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Présidentielle 2017 : quel avenir pour l'Europe après le 7 mai ?

Revue de presse 05.05.2017

A 2 jours du scrutin opposant la candidate du "Frexit" Marine Le Pen et le pro-européen Emmanuel Macron, l'Europe retient encore son souffle. Profitant d'une nette avance dans les sondages et de larges soutiens, le candidat d'En Marche représente l'espoir d'une Europe réformée et protectrice. Un projet ambitieux qui pourrait se heurter à de nombreuses difficultés.

Affiches Macron-Le Pen

L'UE croise les doigts pour Emmanuel Macron

"Qui va gagner la bataille pour l'Europe ?", s'interroge Die Welt. Dimanche 7 mai, les Français devront se prononcer entre deux candidats porteurs de projets irréconciliables sur l'Europe. "Marine Le Pen s'en prend à l'UE et l'accuse de tous les maux (…), [elle] veut la démanteler pour lui substituer une Europe des nations souveraine" quand Emmanuel Macron la juge "indispensable" et plaide pour une réforme du système qui lui donne "plus d'efficacité et de pertinence" [Les Echos].

Difficile donc, à Bruxelles, "de ne pas avoir une vision très tranchée" sur l'issue à donner au scrutin de ce dimanche. C'est "tout simplement la survie du projet européen qui est en jeu" explique le journal. L'empressement avec lequel les dirigeants européens ont salué la qualification de l'ex ministre de l'Economie au second tour a par ailleurs trahi "l'inquiétude qui règne dans l'Union européenne", souligne Le Parisien. Le journal Les Echos note notamment le soutien inattendu de l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Malgré les commentaires encourageants des observateurs français et européens, qui ont globalement jugé Emmanuel Macron plus crédible lors du débat de mercredi soir, les médias ont souhaité aujourd'hui faire" une dernière mise en garde contre le parti de Marine Le Pen", observe Le Soir. "Elle n'a pas changé", titre notamment le journal Libération. Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour la Commission européenne, a également souhaité s'exprimer et rappeler ses convictions européennes. "La France ne peut aujourd’hui être grande sans l’Europe (…)  l’Europe perdrait de son âme si elle perdait la France", a-t-il déclaré hier dans Le Monde. "S’il reconnait des imperfections dans l’Union actuelle, M. Barnier estime qu’il ne tient qu’aux Français de la réformer", commente le quotidien.

Selon l'ex-président du Conseil italien Enrico Letta, Emmanuel Macron  disposerait au demeurant d'"une grande opportunité pour changer la donne" en Europe, ajoutant qu'il y a "une réelle fenêtre de tir fin 2017" après les élections allemandes [Les Echos].

Emmanuel Macron : un projet qui pourrait bien séduire Berlin

N'ayant pas succombé à la tentation de l'eurobashing durant sa campagne, le candidat d'En Marche, au projet européen ambitieux, bénéficie d'une attention toute particulière à Bruxelles. "Un capital sympathie" qui donnerait à Emmanuel Macron, s'il est élu président, la possibilité de "bénéficier d'une opportunité unique : celle de redonner à la France son rang en Europe", analysent Les Echos

Sur la promesse de faire repartir le moteur franco-allemand, Emmanuel Macron a su séduire en Allemagne "tous les poids-lourds de la coalition au pouvoir, du très conservateur ministre des Finances Wolfgang Schäuble aux sociaux-démocrates Sigmar Gabriel et Frank-Walter Steinmeier", souligne Le Parisien. Une conjoncture favorable pour le candidat d'En Marche, qui n'élude cependant pas "le déficit de crédibilité économique" dont souffre le pays sur la scène européenne, "faute de croissance, faute, aussi, d'être capable d'assainir ses finances pour de bon",  expliquent Les Echos.

Emmanuel Macron nourrit désormais à Bruxelles l'espoir "de voir la France reprendre son rang pour être capable de réellement peser sur les choix collectifs", poursuit le journal. "Il faut que l’Allemagne sorte de sa fascination pour la consolidation budgétaire. Je crois que la chancelière a compris cela. On doit restaurer une vraie confiance franco-allemande. Elle passe par la capacité à réformer notre pays", a déclaré M. Macron dans un entretien pour Le Parisien.

"La partie s'annonce cependant serrée pour le candidat", car pour promouvoir une "Europe qui protège", Emmanuel Macron va devoir combattre une tentation tenace au protectionnisme, qui s'exprime notamment avec les négociations sur le Brexit [Les Echos].