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Répartition des réfugiés : les Etats membres avancent leurs chiffres

Revue de presse 08.09.2015

"De grands mots pour les migrants… de tous petits gestes" [L'Humanité], après l'annonce du Président français d'accueillir 24 000 réfugiés sur deux ans et la divulgation des premières grandes lignes du nouveau plan de la Commission, toute la presse revient ce matin sur la réponse européenne à la crise des réfugiés. La Commission européenne a tardé à coordonner la volonté des États membres pour faire face à la crise à laquelle l'Europe est aujourd'hui confrontée. Ce plan devrait être présenté et adopté rapidement, mais pour l'instant il fédère autant qu'il divise.

Réfugiés à Budapest

La Commission européenne a annoncé son plan de répartition des migrants, qui sera présenté demain devant le Parlement européen. D'après Le Figaro et l'Express, ce projet prévoit d'accueillir un contingent d'environ 160 000 personnes majoritairement réparties entre la France (20%), l'Allemagne (26.2%) et l'Espagne qui devra accueillir un peu moins de 20 000 réfugiés au lieu des 4200 demandés et refusés durant l'été.

A contrario, certains Etats se voient imposer des exigences bien moindres comme la Lituanie qui ne devrait accueillir que 580 personnes [Francetvinfo].

La répartition s'effectue en appliquant, à défaut des quotas encore fustigés par les pays d'Europe centrale en fin de semaine dernière, une clé de répartition tenant compte de quatre critères : le PNB, la population, le taux de chômage et le nombre de réfugiés préalablement accueillis. Cette clé ne s'applique pas pour les Etats dotés de leur propre régime d'immigration, qui pourront choisir d'accueillir volontairement des réfugiés, souligne Le Monde.

Cette disparité des capacités d'accueil ne laisse personne indifférent et la Commission a d'ores et déjà annoncé son empressement à installer des centres de contrôles et d'enregistrement (hotspots) dans les Etats concernés. Le Président français l'a rappelé dans sa conférence de presse d'hier, ces centres permettront d'identifier les personnes pouvant bénéficier du droit d'asile, les autres étant "raccompagnées" [Le Monde]. Le président de la République a beaucoup insisté sur le nécessaire mécanisme d’accueil "permanent et obligatoire" mis en place pour répartir l’effort entre tous les pays européens, note François Ernwein dans son éditorial [La Croix].

Des mesures qui s'accompagnent d'un budget débloqué par l'Union à hauteur de 6 000 euros par personne pour les Etats d'accueil, de 500 euros couvrant les frais de voyage pour les Etats frontaliers.

La répartition forcée des capacités d'accueil souligne lourdement les dissensions aujourd'hui à l'œuvre dans l'Union. Ce plan, souligne Favilla pour Les Echos, est loin de relever d'une "juste répartition" et laisse une place certaine à l'euroscepticisme en ces temps de crise.

L'annonce française d'hier a été félicitée par la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini [Nouvel Obs / AFP], des mots "forts" rendant enthousiaste Laurent Joffrin qui souligne dans l'éditorial de Libération qu'il reste maintenant aux actes d'en être à la hauteur.

Bernard Cazeneuve a d'ores et déjà annoncé la nomination du préfet Kleber Arhoul au poste de "coordinateur national" [Le Point].

Pendant que le Royaume-Uni se félicite de sa "compassion extraordinaire" pour accueillir 20 000 personnes sur cinq ans [La Croix], l'Allemagne met en garde ses partenaires [Challenges]. La Chancelière Merkel prévient, "Il y aura des conséquences, même si nous ne le souhaitons pas". Pour La Tribune, "il n'est pas certain que la Chancelière puisse […] maintenir sa politique actuelle d'ouverture".

Jacques Attali souligne quant à lui les fautes commises par la Hongrie à l'égard du respect des droits de l'Homme et envisage les sanctions que pourrait prendre l'Union dans l'hypothèse d'un Hongrexit [L'Express].

Lundi en Allemagne, six personnes ont été blessées lors d'un départ de feu criminel visant un centre d'accueil de réfugiés [Le Monde], dans le même temps 60 corps ont été retrouvés en Italie [L'Express], tandis  que sur l'île de Lesbos, "des policiers équipés de matraques peinaient à contrôler une foule de quelques 2.500 migrants qui attendaient de pouvoir embarquer sur un ferry" [La Croix].

"L'Europe s'est construite sur une série de défis. […] Mais l'épreuve actuelle des migrations […] rappelle plutôt le défi que les six pays fondateurs avaient décidé de relever" notent le quotidien Les Echos dans son éditorial. Un double mécontentement surgit, il faut endiguer le flux de migrants et réussir à trouver un point d'équilibre dans la répartition.

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