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Prévisions de croissance : la France en bonne voie, mais peut mieux faire

Revue de presse 06.05.2015

La Commission européenne a publié hier ses prévisions économiques pour les pays membres. Si les chiffres pour la France sont plutôt positifs, la presse française note que le pays est toujours à la traîne par rapport aux autres Etats.

Pierre Moscovici

Le Point estime que l’annonce de la Commission a de quoi donner le sourire aux dirigeants français : plus optimiste que le gouvernement (qui tablait sur une progression de l’activité économique de 1% en 2015 et 1,5% l’année suivante), elle prévoit que, si la France maintient la confiance des ménages et des chefs d’entreprise, le pays connaîtra une croissance de 1,1% en 2015 et de 1,7% en 2016.

Concernant le déficit public, les deux parties semblent là encore sur la même longueur d’onde : pour 2015, Bruxelles et Paris prévoient toutes deux une baisse du déficit à 3,8%. Et pour 2016, la Commission anticipe 3,5%, une prévision moins optimiste que la France qui, elle, table sur une baisse à 3,3%.

"La France se rapproche des exigences de Bruxelles en matière de déficit", résume EurActiv. Un résultat suffisamment exceptionnel pour être noté, selon La Tribune.

Ces prévisions sont donc une bonne nouvelle, et s’accompagnent de compliments de la part de Bruxelles qui a salué "la cohérence du plan présenté par Paris, dont les efforts entrepris vont dans la bonne direction". Mais Les Echos rappellent que la France est exhortée à "poursuivre l’effort de réformes".

Le Monde, pour sa part, ne se réjouit pas particulièrement de cette nouvelle : le journal note que "la France reste néanmoins loin derrière les économies les plus dynamiques de l’eurozone".

Si certains Etats membres ont de moins bons résultats (comme la Finlande ou l’Autriche), il n’y a pas de quoi pavoiser. Les prévisions de croissance française font en effet pâle figure à côté de ses voisins : "le PIB allemand devrait croître de 1,9% en 2015, celui de l’Espagne de 2,8% et celui de l’Irlande de 3,6%".

Sans oublier que si la situation économique de la France s’améliore, ce n’est pas à la suite de la politique menée par le gouvernement, mais grâce à des "facteurs exogènes", c’est-à-dire extérieurs.

Elle profite en effet de la baisse du prix du pétrole, du taux de change entre l’euro et le dollar qui est favorable aux exportations européennes et surtout de la vaste opération de rachat de dettes souveraines lancée par la Banque centrale européenne (BCE).

Dans une tribune publiée dans L’Opinion, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer craint que le gouvernement français ne se repose sur ses lauriers après l’annonce de prévisions si positives. Il estime que "l’économie française ne va pas assez bien" et qu’il faut profiter de cette période pour mener les réformes nécessaires, notamment concernant les finances publiques.

Malgré tout, Le Monde note que la France a su monter dans l’estime de la Commission : les ministres Michel Sapin et Emmanuel Macron ainsi que le chef du gouvernement Manuel Valls ont multiplié les déplacements à Bruxelles pour "vendre une image de la France qui sait réformer". Une nouvelle image qui a su convaincre la Commission européenne et a permis à Paris d'obtenir un délai supplémentaire de deux ans pour baisser le déficit public.

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