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Primaire de la gauche : des visions différentes sur l'Europe

Revue de presse 05.01.2017

A une semaine du premier débat de la primaire de la gauche, les candidats cherchent à faire entendre leurs différences. L'Union européenne est l'un des sujets sur lesquels les prétendants à la candidature socialiste se distinguent. Parmi les quatre candidats mieux placés pour l'emporter, deux camps semblent émerger : Manuel Valls et Vincent Peillon optent pour la conciliation avec les partenaires européens, insistant notamment sur l'importance du couple franco-allemand, quand Arnaud Montebourg et Benoît Hamon se disent prêts à engager un rapport de force pour mettre définitivement fin à l'austérité.

De gauche à droite et de bas en haut :Benoît Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls

Manuel Valls et Vincent Peillon : relancer l'Europe autour du couple franco-allemand

La vision européenne des deux candidats proches du centre-gauche s'inscrit davantage dans la continuité que celle de leurs deux rivaux situés à la gauche du parti socialiste.

Manuel Valls, qui a le programme "le moins ambitieux de tous" selon La Tribune, est le candidat le plus en phase avec la construction européenne telle qu'elle existe aujourd'hui. "Valls écarte toute perspective fédérale au point de vouloir 'renforcer la place des parlements nationaux dans les affaires européennes'", tout en prônant une "Europe bouclier" qui fermerait les portes de l'adhésion à la Turquie, rapporte Slate. Une position similaire à celle de Vincent Peillon, les deux candidats souhaitant "une Europe à deux vitesses si nécessaire et une 'pause' dans l’élargissement de l’Union européenne" [Le Taurillon].

Au cœur du projet européen des deux socialistes se trouvent la crise migratoire et le terrorisme. "Tous deux souhaitent pour cela instaurer des contrôles systématiques aux frontières extérieures de l’UE, un partage de fichiers entre les Etats membres, ainsi qu’un renforcement de la politique migratoire de l’UE, le droit d’asile étant, à leurs yeux, une valeur européenne fondamentale", relate Le Taurillon (blog fédéraliste européen). Vincent Peillon veut également créer un "corridor humanitaire" pour faciliter l'accueil des réfugiés en Europe, précise le média.

Pour mettre en place leur politique européenne, Manuel Valls et Vincent Peillon comptent s'appuyer sur le poids que représente le couple franco-allemand dans les institutions européennes. L'ancien Premier ministre entend construire un "nouveau consensus" avec l'Allemagne [Slate], quand l'ex-ministre de l'Education nationale veut "relancer le moteur franco-allemand", note Ouest France.

Cet attachement commun à la relation franco-allemande ne débouche néanmoins pas sur les mêmes objectifs. Manuel Valls espère avant tout parvenir à travers son "nouveau consensus" avec l'Allemagne à relancer la construction européenne sur des bases solides. "Ce nouveau consensus permettra à ceux qui le veulent d'avancer ensemble, c'est la théorie classique des 'cercles concentriques'", analyse La Tribune. Vincent Peillon a des attentes plus ambitieuses. Il veut construire un "new deal européen", avec un plan d'investissement de 1 000 milliards d'euros, tout en fondant sa politique "à partir de l'axe franco-allemand". Le candidat espère également mettre en place un budget commun de la zone euro [Les Echos].

Pour obtenir l'adhésion de l'Allemagne à son programme, "Vincent Peillon propose 'd'assumer' une politique de rigueur budgétaire pour convaincre Berlin d'avancer vers une plus forte intégration européenne", explique La Tribune.

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon pour mettre fin à l'austérité en Europe

Contrairement à Manuel Valls et Vincent Peillon, les deux candidats de la gauche du parti socialiste se disent prêts à initier un bras de fer avec les partenaires européens pour mettre un terme à la politique d'austérité.

"Au lendemain de mon élection", annonce Arnaud Montebourg, "j'irai porter mon projet de nouveau traité à Rome, Bruxelles, Lisbonne, Madrid et Athènes, toutes ces capitales qui attendent de la France qu'elle prenne la tête d'une coalition" [La Tribune]. Le candidat désire imposer "un mandat de croissance et d’emploi aux institutions européennes" pour abolir l'austérité en Europe, relate LCI.

Benoît Hamon déclare également ne pas avoir peur de l'affrontement. "Tout aussi offensif, Benoît Hamon plaide pour une alliance des gauches européennes afin d’imposer un moratoire sur le pacte de stabilité et le pacte budgétaire. Son but est d’exclure 'les dépenses d’investissement du calcul du déficit' et d’introduire 'une logique de coordination et de coopération entre Etats pour tenir compte du cycle économique'", détaille LCI. Dans une interview à Reporterre, media spécialiste de l'écologie, Benoît Hamon explique dire "non à l’Union européenne telle qu’elle est, mais pas non à l’Europe".

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