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Réfugiés : une nouvelle réunion extraordinaire prévue pour trouver un consensus entre les Européens

Revue de presse 16.09.2015

Trois jours après, l'absence de résultats du Conseil des ministres européens de l'Intérieur réunis lundi à Bruxelles continue d'être dénoncée par des personnalités politiques et par de nombreux diplomates. Cet échec s'explique avant tout par le durcissement de la politique hongroise, suivie par les Etats d'Europe centrale, face aux positions allemandes.

Federica Mogherini

Les réunions intergouvernementales se poursuivent, tandis que le retour des frontières à l'intérieur et autour de l'Union amène Pierre Haski à s'interroger sur "la fin d'un rêve européen" dans l'éditorial de Rue 89.

L'éditorial du Monde dénonce quant à lui une Union "incapable d'action collective" en pleine "régression par rapport à ses ambitions originelles." Dans le même temps, Le Point constate une " gueule de bois à Bruxelles après la réunion d'urgence sur les migrants", notamment car "la Hongrie ne lâche rien".

En effet, ce Conseil n'aura apporté que peu de réponses. C'est certainement pourquoi " les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se retrouveront mardi prochain à Bruxelles pour une nouvelle réunion extraordinaire, afin de tenter de se mettre d'accord sur la répartition de 120.000 migrants " rapporte le Figaro, citant le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn. Cette nouvelle réunion aura pour objectif de mettre en place " un mécanisme provisoire".

Très critique sur l'absence de consensus entre les Etats membres lundi, l'Allemagne fait partie des pays qui soutiennent l'idée d'un nouveau Conseil organisé en urgence. Pour le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, l'Europe s'est "couverte de honte" [Nouvel Obs / AFP]. Plus mesurée, Angela Merkel appelle néanmoins à une réunion extraordinaire, non pas des ministres mais des chefs d'Etat et de gouvernement. Appel "aussitôt relayé par d'autres capitales comme Vienne et Bratislava." [Le Figaro / AFP].

Devant l'inaction de certains pays européens, Euronews voit de "profondes fractures entre les pays membres sur la crise migratoire." En effet, "les positions se sont révélées trop éloignées entre d’un côté le couple franco-allemand et de l’autre plusieurs pays d’Europe centrale."

Les positions et mesures prises par la Hongrie, dont la frontière est également celle de l'espace Schengen, ne laissent pas indifférent. Les Echos rapportent les propos de leur "source européenne", selon laquelle "dans l’esprit de Viktor Orban, avoir un sommet européen – une instance très médiatisée où les décisions ne se prennent que par consensus – est le meilleur moyen de faire échouer ce projet de mécanisme de répartition".

Le Monde analyse la position de la Hongrie et décrit Victor Orban comme "le bruyant défenseur d’une Europe blanche et chrétienne, qui ne saurait absorber beaucoup d’étrangers venus d’autres cultures sans y perdre son âme" et traduit les propos d'une interview du Premier ministre hongrois comme "l’annonce d’un schisme au sein de l’Union européenne."

Mardi, "367 migrants ont pénétré illégalement en Hongrie, au premier jour d'entrée en vigueur d'une nouvelle législation destinée à endiguer les entrées dans ce pays, et tous font l'objet d'une procédure judiciaire" [L'Express]. Le Point précise dans la foulée que "le pays prévoit aussi de construire une nouvelle clôture à sa frontière avec la Roumanie pour endiguer l'afflux de migrants".

Pendant ce temps la Commission européenne "rejette la proposition allemande de priver des fonds d'aides européens les pays refusant d'accueillir des réfugiés" pour "manque de base juridique" [Le Figaro].

Les positions restent tranchées, le débat devient difficile à articuler entre les positions allemandes et hongroises. Pourtant "les économistes de tous bords conseillent à l'Europe d'accueillir les migrants, faisant valoir que dans le meilleur des cas cela soutiendra sa croissance, sans qu'il ne lui en coûte beaucoup" [Challenges / AFP].

Pour harmoniser la position européenne, Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne "enjoint aux dirigeants du continent de prendre leurs responsabilités pour protéger les milliers de personnes qui fuient la guerre et le terrorisme", rapporte Jean Quatremer dans Libération.

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