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Référendum au Royaume-Uni : dernière ligne droite pour la campagne du "in" et du "out"

Revue de presse 22.06.2016

A la veille du référendum sur l'UE au Royaume-Uni, la presse européenne multiplie les reportages, les analyses et les éditoriaux sur le sujet. Plusieurs experts analysent l'effet domino en cas de Brexit dans le reste de l'Europe et d'autres s'interrogent sur le rôle de l'axe Paris-Berlin, notamment après un déjeuner en catimini entre Sarkozy et Merkel. Alors que les camps du "Leave" et du "Remain" rivalisent d'arguments, les derniers sondages donnent les deux options au coude à coude.

Le dernier appel de David Cameron

Tous les journaux européens commentent ce matin le message adressé hier par le Premier ministre aux Britanniques. A deux jours du référendum, David Cameron est incertain quant à l'issue. "Personne ne sait ce qui se passera", a-t-il déclaré au Financial Times [Handelsblatt]. Pour Der Spiegel, c'est un appel "désespéré" aux électeurs. "Le Premier ministre en a appelé au fossé générationnel sous-jacent dans le débat en demandant aux personnes plus âgées de penser 'aux espoirs et aux rêves' de leurs enfants et petits-enfants".

Devant la porte du 10 Downing Street, David Cameron a soutenu un vote pour le maintien dans l’UE pour que "les Britanniques ne fuient pas", rapporte quant à lui El Pais. Le journal belge 7 sur 7 commente aussi "la supplique de Cameron en faveur du maintien dans l'UE". Le Premier ministre a souligné "qu'une sortie de l'UE ferait courir 'un risque immense' à l'économie britannique et serait 'irréversible".

Des arguments repris hier soir par les partisans du "in" lors d'un débat organisé par la BBC à Wembley. "Le travailliste Sadiq Khan et la conservatrice Ruth Davidson ont fait équipe pour lancer une offensive trans-partisane contre la figure de proue du 'Leave', Boris Johnson", écrit le Guardian. Pour M. Khan, Johnson fait campagne sur la "haine" et propose "de gros mensonges" sur l'intégration de la Turquie à l'UE dans un futur proche. M. Johnson a pour sa part répliqué en accusant ses adversaires de faire campagne "sur la peur".

Le Monde publie par ailleurs l’ultime plaidoyer proeuropéen de Jo Cox, la députée britannique assassinée. Son texte avait été diffusé par le Yorkshire Post le 10 juin dernier. Un meurtre qui soulève toujours de nombreuses interrogations et pourrait avoir un impact sur l'issue du référendum [BBC].

Diffusée hier, une étude de l'Institut ORB pour le Daily Telegraph a révélé que le camp pro-UE s'élevait maintenant à 53% de l'électorat et les soutiens au Brexit à 46%. Mais à l'inverse, l'institut YouGov prédit 44% de votes favorables à une sortie de l'UE contre 42% pour le camp opposé [Der Spiegel].

Un tournant dans l'histoire

"Le référendum britannique, quel qu’en soit le résultat, constitue un tournant idéologique majeur dans l’histoire de l’Occident", écrit Jacques Attali sur son blog dans L'Express. "Celui-ci permet pour la première fois de remettre en question une évolution considérée comme irréversible. Il s’agit d’un principe non-dit, mais pourtant essentiel, de ne pas contester des progrès absolus tels que la démocratie, la liberté de culte, ou l'abolition de la peine de mort", analyse l'économiste.

Pour Jérôme Fenoglio, "l’enjeu du référendum britannique du 23 juin va bien au-delà de l’avenir des relations entre la Grande-Bretagne et l’Europe". Pour le directeur du Monde, "le 'Brexit' libèrerait certaines des forces les plus sombres qui travaillent aujourd’hui les opinions européennes : nationalisme régressif, montée protestataire d’ultradroite et, ici et là, menaces sur la démocratie. Le risque est grand d’un effet domino, avec, très vite, l’organisation de référendums similaires dans d’autres pays membres".

The Independent livre également son analyse sur les conséquences d'un Brexit. "A court terme, une explosion est impensable. Les dirigeants européens serreraient les rangs autour d'un ennemi commun, la Grande-Bretagne. En rendant les négociations autour du départ très difficiles, les gouvernements chercheraient à prévenir d'une contagion". "Mais ils échoueraient", note le quotidien britannique. "En France, quel que soit le résultat de cette semaine, Marine Le Pen va faire du 'Frexit' le point central de sa campagne pour l'élection présidentielle au printemps prochain".

Dans un article des Echos, Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors, revient quant à lui sur tout "ce que la Grande-Bretagne a apporté à l'Europe".

Brexit : quelles réponses de l'axe Paris-Berlin ?

C'est une rencontre en catimini sur laquelle s'interroge certains médias ce matin. La chancelière allemande Angela Merkel et l’ancien président français Nicolas Sarkozy se sont rencontrés hier, pour un déjeuner à Berlin [Europe 1].

"L'ex-président français Nicolas Sarkozy a affirmé que la chancelière Angela Merkel était 'prête' à ce que Paris et Berlin élaborent 'un nouveau traité européen', tout en insistant sur l'importance du couple franco-allemand auquel selon lui 'il manque un Français'", rapporte Le Figaro. Le journal note que rien n'est prévu dans l'agenda de la chancelière pour vendredi, cette dernière se préparant à tous les scénarios au lendemain du référendum britannique du 23 juin.

Le Monde livre pour sa part une analyse sur les relations entre la chancelière et l'ancien dirigeant qui se sont distendues.