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Réfugiés : L'Allemagne et l'Autriche face à l'une des plus graves crises de l'histoire de l’UE

Revue de presse 07.09.2015

Des familles épuisées dans des trains bondés, des pancartes "Bienvenue", des ballons multicolores et des applaudissements, tous les journaux reviennent ce matin sur l'accueil chaleureux dans les gares allemandes des milliers de réfugiés principalement syriens qui sont arrivés ce week-end au terme d'un périple épuisant à travers l'Europe fuyant leur pays déchiré par la guerre.

Réfugiés à Francfort

Des bénévoles allemands mobilisés en un temps record pour apporter eau, nourriture, vêtements, couvertures et petits cadeaux aux milliers de réfugiés. "Comment ne pas penser à ces images de novembre 1989 quand les Allemands de l’Ouest accueillaient ceux de l’Est sous les applaudissements ?" s'interroge le correspondant du Monde à Berlin qui revient sur cet accueil dans les gares de Munich, mais aussi de Francfort, Dortmund et dans de nombreuses autres villes.

Après la publication de la photo du petit Aylan Kurdi mort sur une plage en Turquie alors qu'il tentait de rejoindre l'Europe et le décès récent de 71 migrants étouffés dans un camion en Autriche, les Etats membres se mobilisent. "Vendredi, l’Allemagne et l’Autriche ont donné leur accord pour accueillir des demandeurs d’asile massés à la frontière hongroise. 7 000 étaient attendus en Allemagne et 10 000 en Autriche et les comités d’accueil [étaient] nombreux et accueillants sur leur route", détaille Libération.

"Si beaucoup de réfugiés sont arrivés à Munich, très rapidement ils ont été répartis dans tout le pays, selon des quotas très précis fixés après la Seconde Guerre mondiale, en fonction de la richesse et de la population de chaque Etat-région", précise Le Monde. Les quotidiens reviennent sur l'évolution rapide des dernières 48 heures et la multiplication des déclarations dans toute l'Europe. Hier, le Pape a appelé chaque paroisse européenne à accueillir une famille de réfugiés [Le Figaro].

Réunis à la chancellerie dans la nuit de dimanche à lundi, les responsables des partis politiques de la coalition ont décidé de débloquer six milliards d'euros supplémentaires pour la prise en charge des demandeurs d'asile et des réfugiés. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a appelé les 28 États de l'UE à "agir ensemble" face à la crise des réfugiés pour préserver la "paix" et les "valeurs" en Europe [L'Express]. Le chancelier autrichien quant à lui a insisté sur l’aspect temporaire de la mesure. "Il n’y a pas d’alternative à une solution européenne commune", a-t-il ajouté, avant d’appeler à la tenue d’un sommet européen exceptionnel sur le sujet [Libération]. Outre-Manche, le ministre des Finances et le Premier ministre ont annoncé le déblocage d'un budget d'aide à l'accueil des réfugiés ainsi que la prévision d'accueil de "milliers" de réfugiés supplémentaires (Challenges).

Face à cette crise, "quelle réponse politique l'Europe doit-elle mettre en oeuvre ?", les solidarités citoyennes feront-elles vaciller l'Europe forteresse ? s'interroge [L'Humanité]. La question des migrants domine à nouveau l'agenda politique européen aujourd'hui, avec une rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic à Berlin, et une rencontre entre le commissaire européen chargé de l'Immigration Dimitris Avramopoulos et des responsables autrichiens à Vienne [Les Echos].

Alors que s'ouvre à Strasbourg une nouvelle session plénière, la Commission européenne devrait présenter mercredi devant le Parlement de Strasbourg un nouveau plan de répartition des réfugiés. Selon Le Monde, dans son projet, la Commission devrait renoncer à l’usage du terme "quota", qui heurte notamment Paris, mais insister sur la nécessaire solidarité entre les Vingt-Huit dans une situation d’extrême urgence.

La France sera appelée à accueillir 24 031 nouveaux réfugiés et l’Allemagne 31 443. Des Etats qui ont, jusqu’ici, marqué de vives réticences sont également sollicités : on prévoit 14 931 réfugiés en Espagne, 9 287 en Pologne, 2 978 en République tchèque, rapporte le correspondant du journal à Bruxelles. Bruxelles compte sur le basculement d’une partie de l’opinion publique après le choc engendré par la mort du petit Aylan Kurdi, en Turquie, qui pourrait amener certaines capitales à moins d’intransigeance. Après des mois de crise et de tergiversations, les dirigeants européens cèdent à la pression populaire et assouplissent les conditions d'accueil des migrants [Francetvinfo].

En France, de François Hollande à Marine Le Pen, les déclarations de la classe politique se multiplient. Le président de la République a déclaré, conjointement à la chancelière allemande, être "favorables à  un système de répartition des demandeurs d'asile permanent et obligatoire", rapportent Les Echos. Les collectivités locales vont également être mises à contribution dans ce processus. "Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a adressé une lettre aux maires de France pour les inviter à une réunion de travail samedi prochain afin de concrétiser leurs propositions d'accueil des réfugiés", rapporte L'Obs.

Lors de sa sixième conférence de presse qui a débuté ce matin à 11h, le président français a estimé que les pays européens devaient "faire plus", face à la crise de migrants [Le Monde] et a annoncé que la France s'engageait à accueillir 24 000 demandeurs d'asile en deux ans. Le mécanisme de répartition des migrants "doit être obligatoire et permanent", a souligné le chef de l'Etat. Concernant l'intervention contre l'Etat islamique, dans le cadre de la coalition internationale, la France mènera dès mardi des "vols de reconnaissance" en Syrie, mais pas de frappes au sol.

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