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Quantitative Easing : après l'éclat, l'analyse

Revue de presse 23.01.2015

La Banque centrale européenne a annoncé hier son programme d’assouplissement quantitatif, ou quantitative easing en anglais (QE). L'institution rachètera des titres de dettes jusqu'à 60 milliards d'euros par mois à partir de mars et jusqu'à septembre 2016, au moins. Cette annonce attendue a surpris par le montant. L'heure est à l'analyse et les commentaires varient fortement.

Quantitative Easing

"C’est une petite révolution dans le monde des banquiers centraux", estime Le Monde. Le QE a surpris par son montant très important. "Les marchés financiers ont d’ailleurs accueilli favorablement cette annonce", explique le site du quotidien. Ce programme vise à lutter contre les pressions déflationnistes et à favoriser la relance de la croissance. "Malgré une certaine prudence parfois, les commentaires au Forum de Davos sont enthousiastes par rapport à la décision de la BCE", rapporte Euronews.

"L'annonce de ce jeudi est un chef d'œuvre de marketing", analyse La Tribune. En effet, si l'annonce fait état d'un montant de 60 milliards, cela comprend "les 10 milliards d'euros de rachats de crédits titrisés (ABS) et d'obligations sécurisées déjà annoncées" et sur les 20% des dettes rachetées mutualisées, "seulement 8%" concerneront les dettes des Etats, le reste sera la dette des institutions européennes, "donc de la dette déjà mutualisée", explique le site de l'hebdomadaire. Pour La Tribune, "ce refus du partage des risques et de la mutualisation des rachats est plus qu'une occasion manquée, c'est une nouvelle prise de risque pour les pays périphériques".

En revanche, pour Les Échos, "les spécialistes estiment (…) que la BCE a réussi à composer avec les multiples contraintes qui lui étaient imposées pour, au final, présenter un programme de très bonne facture". Challenges publie trois interviews de spécialistes qui ne partagent pas tout à fait cet avis. Pour Henri Sterdyniak, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "le problème c'est que les banques ont déjà beaucoup de liquidités et beaucoup d'entreprises n'ont pas besoin de plus de crédits car elle n'ont pas de demande. On peut donc être sceptique sur ce plan".

"Hier au Parlement européen, les experts du quantitative easing étaient soudainement nombreux", s'étonnent Les Échos. Le site du quotidien raconte que "sans surprise, la gauche applaudit, mais aurait aimé plus de mutualisation dans le rachat des obligations d’Etat", tandis qu'à "droite, les applaudissements dominent aussi, mais tempérés par de multiples avertissements".

En Allemagne, ce QE n'est pas apprécié. "La chancelière Angela Merkel s’est finalement résignée à ne pas se mettre en travers de la BCE mais en exigeant que ses largesses monétaires ne relèguent pas au second rang les impératifs de consolidation budgétaire et de réformes pour la compétitivité dans les pays qui en ont le plus besoin", expliquent Les Échos. De son côté, l’Allemand Markus Ferber, député européen du Parti populaire européen (PPE, centre-droit) a affirmé qu'il "ne pense pas qu'il relève des compétences de la BCE de prendre des décisions politiques, or c'est ce qui arrive". Pour EurActiv, cette déclaration "est particulièrement importante parce qu'il est vice-président de la commission économique et monétaire du Parlement et parce qu'elle est bien plus ferme que d'autres déclarations faites par des Allemands, qui s'opposent d'une manière générale à cette mesure".

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