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Présidence de la Commission : 1-0 pour Juncker face à Cameron

Revue de presse 27.06.2014

La désignation du conservateur Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission est quasi-actée alors que la majorité des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lui ont assuré leur soutien dans le vote qui doit se tenir cet après-midi. David Cameron, qui a réclamé ce vote sur la nomination de Jean Claude Juncker, poursuit une résistance acharnée à la nomination du Luxembourgeois qui pourrait accentuer l'isolement de Londres. Face à cette attitude jusqu'au-boutiste, Angela Merkel sort les pincettes.

David Cameron et Angela Merkel au Conseil européen le 27 juin 2014

"Jean-Claude Juncker, futur président de la Commission européenne" titre La Croix. La victoire annoncée du candidat de la droite européenne est sur toutes les lèvres. Si bien que l'on peut lire deux portraits du Luxembourgeois dans Le Monde – "Jean-Claude Juncker, le revenant" – et dans L'Opinion – "Jean-Claude Juncker, le père refondateur" – qui soulignent le retour en force de l'homme qui a orchestré le plan d'action lors de la crise de la zone euro, auquel personne ne croyait réellement, et le "retour aux fondamentaux de la construction européenne" qu'il représente.

Cette issue est un camouflet pour David Cameron et confirme la "guerre de tranchées" actuelle, estime L'Express. Les Echos commentent la vaine obstination du Britannique à imposer un vote sur Jean-Claude Juncker, idée fixe et "scénario inédit" [Le Figaro] qui ne l'isolera que davantage parmi ses homologues et dont Angela Merkel a minimisé l'impact : "les traités indiquent que l’on doit voter à la majorité qualifiée. Je pense, donc, que ce n’est pas un drame si le vote n’est pas unanime" a-t-elle déclarée hier. Mais si Londres n'obtient pas satisfaction sur la présidence de la Commission, Berlin manœuvre pour trouver une consolation qui pourra contenir les frustrations britanniques. "Nous devons faire en sorte de trouver un large terrain d'entente sur le contenu [des politiques européennes dans les prochaines années]. Je pense que nous pouvons trouver des compromis et faire un pas vers la Grande-Bretagne" a-t-elle indiqué [Le Monde].

Lâché au fur et  à mesure par ses alliés suédois et néerlandais dans son combat contre M. Juncker [La Tribune], et malgré l'appui du hongrois Viktor Orban [Le Figaro], le Premier ministre britannique pourrait s'isoler encore plus au sein de l'UE après ce que le journaliste de L'Express, Guillaume Amigues, qualifie d'"humiliation auto-infligée". "Après Ypres, David Cameron arrive vendredi à Bruxelles seul en rase campagne" rapporte le journaliste Florentin Collomp [Le Figaro]. Or, le Royaume-Uni est un Etat membre essentiel dont l'UE ne peut se passer. C'est ce qu'affirme Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux services, interviewé par L'Opinion : "Je ne crois pas que ce soit ni l'intérêt du Royaume-Uni, ni l'intérêt des autres pays européens de se séparer. Nous sommes forts ensemble. C'est possible de rester ensemble. […] On a fait progresser l'Europe avec [Le Royaume-Uni]". Un avis que partage le journaliste Jean Dominique qui juge que "l’affaiblissement politique et diplomatique du Royaume-Uni, qu’illustre l’échec de Cameron contre Juncker, est, à terme, une mauvaise nouvelle pour tous les Européens" [L'Opinion].

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