Derniers articles publiés

Quatre candidats pour prendre la présidence de l'Eurogroupe

Revue de presse 01.12.2017

Jeudi 30 novembre, quatre ministres ont déposé leur candidature pour prendre la tête de l'Eurogroupe. C'est le Portugais Mário Centeno qui est le favori pour devenir, lundi 4 décembre, le nouveau président du puissant et régulièrement critiqué conseil des ministres de l'Economie et des Finances de la zone euro. La tâche principale de la personnalité choisie, particulièrement difficile, sera de mener la réforme de la zone euro.

Jeroen DIJSSELBLOEM, président sortant de l'Eurogroupe

Jeroen DIJSSELBLOEM, président sortant de l'Eurogroupe - Crédits : Conseil européen

Les ministres des Finances de la zone euro vont élire, lundi 4 décembre, le nouveau président de l'Eurogroupe. L'actuel titulaire du poste, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, devrait démissionner "le 13 janvier après deux mandats, entamés en 2012", car depuis la formation d'un nouveau gouvernement aux Pays-bas "il n'est plus ministre des Finances" [Challenges].

Le Quotidien (Luxembourg) indique que le jour du vote "les candidats devront 'présenter leurs priorités' face à leurs pairs" et c'est "le premier qui remportera 10 voix parmi celles des 19 ministres qui (…) l’emportera".

Le "Ronaldo de l'Ecofin"

A la date limite du dépôt des candidatures, jeudi 30 novembre, quatre ministres se sont portés candidats, tous provenant de "petits" pays. Selon Le Figaro il n'y a plus "comme candidats que des seconds couteaux, les ministres les plus roués ont préféré s'éclipser, comme ceux venus de grands pays".

Le favori à l'élection est le Portugais Mário Centeno, surnommé par l'ancien ministre allemand Wolfgang Schäuble le "Ronaldo de l'Ecofin" [Diário de Notícias, Portugal]. Ce ministre sans étiquette, qui appartient au gouvernement socialiste d'António Costa est, d'après Libération, "décrit comme un centriste ou un libéral en raison de ses prises de position en faveur d’une plus grande souplesse du marché du travail". M. Centeno affirme vouloir apporter une "contribution constructive, critique à la fois, qui permette de trouver des chemins alternatifs" [Diário de Notícias].

La ministre lettone Dana Reizniece-Ozola, issue du centre-droit, est aussi dans la course pour la présidence. En poste depuis 2016, âgée de 36 ans, cette joueuse d'échecs de haut niveau reste toutefois "peu connue à Bruxelles", explique Le Quotidien. Favorite du Figaro, Mme Reizniece-Ozola "résume l'histoire récente puisque née dans ce qui s'appelait l'URSS". Pour le quotidien, son élection serait un choix "audacieux", car il permettrait de "casser l'image guindée et masculine du cercle des 'grands argentiers'". Néanmoins, même si elle "coche toutes les cases", son positionnement "en 2012 contre l'entrée de son pays dans l'euro", pourrait jouer en sa défaveur.

Autre candidat : le ministre slovaque des Finances Peter Kažimír, qui a annoncé sa candidature sur Twitter. Pour Libération, ses chances sont minces du fait de "sa méconnaissance de l’anglais et [de] 'l’impression mitigée' qu’il a laissé lorsque son pays a présidé l’UE au deuxième semestre".

Enfin, "le Luxembourg a officialisé dans l’après-midi [de jeudi] la candidature de son ministre Pierre Gramegna" [Le Quotidien]. Cependant, pour le journal luxembourgeois, M. Gramegna pourrait être pénalisé pour "ses positions en matière de fiscalité".

Equilibre dans les institutions

Lors de cette élection, la couleur politique des différents candidats devrait peser lourd, car les socialistes européens "ont clairement revendiqué la présidence de l’Eurogroupe" pour qu'il y ait "un équilibre entre la gauche et la droite à la tête des principales institutions européennes" [Libération]. Le quotidien ajoute que la droite européenne "a d’ailleurs renoncé à présenter une candidature". Le Figaro ajoute que dans la mesure où l'Allemagne veut reprendre "la main sur la BCE au départ de Mario Draghi", la droite doit d'autant plus "abandonner l'Eurogroupe à la gauche et à l'Europe du Sud".

Le quotidien relate en outre que mercredi 29 novembre, en marge du sommet Afrique-Europe à Abidjan (Côte d'Ivoire), "l'affaire était au cœur de conciliabules entre Angela Merkel, Emmanuel Macron et Paolo Gentiloni". Le Diário de Notícias souligne pour sa part que le Premier ministre portugais, également présent sur place, a essayé de favoriser son ministre et qu'il "va maintenir un agenda intense de contacts internationaux dans les prochains jours".

Un poste qui n'est pas "une sinécure"

La présidence de l'Eurogroupe peut paraître "une sinécure" pour le "citoyen non averti", expliquent Les Echos. Pourtant, le président "fait partie de ceux dont la voix compte à Bruxelles" à l'instar de "Jean-Claude Juncker pour la Commission, Donald Tusk pour le Conseil, Antonio Tajani pour le Parlement" et de la cheffe "de la diplomatie européenne Federica Mogherini" [Libération].

Ce président officieux de la zone euro, indique Le Quotidien, dirige "les réunions mensuelles des ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique". Celles-ci ont pour objectif principal "d’assurer la coordination des politiques économiques nationales".

Par ailleurs, le successeur de Jeroen Dijsselbloem, et avant lui de Jean-Claude Juncker, aura pour mission principale d'entreprendre "une réforme sans précédent" de la zone euro [Les Echos]. Le quotidien économique explique que tous les ministres veulent "renforcer la zone euro pour la prémunir contre les futurs chocs mais aussi en améliorer le fonctionnement pour produire plus de croissance et de convergence entre Etats membres". Cependant, entre les grands argentiers "les avis divergent quand il s'agit de proposer des solutions".