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Rendez-vous risqué de Hollande en Turquie

Revue de presse 27.01.2014

Ces lundi et mardi, François Hollande est en déplacement à Ankara, répondant ainsi à l'invitation lancée par le président de la République de Turquie, Abdullah Gül. Ce voyage est inédit puisque voilà 22 ans qu'un président français n'avait pas foulé le sol turc. Mais le timing est très mal choisi, comme l'indique Libération qui titre aujourd'hui "Hollande à Ankara : une visite au pire moment". En effet, le chemin vers un rapprochement franco-turc apparaît semé d'embûches.

Turquie

Alors que la Turquie vit une crise politique sévère qui commence à se répercuter sur l'économie du pays [Le Figaro], Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine à l'Institut français des relations internationales (Ifri), commente la visite de François Hollande : "Le timing du voyage en Turquie est mauvais", indique-t-elle dans un entretien accordé au Figaro. Bien que cette initiative soit positive pour le rapprochement des relations franco-turques, "la diplomatie française met en avant notre relation bilatérale avec la Turquie pour mieux évacuer la question de l'adhésion de ce pays à l'Union européenne", analyse-t-elle. Un point que vient confirmer l'absence, dans la délégation qui fait le déplacement cette semaine, du ministre délégué aux Affaires européennes, Thierry Repentin [Le Figaro].

C'est effectivement le dossier épineux de l'élargissement de l'Union européenne à la Turquie qui constitue un obstacle majeur dans les relations bilatérales, les Français se prononçant en grande majorité contre l'entrée du pays dans l'UE [Le Figaro]. Une opinion qui a été notamment alimentée par l'attitude de Nicolas Sarkozy vis-à-vis du partenaire turc et qui est influencée par les troubles actuels au Proche-Orient. A ce propos, jugent Les Echos, les négociations en cours entre Bruxelles et Ankara sont au point mort.

Mais Libération souligne l'incapacité d'Ankara de pouvoir discuter quoi que ce soit au niveau bilatéral ou régional étant donné l'impasse politique dans lequel le pays est plongé.

Les relations franco-turques comportent également d'autres zones d'ombres qui ralentissent un réel rapprochement. C'est le cas de la sociologue turque Pinar Selek, contestataire du gouvernement Erdogan, exilée en France à la suite de sa condamnation à la prison à vie dans son pays [Le Figaro], ou encore de l'assassinat du 9 janvier 2013 de 3 femmes kurdes à Paris [Mediapart].

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