Derniers articles publiés

Reçue par Emmanuel Macron à Brégançon, Theresa May vient chercher un accord sur le Brexit

Revue de presse 03.08.2018

À quelques mois de l'échéance, les tractations sur les modalités du Brexit semblent dans l'impasse. Les négociateurs britanniques se tournent alors vers les dirigeants des Etats membres, pour faire pression sur le négociateur européen Michel Barnier. La Première ministre Theresa May s'entretiendra avec Emmanuel Macron ce vendredi 3 août, dans la résidence présidentielle de Brégançon.

Fort de Brégançon

Fort de Brégançon - Crédits : JMLPYT / iStock

Une rencontre amicale pour un sujet délicat

"C'est une visite en forme d'appel au secours", déclarent Les Echos. "La rencontre vendredi 3 août entre le président Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May", détaille Ouest France, "sera consacrée essentiellement au Brexit". Dans le cadre de cette visite, "les deux dirigeants auront, à partir de 18h15, une réunion de travail d’environ deux heures".

Ladite réunion aura probablement plus l'air d'un plaidoyer : "la Première ministre britannique, de retour de ses vacances en Italie", va défendre auprès d'Emmanuel Macron "la position de Londres dans les négociations sur le Brexit", selon les mots de l'Élysée cités par Le Point. "Theresa May va aussi parler à Emmanuel Macron du livre blanc publié en juillet par Londres", relate Ouest France, lequel contient "des propositions pour définir la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne".

"Le Royaume-Uni y voit le moyen de contourner une Commission européenne qu'il juge trop inflexible", avancent Les Echos. Cependant, "il ne s’agit pas pour Paris de se substituer au processus de négociations piloté par Michel Barnier", indique la présidence de la République citée par Ouest France.  C'est pourquoi "il n’y aura pas d’annonce à l’issue de l’entretien".

Aux dires du Point, "la France est perçue au Royaume-Uni comme l'un des principaux obstacles à un assouplissement de la position de l'UE dans les négociations, ce que dément Paris". Depuis quelques semaines, les lieutenants de l'exécutif britannique occupent ainsi le terrain. Notamment Jeremy Hunt, "le nouveau chef de la diplomatie britannique en visite lundi à Paris, qui s'est dit 'préoccupé' par le 'vrai risque d'un Brexit sans accord'", rappellent Les Echos. Le quotidien ajoute que "Londres s'est lancé dans une opération séduction des principaux leaders européens, France et Allemagne en tête".

Les négociations avancent, certains sujets coincent toujours

"Nous sommes déjà d’accord sur 80 % de l’accord de retrait", a indiqué Michel Barnier "dans une tribune publiée jeudi 2 août par Le Figaro" [Ouest France]. Le négociateur ajoute cependant devoir "encore trouver un accord sur des points importants", alors que "Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d’ici à la mi-octobre pour organiser leur divorce, programmé fin mars 2019".

"Les négociations, qui doivent reprendre le 13 août à un rythme hebdomadaire, semblent dans l'impasse", analysent Les Echos. Au centre de toutes les inquiétudes, "l'épineuse question de la frontière entre l'Irlande du Nord, concernée par le Brexit, et l'Irlande, membre de l'UE" [Le Point].

Pour des raisons historiques, la fermeture de la frontière entre Irlande et Irlande du Nord ne paraît pas envisageable. Les Echos explorent dès lors les dénouements possibles : celui défendu par l'UE consisterait à "laisser la seule Irlande du Nord dans une union douanière et réglementaire", tandis que "Londres propose un 'arrangement douanier simplifié' qui s'appliquerait à tout le Royaume-Uni."

Mais l'arrangement douanier que réclame le Royaume-Uni "remettrait en cause l'indivisibilité du marché unique et des quatre libertés de circulation liées (biens, services, personnes et capitaux), une des lignes rouges définies par les 27 Etats membres" [Les Echos]. A moins d'un changement de ligne d'un côté ou de l'autre, la perspective d'un Brexit sans accord semble de plus en plus réaliste.