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Présidence de la Commission : le temps presse et la bataille fait rage

Revue de presse 13.06.2014

Trois semaines après les élections européennes du 25 mai, le nom du prochain président de la Commission européenne est toujours inconnu. Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen, arrivé en tête, ne fait toujours pas l’unanimité. Le Royaume-Uni en particulier manœuvre pour éviter sa nomination. Au sein du Parlement européen, les tractations vont également bon train. Les partis eurosceptiques travaillent à leurs alliances et ont jusqu’au 24 juin pour rassembler au moins 25 eurodéputés venus de 7 pays différents.

David Cameron s'exprimant face aux médias

Dans une tribune parue le 13 juin, relayée intégralement par Le Monde, David Cameron, Premier ministre britannique, a réitéré son souhait de ne pas se tourner vers Jean-Claude Juncker pour la présidence de la Commission européenne. Selon lui, l’ancien Premier ministre luxembourgeois est "un homme du passé" qui "n’a figuré sur aucun bulletin de vote". Lui confier les rênes de l’Exécutif européen serait ainsi une erreur, en dépit de son "expérience", car il ne serait pas en mesure de répondre aux attentes des Européens. Ces derniers "exigent que l’Europe change afin qu’elle se concentre sur les questions qui comptent pour eux : la croissance et l’emploi".

Plus qu’une erreur, la nomination de M. Juncker serait même un "non-sens" pour David Cameron [Libération]. Le chef du gouvernement britannique argue que le processus selon lequel le candidat investi par le parti européen vainqueur des élections doit accéder à la présidence la Commission n’a "jamais été accepté par le Conseil européen et n’a jamais été ratifié par les parlements nationaux".

Selon EurActiv, cette tribune rédigée par David Cameron ne signifie pas nécessairement que le locataire du 10 Downing Street opposera son véto à Jean-Claude Juncker. D’une part parce qu’il ne serait pas suffisant pour bloquer sa nomination. D’autre part car M. Cameron servirait un autre "agenda", secret. En effet, le prochain commissaire britannique sera Andrew Lansley, décrit comme un conservateur eurosceptique modéré. Et le Premier ministre britannique souhaiterait qu’il obtienne le rôle de vice-président de la Commission chargé de superviser les portefeuilles clés du marché intérieur, de la concurrence et de l’énergie.

D’une manière générale, à la Commission comme au Parlement, les négociations sont intenses dans cet "après-élection". Les eurodéputés élus n’ont que jusqu’au 24 juin pour officialiser la constitution des groupes politiques, composés d’au moins 25 parlementaires venus de 7 Etats membres minimum. Une étape tout sauf anodine compte tenu de la manne financière à laquelle la constitution d’un groupe politique donne droit, et tout sauf évidente pour les formations eurosceptiques [La Croix].

Ces dernières, aux sensibilités souvent divergentes, se trouvent en concurrence pour rassembler le nombre requis de nationalités. A cet égard, le combat le plus âpre et le plus crucial est certainement celui qui oppose le Front national de Marine Le Pen et UKIP, le parti du Britannique Nigel Farage – deux des grands gagnants du 25 mai. M. Farage, refusant une alliance avec l’extrême droite, a également vu certains de ses anciens partenaires le quitter pour rejoindre le groupe des conservateurs, formé en 2009 à l’instigation de David Cameron. Toutefois, le UKIP devrait pouvoir compter, comme le révèle Philippe Ridet, correspond du Monde en Italie, sur le soutien déterminant du Mouvement 5 étoiles de l’humoriste Beppe Grillo.

Le Front national, quant à lui, semble proche de réunir ses 6 partenaires. Le Parti de la liberté du Néerlandais Geert Wilders, la Ligue du nord italienne, le Parti pour la liberté autrichien et le Vlaams Belang belge sont acquis de longue date. Les Polonais du Congrès de la nouvelle droite sont également annoncés. Ce sont plutôt les 2 eurodéputés lituaniens du parti Ordre et Justice qui pourraient finalement manquer à l’appel, indique Le Monde. Ces derniers ont démenti les déclarations de certains journalistes européens et ont précisé qu’ils pourraient plutôt rejoindre le groupe de Nigel Farage ou celui des conservateurs. La dernière sortie antisémite de Jean-Marie Le Pen pourrait avoir eu incidence dans cette défection.

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