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Présidentielle : les projets européens des candidats se dessinent

Revue de presse 26.09.2016

Sur fond d'euroscepticisme croissant en France, les candidats à l'élection présidentielle française commencent à esquisser leurs programmes pour l'Union européenne. Nombre d'entre eux appellent à une refonte du projet européen, mais leurs motivations demeurent particulièrement divergentes.

De gauche à droite et de bas en haut : Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Marine Le Pen

Le référendum, une nécessité pour beaucoup

L'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron était de son côté présent à Lyon samedi dernier pour le "sommet des réformistes européens". Il en a profité pour présenter les grandes lignes de la politique qu'il entend défendre, en plaçant "la question européenne au-dessus de toutes les autres" selon L'Opinion.

Soulignant la gravité de la crise que la construction européenne subit, il estime que l'Union européenne est "en train de trahir ses trois promesses : promesse de paix, promesse de prospérité, promesse de liberté". La renaissance de l'Europe ne sera permise que "si nous prenons ensemble le risque démocratique", selon le candidat. Il appelle à l'organisation d'un "vaste débat" dans les "27 Etats membres", au lancement "dans toute l’Union européenne des conventions démocratiques, pendant un an" sur l'organisation et la manière de procéder de l'Europe. Les Etats européens coordonneraient les débats afin d'élaborer "une feuille de route pour les cinq à dix ans à venir", devant être par la suite soumise à un "référendum", exhortant à "assumer le choix du peuple sans le craindre". "Certains avanceront, d'autres non. Mais que ceux qui ne veulent pas avancer ne bloquent pas ceux qui le veulent" [Le Figaro], a-t-il également affirmé au cours de cette journée, s'en prenant ainsi aux Etats membres manifestant un euroscepticisme de plus en plus affiché.

Ce dimanche, Bruno Le Maire, candidat Les Républicains à la primaire de la droite, s'est également exprimé à propos du volet européen dans les colonnes des Echos. Il appelle à une harmonisation fiscale européenne, "quitte à aller au conflit avec certains de nos partenaires qui pratiquent le dumping fiscal", ainsi qu'à repenser "l'harmonisation sociale", en revoyant notamment "de A à Z la directive sur les travailleurs détachés (…) dont les résultats sont à l'opposé de ce que l'UE avait promis", précise-t-il.

L'euroscepticisme, acteur incontournable de la campagne ?

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon proposent quant à eux un référendum sur la sortie de la France de l'Union européenne, tandis que Nicolas Sarkozy en réclame un sur un nouveau traité européen. Cette avalanche de propositions de référendum agace profondément Pierre Moscovici, invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1 ce week-end. Ce dernier va jusqu'à déclarer à propos des hommes politiques français : "Qu’ils aient un peu plus de courage que cela. Qu’ils arrêtent de tirer sur l’Europe, qu’ils proposent leur vision européenne et que le référendum soit l’élection présidentielle. Je laisserais la proposition du Frexit à Madame le Pen et je souhaiterais que les autres candidats soient un peu plus consistants, un peu plus sérieux, qu’ils développent leur projet. Qu’ils oublient le référendum".

Cette multitude de propositions de référendum et le durcissement de la position de nombreux candidats à l'égard de l'Union européenne, conduisent l'éditorialiste d'Europe 1  Antonin André à critiquer cette attitude, qui met en péril la construction européenne selon lui. "À l'époque, le 'non' au référendum sur la Constitution européenne avait conduit à conclure au divorce entre le peuple eurosceptique et les élites euro-béates. Aujourd'hui, ce sont ces mêmes élites qui ne cherchent plus à convaincre le peuple des bienfaits d'une Europe qui protège et rend plus fort. Bien au contraire, elles se contentent de faire écho à sa colère. Quitte à ouvrir un nouveau chapitre : celui de la déconstruction européenne.", conclut-il.

Cet euroscepticisme et ses implications électorales sont loin de se limiter à la France, comme le note Le Monde, évoquant le cas de l'Allemagne, où l'AfD, parti anti-euro et xénophobe, a battu la CDU d'Angela Merkel dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale le 4 septembre dans le cadre des élections régionales. Un résultat qui confirme que "l'approche des échéances électorales ne favorise pas les discours europhiles noyés dans le bruit de l’europhobie" [Le Monde].

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