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Présidence de la Commission européenne : le conservateur allemand Manfred Weber candidat

Revue de presse 06.09.2018

À l'approche des élections européennes de mai 2019, les grandes manœuvres débutent en coulisse. Actuel président du Parti populaire européen (PPE, droite) au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber est le premier candidat à s'être déclaré, mercredi 5 septembre. M. Weber souhaite être le Spitzenkandidat (la tête de liste) de son groupe, ce qui lui permettrait ainsi de briguer la présidence de la Commission européenne.

Manfred Weber au Parlement européen en juillet 2018

Manfred Weber au Parlement européen en juillet 2018 - Crédits : Parlement européen / Flickr

Un candidat aux nombreux atouts…

"À 46 ans, le Bavarois Manfred Weber se lance dans la course à l'investiture du Parti populaire européen (PPE)" afin de devenir la "tête de liste européenne des conservateurs", indique Le Point. Peu connu du grand public, il est "membre de la CSU (la petite cousine droitière de la CDU), et patron depuis 2014 du PPE au Parlement de Strasbourg", précise Le Monde. M. Weber a officialisé, mercredi 5 septembre, "sa candidature pour être tête de liste ('Spitzenkandidat') de ce rassemblement des droites au sein de l’Union".

La finalité de cette candidature est toute indiquée : "je veux devenir le candidat tête de liste du PPE pour les élections européennes de 2019 et être le prochain président de la Commission européenne", a ainsi déclaré Manfred Weber sur son compte Twitter [Ouest-France]. "Bien entendu, il espère bien que le PPE restera le parti le mieux représenté à Strasbourg, légitimant de fait sa nomination à la tête de la Commission", analyse Le Point. "C'est une avancée démocratique acquise en 2014 et les électeurs européens ne comprendraient pas que l'on puisse reculer sur ce point", affirmait à cet égard l'intéressé en début d'année.

Comment est "élu" le président de la Commission européenne ?

La notoriété de M. Weber est également limitée en Allemagne, mais "il dispose de bons réseaux au niveau européen", selon la Deutsche Welle. De plus, "Manfred Weber maîtrise son langage. Contrairement à d’autres figures de la CSU, il ne s’illustre pas par des dérapages verbaux sur la politique migratoire". Le média allemand ajoute que le candidat est en outre un grand défenseur du libre-échange. Il a ainsi déclaré que "si Donald Trump veut construire de nouveaux murs, c'est à nous, Européens, de bâtir de nouveaux ponts".

"Selon la presse allemande, Angela Merkel souhaite que le prochain président de la Commission européenne soit allemand", rapporte Ouest France, et ce "quitte à abandonner ses prétentions sur la Banque centrale européenne". Officiellement adoubé par la chancelière, M. Weber pourrait donc "compter sur le soutien de la délégation allemande du PPE, de loin la plus importante, et devrait aussi rallier les voix des Hongrois, des Italiens ou des Espagnols", estime Le Monde.

… pour une fonction très convoitée

"Eurodéputé depuis 2004 et pro-Européen convaincu, M. Weber représente l’aile conservatrice du PPE" explique aussi Le Monde. Ses détracteurs "lui reprochent beaucoup son indulgence vis-à-vis du turbulent Viktor Orban, membre du PPE", ajoute Le Point. "En dépit des incartades de ce dernier, Manfred Weber a toujours fait en sorte de minimiser la virulence des attaques d'Orban contre la Commission", rappelle l'hebdomadaire.

Autre fait qui ne plaide pas en la faveur du candidat allemand : "il ne parle pas français, ce qui est un handicap pour un poste européen où, généralement, les trois langues officielles (français, anglais, allemand) sont exigées", rapporte Le Point. Enfin, pour la Deutsche Welle, il risque de lui être reproché de "ne pas avoir assumé de hautes fonctions gouvernementales" par le passé.

"La route est encore longue, et il n’est pas un candidat de premier plan", résume par conséquent une source française citée par Le Monde. Parmi ses potentiels futurs adversaires, "d'autres candidats sont sur ce point mieux placés", estime la Deutsche Welle, qui cite "le Français Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères" et négociateur en chef pour le Brexit, "l'ex-Premier ministre finlandais Alexander Stubb ou encore le commissaire européen Valdis Dombrovskis, ancien Premier ministre letton".

Enfin, Le Point soulève une ultime difficulté qui se dresse face à M. Weber : le "poids déjà très important des cadres germaniques dans les différentes institutions européennes". L'hebdomadaire s'interroge : "la chancelière allemande pense-t-elle sérieusement que les 26 autres nations accepteront de confier la présidence de la Commission européenne à un Allemand" ?