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Renzi continue son bras de fer avec la Commission

Revue de presse 21.01.2016

Si les regards étaient ces derniers jours tournés vers l'Europe centrale et la crise migratoire, la situation en Italie occupe de plus en plus le devant de la scène. Matteo Renzi, las d'une Commission qu'il estime pro-Merkel, veut donner à son pays le rayonnement qu'il lui estime dû en Europe. Mais le chemin du phénomène politique italien reste semé d'embûches. Les migrants au Sud, les investisseurs déçus au Nord, les populistes toujours plus nombreux, de quoi remplir l'assiette du chef du gouvernement italien.

Matteo Renzi

Renzi veut changer le rapport de force

"'L’Italie n’est plus télécommandée par l’Europe', a prévenu M. Renzi à la suite d’une passe d’arme brutale avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, en début de semaine", rapporte Le Monde.

Pour France inter, "le président du Conseil se livre à du Bruxelles bashing incessant". D'après Le Monde, "M. Renzi tient M. Juncker pour une marionnette entre les mains d’Angela Merkel. En retour, M. Juncker reproche au premier ministre italien d’être un enfant gâté et ingrat", le président de la Commission européenne résume ses échanges avec Matteo Renzi comme des échanges de "propos un peu mâles".

Les multiples batailles du palais Chigi

Quatre points de discorde sont à énumérer. Tout d'abord, les finances publiques. "M. Renzi réclame davantage de souplesse et exige la prise en compte des coûts engendrés par l’arrivée des migrants sur les côtes italiennes", explique Le Monde. Ce à quoi Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, rétorque qu'aucun pays "ne bénéficie d'une flexibilité telle que celle de l'Italie" [La Repubblica].

Ensuite vient la question de l'immigration. "L'Italie a longtemps été la première terre d'arrivée des migrants venus du sud et du Moyen-Orient. Elle est accusée de ne pas avoir pris les empreintes digitales des migrants qui arrivent sur son sol, comme elle devrait le faire", résume France inter. Au palais Chigi, on "contre-attaque en expliquant que les Européens ne tiennent pas leur engagement de répartir les migrants. […] Furieux, Renzi  refuse de verser son obole à la Turquie".

Un contexte diplomatique tendu qui explique le changement de représentant de l'Italie auprès des institutions européennes.  Carlo Calenda, ex vice-ministre du développement économique a été nommé pour appuyer le bras de fer lancé par le chef du gouvernement. Une "personnalité musclée […] un batailleur libéral, homme d'Etat", d'après Il Quotidiano.

"Le troisième risque, c'est le populisme", explique France info, qui précise que "l'Italie sort de vingt ans de populoberlusconisme. Elle a deux mouvements populistes : à l'extrême-droite, la ligue du nord; à gauche, le mouvement cinq étoiles". Deux mouvements qui représentent "57 % des suffrages potentiels" selon Le Monde.

Vu du Royaume-Uni : l'Italie serait la prochaine Grèce ?

Enfin, une crise bancaire planerait sur l'Etat du sud. En effet, "une forte fébrilité règne actuellement autour du système bancaire italien : les investisseurs s'inquiètent […] de l'importance des créances douteuses, qui dépassent les 200 milliards d'euros, un chiffre record depuis 20 ans", détaille Le Figaro.

Pour rassurer les marchés, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il ne voyait "pas le risque d'une crise bancaire majeure" en Italie [Romandie]. "M. Renzi avait assuré le 15 décembre que les banques italiennes étaient aujourd'hui plus solides que les banques allemandes", rappelle La voix du Nord. Aujourd'hui les regards sont braqués sur la "bad bank" Monte de Paschi.

Ce qui amène The Telegraph à titrer, sans le moindre alarmisme, "l'Italie est-elle la prochaine Grèce ?". Une idée qui fait écho à la conclusion de l'édito d'Arnaud Leparmentier sur France info, pour qui il faut faire "attention, l'Italie est en passe de devenir le maillon faible de l’Europe".

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