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Référendum en Crimée : l'UE s'apprête à sévir contre Moscou

Revue de presse 17.03.2014

Alors que 95% de la population ukrainienne de Crimée s'est prononcée pour le rattachement de la région à la Russie, le ton de l'Union européenne et des Etats-Unis monte contre Moscou qui continue d'alimenter la crise. "Le résultat [du vote] ne sera pas reconnu" ont ainsi déclaré Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, dans un communiqué conjoint dimanche soir [Le Monde]. Les 28 ministres européens des Affaires étrangères sont réunis ce matin à Bruxelles pour entériner des sanctions à l'encontre de la Russie.

Herman Van Rompuy, Vladimir Poutine et José Manuel Barroso

De nombreux articles relaient aujourd'hui l'indignation des Occidentaux face au résultat d'un "référendum sans suspense" [Les Echos]. En effet, "La Crimée dit oui à la Russie" [Euronews] et célèbre avec liesse les résultats de la consultation. Une étape préalable à la demande formelle de rattachement à la Russie qui devrait être déposée aujourd'hui par le parlement de Crimée [Les Echos]. Face à l'enchaînement des évènements, le chercheur allemand Andreas Umland analyse les différents scénarios possibles : "Tout ce qui se passe aujourd'hui à moins à voir avec la politique ukrainienne qu'avec la politique intérieure russe" [Le Figaro].

En face "le 'non' des Occidentaux" [Euronews] : l'UE et les Etats-Unis refusent de reconnaître la légitimité du plébiscite d'hier et préparent la mise à exécution des sanctions européennes annoncées [Le Figaro]. Les ministres européens des Affaires étrangères se sont également prononcés hier sur l'illégalité du vote. "La France appelle la Fédération de Russie à prendre immédiatement des mesures qui permettent d'éviter une escalade inutile et dangereuse en Ukraine" a indiqué Laurent Fabius, chef de la diplomatie française [Le Monde], alors que le président François Hollande avait prévenu vendredi que "la France comme l'Union européenne ne [reconnaîtrait] pas la validité de cette pseudo consultation" [La Tribune].

Les sanctions "ciblées" vis-à-vis de plusieurs responsables russes  et pro-russes devraient être décidées dans la matinée alors que le Conseil européen est réuni à Bruxelles. La liste des personnes visées – environ une trentaine – par des gels d'avoirs et restrictions de visas a été établie hier soir par les ambassadeurs européens et doit être rendue publique à l'issue de la rencontre de ce matin [Le Monde], bien que cette décision ne fasse pas l'unanimité au sein des 28 Etats membres.

Pour ce qui est des sanctions économiques à l'encontre de la Russie qui ont pu être évoquées – un "troisième train de sanctions" – elles sont pour l'instant en suspens car pouvant porter un grand préjudice aussi bien à la Russie qu'à l'UE étant donné leur proximité commerciale [Le Point]. Ce point sera à l'ordre du jour du Conseil européen qui aura lieu jeudi et vendredi.

Toutefois, l'UE ne souhaite pas fermer totalement les possibilités de résolution par la dialogue comme le prouve les sanctions qui ne visent pour l'instant pas les dirigeants russes au pouvoir [Le Point]. "Il faut se montrer punitifs mais aussi dissuasifs, car à vouloir taper trop fort tout de suite, on se prive d’une marge de manœuvre pour la suite, face à un Poutine qui reste assez illisible" explique un diplomate français [Le Journal du Dimanche]. Une position également soulignée par l'Italie : "tous les canaux diplomatiques restent ouverts" tant que la Crimée reste indépendante a-t-elle rappelé [Le Monde].

Mais c'est sans compter l'avantage de Vladimir Poutine sur lequel revient Libération, mais également Les Echos qui rapportent que l'issue du référendum n'a été reconnue que par le Venezuela, la Syrie et la Corée du Nord : "Autant de signes d'isolement qui n'empêcheront pas la Russie de boucler, vraisemblablement vendredi prochain, la première annexion manu militari d'un territoire européen depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale" analyse le journaliste Yves Bourdillon.

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