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Répartition des migrants : une solidarité de façade

Revue de presse 26.06.2015

Le Conseil européen qui a débuté hier était chargé : entre crise grecque, menace de Brexit et accueil des réfugiés, les dirigeants européens n’ont pas chômé. Sur la question migratoire, l’Union européenne s’est montrée particulièrement divisée. Les dirigeants ont trouvé un accord a minima qui prévoit la répartition de réfugiés entre les Etats, mais uniquement sur la base du volontariat. En outre, l’idée de quotas de demandeurs d'asile a été abandonnée.

Conseil européen

Le Conseil a commencé hier et réunit tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l’Union européenne. Si de nombreux sujets ont été abordés, c’est la question des migrants qui a particulièrement attiré l’attention. Un thème empreint de "tension" et de "polémique", selon L’Obs.

Selon l’agence Frontex, plus de 100 000 migrants clandestins sont arrivés en Europe via la Méditerranée ou par la Turquie depuis le début de l’année 2015. Des personnes essentiellement prises en charge par la Grèce et l’Italie [Libération].

Pour pallier cette situation, Le Monde rappelle que la Commission européenne avait émis plusieurs pistes, notamment la répartition forcée entre tous les Etats membres de 40 000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie.
Pourtant, et malgré les principes de "solidarité, responsabilité [et] partage de l’effort" régulièrement brandis par l’UE, de nombreux pays se sont insurgés contre une telle obligation.

C’est un sujet "épineux" selon Le Figaro qui "crispe les dirigeants européens" [EurActiv].

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Le Monde rapporte que "les échanges étaient tendus", et le président du Conseil italien Matteo Renzi aurait même "piqué un coup de sang" durant un débat, s’impatientant de "leur incapacité à s’entendre sur la prise en charge d’une partie des demandeurs d’asile arrivés en Italie". Il aurait ainsi grondé : "Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps. (…) Si vous voulez une base volontaire, si c’est ça votre idée de l’Europe, alors gardez-la pour vous. Nous nous débrouillerons seuls".

Et pourtant, faute de trouver un accord sur les quotas obligatoires – considérés comme une atteinte à la souveraineté des Etats –, les pays membres se sont mis d’accord sur une répartition de 60 000 migrants sur la base du volontariat. La Tribune précise que la Hongrie en sera exemptée, considérant ce plan comme "absurde", ainsi que la Bulgarie, qui fait partie des pays les plus pauvres de l’Union.

Encore faut-il que les Etats s’engagent à agir, et le président du Conseil européen Donald Tusk le sait bien : "En même temps, un dispositif volontaire ne peut pas être une excuse pour ne rien faire", cite EurActiv. Il a ajouté que les ministres de l'Intérieur de l’UE finaliseraient le dispositif avant la fin du mois de juillet et auraient notamment à définir les critères de répartition entre pays membres en fonction de l'économie ou de la population de chaque État.

L’Obs annonce en outre qu’en contrepartie de cet effort de répartition, les conditions d’accueil des migrants seront durcies avec "avec la création de "centres de tri" en Italie et en Grèce pour identifier et faire la distinction entre les prétendants au droit d'asile et les migrants économiques".

Pour Les Echos, "c’est le genre de sommet qui n’ajoute rien à la gloire de l’Union européenne".

Le président de la Commission européenne a lui-même regretté "un plan à l’ambition modeste" [EurActiv]. Les Echos relèvent ses propos très sévères : "Qu’on mette des heures à nous mettre d’accord sur ce système d’accueil prouve que l’Europe n’est pas à la hauteur des ambitions qu’elle proclame en toutes occasions. […] Donner une perspective d’avenir à 40 000 personnes en demande de protection représente un effort somme toute modeste".

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