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Référendum grec : ce 'non' aux conséquences troubles

Revue de presse 06.07.2015

Sans grande surprise, c’est le 'non' qui l’a emporté hier lors du référendum sur les propositions des créanciers adressées à la Grèce. La presse y voit un véritable camouflet pour l’Allemagne. Ce résultat plonge aussi et surtout la Grèce dans une situation totalement incertaine, entre d’un côté une reprise des négociations, et de l’autre, une éventuelle sortie de la zone euro.

Victoire du non

"Les Grecs ont dit 'oxi'" titre sobrement Libération pour annoncer qu’hier, c’est le ‘non’ aux propositions des créanciers qui l’a emporté avec une large majorité (61,31 %). C’est une "victoire massive" grâce à laquelle le Premier ministre grec Alexis Tsipras "gagne son pari", affirme L’Obs.

Pour les électeurs grecs interrogés par Le Monde, ce vote "historique" leur permet de reprendre leur destin en main et de voir renaître leur "esprit de résistance" : "Si on avait dit 'oui' ils nous tuaient. En choisissant le 'non', on se suicide. On a décidé de mourir comme on l’entend".

Après l’annonce des résultats, des milliers de Grecs sont descendus dans la rue pour fêter leur victoire contre les créanciers. L’envoyé spécial du Point à Athènes décrit des "manifestants fiers mais graves et conscients des épreuves qui les attendent".

Les partisans du ‘non’ tiennent en tout cas à expliquer leur choix : "Le référendum n'était pas pour ou contre l'euro. Les Grecs ont dit qu'ils voulaient décider de leur propre sort et que les choses ne peuvent pas continuer ainsi". Le ministre des Finances grec a lui-même déclaré : "Le 'non' est un outil pour tendre la main à nos partenaires".

Pourtant, toute la presse française est d’accord pour dire que ce 'non' est un "coup de tonnerre dans l’Europe de l’austérité" [L’Humanité], qui "fait trembler la zone euro" [Le Figaro], "ébranle l’Europe" [EurActiv]. Une Europe d’ailleurs "stupéfaite", selon L’Opinion, après la "gifle" reçue.

Mais les commentateurs estiment que c’est plus particulièrement l’Allemagne qui est touchée par ce ‘non’ : il marque en effet une "défaite pour Angela Merkel […] peut-être même la plus grave depuis son accession au pouvoir en novembre 2005" titre Le Monde car selon le journal, "le vote des Grecs est également un non à une certaine idée allemande de l’Europe".

Pour Les Echos, ce 'non' laisse "Berlin sous le choc" et "passe mal" outre-Rhin, selon L’Obs. En effet, le ministre de l’Economie allemand Sigmar Gabriel a déclaré au journal Tagesspeigel qu’"en refusant les règles du jeu de la zone euro, […] les négociations portant sur un programme de milliards d’euros sont difficilement envisageables", et d’ajouter que le Premier ministre Alexis Tsipras a "coupé les derniers ponts" entre la Grèce et l’Union européenne.

Pour Jean-Jacques Mevel, correspondant à Bruxelles au Figaro, ce référendum est effectivement un "bras d’honneur à destination d'Angela Merkel" aux "conséquences considérables".

Pourtant, les conséquences sont encore inconnues. Libération estime que "l’incertitude domine à Bruxelles". Les institutions vont-elles reprendre les négociations ? Ou va-t-on laisser la Grèce "dériver" hors de la zone euro ?

Car déjà, la menace du 'Grexit' "se profile" [Le Monde] et la "tentation de punir la Grèce" est grande parmi les Européens [La Croix]. Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a d’ailleurs déclaré sur un "ton menaçant" que le résultat final du référendum "est très regrettable pour l’avenir de la Grèce".

Mais Libération se veut rassurant et estime que l’UE ne devrait vraisemblablement pas laisser un 'Grexit' se produire : elle a trop d’argent à y perdre (184 milliards d’euros) et risque de fortes turbulences au sein de la zone euro.

Les discussions vont donc vite reprendre. Le Point rapporte que d’ores et déjà, le président français François Hollande s’est entretenu hier avec M. Tsipras et doit rencontrer ce soir la chancelière allemande.

De leur côté, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du Conseil européen Donald Tusk, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, et Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne, devraient avoir une conférence téléphonique dans la journée.

En outre, demain à 18h, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro se réuniront à Bruxelles pour un Sommet de la zone euro.

Une chose est sûre, "Alexis Tsipras veut reprendre les négociations" [La Tribune]. Et pour les faciliter, il a demandé à son illustre ministre des Finances Yanis Varoufakis de démissionner. La personnalité controversée de M. Varoufakis irritait en effet particulièrement une partie des membres de l’Eurogroupe et contribuait à bloquer les négociations entre la Grèce et ses interlocuteurs. L'homme a fait ses adieux dans une ultime provocation en déclarant : "Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté" [L'Humanité].

Pour Le Monde, cette démission "constitue un premier message adressé par Alexis Tsipras […] à ses créanciers en vue d’une éventuelle reprise des négociations".

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