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Rentrée diplomatique : Viktor Orban en visite en Italie, Emmanuel Macron au Danemark

Revue de presse 29.08.2018

Alors que la campagne pour les élections européennes de 2019 démarre, certains dirigeants européens commencent à former des alliances politiques. En ce début de semaine, un rapprochement eurosceptique se dessine entre l’Italie et la Hongrie, tandis que le président français Emmanuel Macron cherche du soutien au nord de l’Europe.

De gauche à droite : Viktor Orban, Matteo Salvini, Lars Løkke Rasmussen et Emmanuel Macron

De gauche à droite : Viktor Orban, Matteo Salvini, Lars Løkke Rasmussen et Emmanuel Macron - Crédits : European Parliament / Flickr

Vers un axe anti-migrants Budapest-Rome

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a rencontré mardi 28 août le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini à Milan. "Il est mon compagnon de route", a-t-il déclaré, selon France 24, qui rappelle que "les deux hommes partagent la même ligne dure quant à la gestion de la crise migratoire en Europe".

Ce rapprochement politique semble plutôt logique. "Dès 2015, Viktor Orban, qui se présente volontiers comme le fer de lance de la défense de l’Occident" a fait "construire une barrière de barbelés anti-migrants sur plusieurs centaines de kilomètres à la frontière avec la Serbie et la Croatie" [Le Parisien]. Se félicitant de sa politique migratoire, le Premier ministre hongrois a ainsi affirmé que son pays "est la preuve que les migrants peuvent être arrêtés sur la terre ferme" [France 24]. Et M. Orban d'ajouter que "la mission de Matteo Salvini est de s'assurer que ces migrants peuvent également être arrêtés en mer".

Pour France 24, les deux hommes sont déterminés à continuer de travailler ensemble : "j'espère que cette rencontre sera la première d'une longue série pour changer le destin de l'Italie, de la Hongrie et de la totalité du continent européen", a ainsi déclaré Matteo Salvini à l'issue de la rencontre. Le ministre italien "semble vouloir aller plus loin et prendre avec Viktor Orban la tête d’un front souverainiste en vue des élections européennes du printemps 2019", ajoute Ouest France. "Nous misons sur un axe, nous verrons ce qu’il sera possible de faire ensemble", a martelé M. Salvini.

"Il y a actuellement deux camps en Europe et l'un est dirigé par Macron", a pour sa part affirmé Viktor Orban [France 24], allant jusqu'à déclarer : "Matteo Salvini est ‘mon héros’", relate Ouest France. Pour les deux hommes, le principal "adversaire" est d'ailleurs tout trouvé : "le président français Emmanuel Macron, leader du ‘camp favorable à l’immigration’".

Tournée nordique pour Emmanuel Macron

Le président français se trouve lui-même en visite à l'étranger depuis le 28 août. Actuellement au Danemark, M. Macron se rendra par la suite en Finlande. Des destinations qu'un chef de l'État français n'avait plus ajoutées à son programme depuis respectivement 36 et 19 ans, commentent Les Echos. Pour le quotidien économique, Emmanuel Macron est avant tout à la recherche de "soutiens pour son projet de refondation de l'Europe".

L’accueil que lui a réservé Copenhague est à cet égard plutôt chaleureux : "apprenez de Macron", scande ainsi l'éditorial du média Politiken (centre gauche), cité par Le Figaro. Le journal danois dit espérer "‘que les politiciens danois se laisseront inspirer’ par ce dirigeant qui ‘parle d'espoir et de coopération internationale plutôt que du nationalisme, de la crainte de l'étranger, de la peur de perdre notre souveraineté’".

Pour BFM Business, "l'ambition du chef de l'État reste intacte : refonder une Union européenne qu'il souhaite plus intégrée et plus souveraine". Le média rappelle une déclaration du président datant de son discours de la Sorbonne de 2017 : "je crois en la souveraineté européenne, qui passe par son autonomie stratégique, politique et militaire".

Pourtant, "l'enthousiasme des Danois a ses limites", relativise Le Figaro. "La vision pro-européenne de Macron et ses projets de réformes institutionnelles de l'UE passent mal dans ce pays qui se classe parmi les plus eurosceptiques d'Europe", écrit le quotidien. Le Premier ministre libéral Lars Lokke Rasmussen est d’ailleurs minoritaire "face à un Parlement en majorité hostile à plus d'intégration européenne", continue le quotidien.

"Le président français veut donc jouer la carte personnelle et aller à la rencontre de tous ses homologues, même les plus frileux à l'égard de ses projets européens", analyse BFM Business. "Je crois au dialogue constant avec tous les pays membres", a-t-il encore affirmé lundi 27 août lors de la conférence des ambassadeurs de France. "L'enjeu est de taille : au-delà de l'Europe, c'est aussi le macronisme qui jouera son avenir lors de ces élections européennes", conclut BFM Business.

Conférence des ambassadeurs : rentrée européenne pour Emmanuel Macron