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Présidence de la Commission européenne : Cameron isolé

Revue de presse 16.06.2014

"M. Juncker ne s'est présenté nulle part et n'a été élu par personne", chargeait vendredi David Cameron dans une tribune publiée par Le Monde. Toutefois, cette stratégie d'opposition frontale n'a pas l'air de porter ses fruits et le Premier ministre britannique pourrait bien se retrouver seul dans sa lutte contre la nomination de Jean-Claude Juncker. Ce dernier, s'il est majoritairement soutenu parmi les Etats membres, doit cependant convaincre au sein de l'hémicycle.

Commission européenne Bruxelles

Surenchère : la tribune de David Cameron vendredi dernier mettait l'accent sur la profonde illégitimité démocratique de Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen arrivé en tête aux Européennes. S'affichant comme un réformateur, le Premier ministre entend agir pour "l'intérêt de l'Europe" en choisissant "la meilleure candidature possible" qui n'est pas celle du Luxembourgeois [Le Monde].

Mais rien n'est gagné pour le Britannique, ainsi que l'expliquent Les Echos qui jugent que David Cameron joue "une dangereuse partie de poker" alors que la minorité de blocage sur laquelle ce dernier compte ne se concrétise pas. La fermeté affichée par Londres est désormais totale et aucun espace n'est donné pour quelque négociation que ce soit, ce qui laisse à voir que, si défaite il y a pour le Royaume-Uni dans ce bras de fer, la seule solution sera de l'accepter. "Le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union peut valoir plus cher que la tête de M. Juncker. Mais en [antagonisant] le conflit, David Cameron joue une fois de plus davantage le rôle du diviseur que du réformateur", estime la correspondante du quotidien à Bruxelles, Anne Bauer.

C'est également l'avis du journaliste du Monde, Philippe Ricard, dont les sources indiquent que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, chargé par les Etats membres de suivre les négociations, pourrait donner raison à la candidature de Juncker en le présentant lors de la réunion du Conseil des 26 et 27 juin, dans un souci de préserver la relation entre le Parlement européen et les Etats membres.

Au Conseil, le candidat conservateur jouit en effet d'un soutien majoritaire. "Les conservateurs ont gagné les élections, je pense que c’est à [leur] parti de choisir leur candidat. Il vaut mieux accepter ce candidat même s’il ne plaît pas à tout le monde plutôt que passer les 6 prochains mois à chercher, en vain, le candidat idéal" explique par exemple le secrétaire d'Etat tchèque aux Affaires européennes, Tomas Prouza, qui en appelle au pragmatisme [Les Echos]. Selon lui, David Cameron ne serait pas en mesure de former une minorité de blocage.

Si la victoire de Jean-Claude Juncker semble quasi assurée, il n'en demeure pas moins qu'il est attendu au tournant, notamment au sein du Parlement européen. Pervenche Berès, eurodéputée réélue en Ile-de-France, met en effet en avant le combat contre l'évasion fiscale en Europe et le contrôle du déficit des Etats membres comme des sujets sur lesquels le conservateur doit s'engager [L'Opinion].

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