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Réduction du déficit : la France rentre dans le rang

Revue de presse 16.04.2014

"A aucun moment, ni le président de la République, ni le Premier ministre, ni moi-même n'avons demandé ou imploré des délais" a déclaré hier Michel Sapin [Les Echos]. Alors que la France avait laissé entendre qu'elle allait demander un nouveau délai à la Commission européenne pour la réduction de son déficit à 3% en 2015, la presse revient sur l'annonce faite par le ministre des Finances et s'interroge sur les raisons du changement de discours opéré par le gouvernement ces derniers jours.

Michel Sapin

"Revirement ou polémique" s'interroge l'AFP qui décrit une "France sur la défensive". La Croix pointe la solution de repli de la France qui semble être désormais d'actualité. "Nous tiendrons nos engagements" a soutenu le Premier ministre Manuel Valls lundi, rappellent Les Echos. "Manuel Valls s'engage auprès de Bruxelles" titre encore Le Monde. "J’ai toujours dit que je n’ai pas cherché de délai", a soutenu Michel Sapin auprès de l'AFP.

Les critiques face à l'attitude du gouvernement français sur ses intentions sont nombreuses. "François Hollande, capitaine abandonné" titre Libération. En effet, le volte-face du gouvernement sur la renégociation du déficit public, selon le quotidien, "aura été la goutte de trop" pour la majorité socialiste. Dans son éditorial des Echos, Jean-Francis Pécresse revient sur le jonglage verbal du gouvernement : "le rythme n'est pas le délai, le délai n'est pas le rythme" commente-t-il. Le Point ne mâche pas ses mots face à l'exécutif et parle de "virage à 180 degrés" en soulignant que la France est attendue au tournant par la Commission sur les moyens qu'elle va mettre en œuvre pour réduire son déficit, plus que sur les résultats.

L'élément déclencheur semble avoir été un déplacement à Bruxelles jeudi dernier de deux conseillers du président envoyés pour engager une discussion avec la Commission européenne sur un aménagement de la réduction du déficit de Paris. Le climat tendu de la rencontre aurait eu raison des aspirations françaises. Toutefois, la pression de la Commission et de l'Allemagne ne semble pas être entièrement responsable de la nouvelle stratégie française : "à Paris, même l'administration du Trésor a expliqué aux nouveaux patrons de Bercy qu'il était illusoire d'espérer, cette fois, la moindre mansuétude de la part de Bruxelles comme de la part de capitales (Madrid, Lisbonne...) auxquelles la France a demandé des efforts d'austérité dont elle-même espère encore s'exonérer" [Les Echos].

Le programme de stabilité – qui prévoit 50 milliards d'économies – de François Hollande doit être présenté mercredi prochain à la Commission. Il doit ainsi permettre d'atteindre un déficit de 3% en 2015. En cas de non-respect des engagements annoncés par la France, la Commission envisage des sanctions [L'Opinion]. Les mesures du programme de stabilité sont très attendues, notamment par le directeur général adjoint du FMI, David Lipton : "le pacte de responsabilité que [François Hollande] vient d'adopter est la meilleure chose qu'il pouvait faire et je me réjouis de cette décision" [Les Echos].

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