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Réforme bancaire : deux camps s'affrontent

Revue de presse 13.02.2014

Entre l'idée qu'"il ne faut pas scinder nos activités bancaires" et celle selon laquelle "séparer les fonctions de nos banques est une nécessité" [Le Monde], la bataille fait rage entre les pro et les anti de la réforme de la structure des banques proposée par la Commission européenne. La presse française revient aujourd'hui sur les arguments des deux camps.

Réforme structurelle des banques UE France

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, s'exprime dans Le Monde et revient sur ses récentes critiques du projet de séparation bancaire, présenté par le commissaire européen en charge des services, Michel Barnier. Des propos que M. Noyer justifie en expliquant que "l'objectif poursuivi par la Commission est légitime, mais les modalités retenues sont dangereuses car elles touchent directement au financement des entreprises". Il explique en effet que "la séparation des activités, y compris sous forme de filialisation, telle que proposée par la Commission européenne conduirait probablement à de très grosses difficultés de financement pour nos entreprises". Toutefois, il entend qu'"une règlementation des activités de marché a toute sa place". Plaidant pour des "relations stables, robustes et contrôlées" entre les différents acteurs de l'économie, il met l'accent sur les réformes déjà engagées en France, similaires à celles également engagées en Allemagne, s'inspirant de la règle "Volcker" américaine.

Alors que les résultats de la Société générale pour 2013 viennent d'être présentés, le PDG de la banque, Frédéric Oudéa, avance qu'"il faut arriver à voir la finance comme une solution" pour relancer la croissance [La Tribune]. Si la loi française du 26 juillet 2013 "permet" le financement de l'économie par les banques et les marchés, le projet européen porterait quant à lui atteinte au modèle de banque universelle, selon M. Oudéa. Un modèle dont les résultats 2013 de la Société générale prouveraient pourtant la solidité, insiste le PDG. Sur la même ligne que le gouvernement français et M. Noyer, il souligne qu'"il existe énormément de règlementations qui renforcent la sécurité des banques, et la revue de la qualité des actifs bancaires menée cette année par la BCE le montrera", indiquant ainsi que le projet européen va trop loin.

Cet avis n'est toutefois pas partagé dans la tribune du Monde rédigée par trois économistes. Jean-Luc Gaffard, professeur d'économie à l'université de Nice, Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE et Jean-Paul Pollin, agrégé d'économie à l'université d'Orléans, soulignent en effet l'incohérence de la France qui s'oppose au projet de réforme bancaire. Il apparaît contradictoire, selon eux, que Paris soutienne l'union bancaire et pas la réforme structurelle du secteur bancaire. Une position incohérente au regard des objectifs de séparation des activités des banques contenus dans la loi bancaire française de 2013 – qui était une des promesses de campagnes de François Hollande, rappellent-ils – et au regard du projet d'union bancaire. Les arguments français selon lesquels la réforme structurelle n'est pas nécessaire étant donné la résistance du modèle des banques universelles face à la crise n'est qu'une "triste plaisanterie", indiquent-ils. Une position qui s'explique selon eux par la volonté de garantir la place des grandes entreprises et des marchés financiers français. "Est-on bien sûr que dans cette affaire les irresponsables soient du côté de Bruxelles ?" concluent-ils.

Parallèlement à ce débat, les banques françaises sont soumises aux tests de résistance menés par la Banque centrale européenne [Le Monde] qui se prépare à son futur rôle de superviseur unique des banques européennes. "Une grande opération vérité sur les comptes des banques" indique le quotidien.

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