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Primaire de la droite : quelles différences entre François Fillon et Alain Juppé sur l'Europe ?

Revue de presse 22.11.2016

Grande absente des débats de la primaire de la droite, l'Europe n'en demeure pas moins un thème sur lequel les deux finalistes s'opposent. En particulier sur son mode de fonctionnement, François Fillon défendant une vision plus souverainiste que son rival. De même, en termes de politique étrangère, l'attitude à adopter à l'égard de la Russie constitue un point de désaccord sensible entre les deux candidats.

Alain Juppé et François Fillon

La Russie : principale ligne de fracture entre les deux candidats

Depuis plusieurs mois, François Fillon se prononce en faveur d'un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie. Il souhaite une alliance avec Bachar Al-Assad, de même qu'une coalition avec Moscou pour anéantir à l'organisation Etat islamique. "Nous n’avons pas d’autre choix que de nous retourner vers les Russes et le régime syrien pour éradiquer les forces de l’État islamique dans les meilleurs délais possibles", a-t-il écrit dans son livre Vaincre le terrorisme islamique, publié en septembre 2016, cité par La Croix. Il se prononce également pour une levée des sanctions économiques contre la Russie, jugeant qu'elles conduisent à une "guerre froide stupide et dangereuse", rapporte le quotidien.

A l’inverse, Alain Juppé se montre beaucoup plus critique à l'égard de la Russie, recommandant à François Fillon de ne pas "forcer sur la vodka" [Les Echos]. Il s'oppose par ailleurs à tout rapprochement avec Bachar Al-Assad dans la lutte contre l'organisation Etat islamique et dénonce les bombardements russes à Alep : "Nous avons une priorité, combattre Daech, mais ce ne peut être une raison pour, comme le fait la Russie, s’allier avec Assad. Attendre encore et bombarder toujours, avec l’illusion d’une victoire totale, c’est se rendre complice de crimes de guerre", a-t-il déclaré [La Croix].

Le maire de Bordeaux reste néanmoins favorable à un dialogue avec le Kremlin : "Je ne suis pour ma part ni poutinolâtre, ni poutinophobe. Je défends les intérêts de la France et de la paix. Mon message à la Russie est simple : la Russie et l’Union européenne ne sont pas des rivales, car elles sont l’Europe ensemble ; je crois à l’idée d’un partenariat avec la Russie pour garantir la paix, la sécurité commune et une prospérité partagée sur toute la zone euro-asiatique. Notre dialogue politique doit reprendre. La Russie fait partie de la famille des Etats européens", a-t-il affirmé dans un discours sur la politique étrangère qu'il entend mener [LCI].

Il ne souhaite en outre pas d'intervention militaire au sol dans la lutte contre l'organisation Etat islamique en Syrie, désirant poursuivre l'offensive dans le cadre de la coalition internationale anti-Daech (dont la Russie ne fait pas partie) [Le Monde].

Intégration renforcée contre vision gaullienne de la construction européenne

"Dans les grandes lignes, Alain Juppé et François Fillon sont assez d’accord sur le sens de de cette réforme de l’Union européenne. Ils sont favorables à une meilleure protection des frontières de l’Union, une plus grande coopération dans la lutte contre le terrorisme ou encore une meilleure gestion de l’euro. Beaucoup de similitudes donc", estime la RTBF (Belgique). Bien que les objectifs concordent souvent, les deux candidats ne prônent toutefois pas le même mode de fonctionnement de l'Union européenne.

Si Alain Juppé reste "pour l'instant dans le flou" [La Croix] alors que François Fillon "a mis sur papier des idées plus précises" concernant sa politique européenne [RTBF], des approches différentes se dégagent quant à la construction européenne.

"Comme son mentor, Philippe Séguin, [François Fillon] s'est opposé en 1992 au traité de Maastricht sur la monnaie unique et se félicite aujourd'hui que le projet d'une Europe fédérale soit tombé à l'eau. Il pense que seule une 'Europe des nations' souveraines sera à même de susciter l'adhésion des peuples", notent Les Echos. Concrètement, cela se matérialise dans son programme par un renforcement de l'approche intergouvernementale et une réduction des prérogatives de la Commission, limitées à "quelques domaines fondamentaux", sans plus de précisions dans son discours, rapporte le quotidien économique.

Il propose également de tripler le budget de Frontex pour mieux surveiller les frontières de l'UE.

En ce qui concerne sa politique pour la zone euro, il prône l'instauration d'un gouvernement pour cette dernière, en favorisant une "Europe des nations" car il serait dirigé par les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres [LCI]. "Une synthèse entre Europe supranationale à travers le maintien de la monnaie unique et Europe intergouvernementale dans son mode de gestion", analyse La Croix.

"La vision d'Alain Juppé est plus traditionnellement pro-européenne, et cherche à concilier, dans un mouvement continu d'intégration, les intérêts des Etats et l'intérêt général européen", estiment Les Echos. Le candidat souhaite une intégration plus avancée en ce qui concerne la défense, militant pour une "Europe de la défense". Il se prononce, en revanche, contre la poursuite de l'élargissement.

Enfin, il veut réformer l'Union européenne pour la rendre "moins bureaucratique". Concernant l'immigration, "il envisage de créer une 'police des frontières' européenne afin d'obtenir une maitrise de l'immigration. A ce titre, il plaide pour une harmonisation des lois nationales sur l’asile" [LCI].

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