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Référendum turc : des affrontements en Belgique

Revue de presse 31.03.2017

Le 16 avril, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, premier président de Turquie à avoir été élu au suffrage universel direct, souhaite organiser un référendum sur un projet de révision de la constitution qui lui attribuerait de nouvelles prérogatives. Cette réforme, qui laisse craindre un durcissement du régime turc, est source de tensions en Europe. Elle a donné lieu, jeudi 30 mars au soir, à des affrontements devant le consulat de Turquie à Bruxelles (notre photo) entre partisans et opposants au régime en place.

Consulat de Turquie à Bruxelles (c) Google Maps

Les incidents vus par la presse belge

Hier vers 16h, des heurts ont eu lieu à hauteur du consulat de Turquie située rue Montoyer à Bruxelles, tout près du quartier européen. Partisans et opposants du régime turc se sont affrontés sur la voie publique et plusieurs personnes ont été blessées et transportées à l'hôpital. D'après Firat, une agence de presse proche des séparatistes kurdes en Turquie citée par Le Soir, trois personnes d’origine kurde qui venaient voter de manière anticipée y ont été blessées à coups de couteau. Toujours selon l'agence, ces incidents auraient été provoqués par des partisans de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie. Dans un communiqué, NavBel, une organisation qui représente la communauté kurde en Belgique, indique qu'une "femme de 60 ans a été poignardée à plusieurs reprises et est grièvement blessée (…). Un des auteurs s’est ensuite réfugié dans l’ambassade mais a été interpellé" [Le Soir].

Séparés par la police belge, deux attroupements se sont formés de chaque côté de la rue : les pro-Erdoğan du côté du consulat turc, les anti-Erdoğan de l'autre côté de la chaussée. 200 à 300 personnes se sont ainsi réunies rue Montoyer. "Les deux groupes se sont provoqués violemment et des messages du type 'Erdogan terroriste' ont notamment été proférés", rapporte RTL.be.

Le gouvernement belge "prône la tolérance zéro pour les débordements en lien avec le référendum turc", a indiqué le Premier ministre Charles Michel sur son compte Twitter avant d’ajouter : "Je condamne fermement les violences devant l’ambassade" [Le Soir].

"Ce n'est pas la première fois que des incidents éclatent entre Turcs et Kurdes à Bruxelles", rappelle Ouest France : "des échauffourées avaient notamment émaillé une manifestation pro-kurde de plusieurs milliers de personnes le 17 novembre dernier dans la capitale belge".

La Turquie en plein tourment diplomatique

Les incidents de jeudi soir sont intervenus alors que les Turcs sont appelés à se prononcer par référendum sur un projet de réforme constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs du président Erdoğan. Du 27 mars au 9 avril, ceux résidant en Belgique peuvent voter dans les consulats de Bruxelles et d’Anvers [Le Soir]. Le vote aura lieu le 16 avril en Turquie, mais la diaspora présente dans 60 pays est la première à s'exprimer, indique la RTBF.

Le président turc est donc actuellement en campagne électorale. Celle-ci a créé de graves tensions entre les dirigeants turcs et plusieurs pays européens, en particulier en Allemagne et aux Pays Bas, après que ceux-ci ont interdit plusieurs meetings pro-Erdoğan et la visite de ministres turcs venant faire campagne sur leur territoire [20 minutes].

Le référendum n'est pas la seule source de tensions entre la Turquie et l'Union européenne. La guerre en Syrie et les bombardements sur les positions armées kurdes ont fait l'objet de condamnations de la part des dirigeants européens. Cette question était également au cœur des discussions entre le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, en visite en Turquie jeudi, et le dirigeant turc [RFI]. A ce sujet, le secrétaire d’Etat américain a répété qu’Ankara comme Washington avaient l'objectif commun d'éliminer Daech.

La Turquie avait lancé en août dernier l'opération "Bouclier de l’Euphrate" dirigée à la fois contre Daech et les forces démocratiques syriennes (FDS). Dominées par les Kurdes, ces dernières sont considérées par Ankara comme des "terroristes", tandis que les Etats-Unis en ont fait des alliés et les soutiennent [La Croix]. "Devant son homologue américain impassible, le chef de la diplomatie turque l’a répété : 'votre soutien à des organisations terroristes nous dérange' a-t-il dit à Rex Tillerson, 'et va affecter nos relations'", rapporte RFI. Mais le gouvernement d'Ankara, qui "souffre d'un grand isolement", a annoncé mercredi qu'il mettait fin à l'opération [Le Temps].

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