soulignent ainsi "les signes d'agacement d'une Commission face aux promesses françaises de changement jamais tenues" et la lenteur des réformes entreprises. Face à cette pression, la France a donc l'obligation de communiquer encore plus fréquemment ses avancées auprès de la Commission.

Si les remarques de la Commission laissent présager des "discussions tendues" [Les Echos], "la France dédramatise le camouflet de Bruxelles" indique Le Figaro. Finalement le sermon de Bruxelles – qui rejoint les avertissements de février de la Cour des Comptes [Challenges] – ne semble pas remettre en cause le calendrier établi par Paris pour établir plus de rigueur [Le Monde] : le ministre français de l'économie et des finances Pierre Moscovici a affiché sa confiance et son optimisme par rapport aux mesures mises en place. "La France a une trajectoire des finances publiques qu'elle a présenté à la Commission européenne et elle s'y tient", a-t-il déclaré [Mediapart]. Toutefois, le carton rouge reçu par le gouvernement français constitue un " désaveu personnel cinglant pour François Hollande" estime Jean-François Copé, président de l'UMP [Le Point].

Le pacte de responsabilité pour les entreprises doit être présenté à la Commission européenne avant juin, quand des recommandations précises seront établies pour chaque pays. Ce pacte est très attendu par Bruxelles qui y place beaucoup d'espoirs pour le redressement des résultats français [Libération].

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