Derniers articles publiés

République tchèque, Chypre, Finlande : un week-end électoral en Europe

Revue de presse 29.01.2018

Samedi 27 janvier, le président tchèque sortant, Miloš Zeman, a été réélu au second tour de l'élection. Son homologue finlandais Sauli Niinistö a également été reconduit dimanche 28 janvier pour un second mandat, dès le premier tour du scrutin. Le même jour, Chypre organisait aussi le premier tour de son élection présidentielle : les deux candidats arrivés en tête se tiennent dans un mouchoir de poche.

Milos Zeman

Miloš Zeman, réélu président de la République tchèque - Crédits : David Sedlecký

République tchèque : l'extravagant Miloš Zeman reconduit

Samedi 27 janvier, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle tchèque, c'est le président sortant Miloš Zeman qui s'est imposé face à Jiri Drahoš, "un académicien proeuropéen, novice en politique", relate Le Figaro. M. Zeman "l'a emporté avec 51,36 % des voix contre 48,63%" pour son concurrent.

Miloš Zeman, qualifié de "populiste" par le quotidien allemand Der Spiegel [Courrier international], contraste avec d'anciens présidents "philosophes" tchèques, tels Václav Havel, estime Radio Prague. En effet, pour la chaine de radio, ces personnalités étaient "des figures morales incontestées, au destin viscéralement lié à la création ou à l’histoire mouvementée de leur pays". A l'inverse, M. Zeman "n’est pas fait de ce bois-là. Lui est un véritable politicien au sens le plus crû du terme".

Radio Prague explique également que d'après les sondages, en dépit du rejet d'une partie de la population, le président réélu "jouit (…) d’une réelle popularité, qu’il entretient notamment avec des séjours réguliers de trois jours dans les différentes régions tchèques".

D'un point de vue politique, Miloš Zeman est un eurosceptique convaincu, pro-russe et pro-chinois, dont la "lutte contre l'immigration [est le] principal cheval de bataille, qualifiant l'afflux de migrants en Europe 'd'invasion organisée' et de 'bouillon de culture' propice à des attaques terroristes" [Le Figaro].

Politico, cité par Courrier international, ajoute que "la victoire de Zeman est (…) une satisfaction pour le Premier ministre tchèque, le milliardaire Andrej Babiš", qui va obtenir "tout le temps qu’il faudra pour mettre en place un gouvernement stable". Néanmoins, Le Figaro juge que le président "pourrait tenter d'influencer certains choix géopolitiques clés de M. Babiš",  car "ce dernier a en effet toujours maintenu qu'il resterait dans l'Union européenne, tout en plaidant pour une politique musclée vis-à-vis de Bruxelles sur les quotas de migrants".

En résumé, le résultat de l'élection serait ainsi "le reflet des profonds clivages dans la société tchèque et des angoisses de la population qui vit en dehors des villes les plus riches", conclut Courrier international, reprenant ici l'analyse du New York Times.

Chypre : un second tour qui s'annonce serré

Dimanche 28 janvier, "le président chypriote conservateur Níkos Anastasiádis est arrivé en tête (…) du premier tour de l’élection présidentielle" [Libération]. Il s'est imposé avec 35,5% des suffrages contre "contre 30,25% pour son concurrent Stávros Malás" du Parti communiste. Le centriste Nicolas Papadopoulos "a totalisé 25,74%" des voix et "le parti d’extrême droite Elam, qui présentait un candidat pour la première fois, est arrivé en quatrième position avec 5,65%" des votes.

Le Point relève que la "campagne [est] loin d'avoir suscité l'enthousiasme", et ce "premier tour a été marqué par une forte abstention (28,13 %), en nette hausse par rapport à 2013". L'hebdomadaire ajoute que ce sera "le report de voix" qui fera pencher la balance en faveur de Níkos Anastasiádis ou de Stávros Malás lors du second tour le 4 février.

Après l'annonce des résultats, M. Anastasiádis s'est dit "prêt à un gouvernement qui puisse être accepté largement et à une coopération avec d’autres", tout en se voulant garant de la "stabilité" face à son opposant communiste [Le Point].

M. Malás est un "ancien ministre de la Santé soutenu par le parti communiste Akel" [Libération]. Selon ce candidat, "une nouvelle majorité a exprimé son désir de changement" et a appelé à l'"unité nationale".

L'Express explique que "les deux hommes, déjà finalistes de la précédente présidentielle en 2013, se sont engagés à relancer les pourparlers pour réunifier l'île méditerranéenne". En effet, rappelle Libération, "la division de Chypre, ancienne colonie britannique, perdure depuis 1974, quand des troupes turques ont envahi le tiers nord de l’île en réponse à un coup d’Etat à Nicosie, qui inquiétait la minorité turque".

Finlande : réélection de Sauli Niinistö dès le premier tour

En Finlande, le président sortant conservateur Sauli Niinistö a obtenu la majorité absolue dès le premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 28 janvier. Le Monde relate que ce dernier "rassemble 62,7 % des suffrages, (…) reléguant loin derrière son principal rival, le Vert Pekka Haavisto, avec 12,4 % des voix". Le quotidien note par ailleurs que "66,7 % des 3,5 millions d’électeurs se sont déplacés pour voter. Une participation légèrement en baisse par rapport à 2012 où elle avait atteint 72,8 %".

M. Niinistö a "habilement" réussi à rapprocher "la Finlande (…) de l’OTAN sans contrarier son voisin russe, à couteaux tirés avec l’Union européenne et ses alliés depuis l’annexion par Moscou de la Crimée en 2014" [Ouest-France]. Ce rapprochement avec l'Alliance atlantique a pu faire la différence, car cette volonté est "une position idéologique partagée par les partis politiques principaux et aussi par l’opinion", explique Tapio Raunio, professeur de sciences politiques à l'Université de Tampere, interrogé par l'AFP.