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Premier Conseil européen pour Emmanuel Macron

Revue de presse 22.06.2017

Le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, participe à son premier Conseil européen, jeudi 22 et vendredi 23 juin. Au menu de la rencontre : travailleurs détachés, défense européenne et crise des réfugiés. L'occasion pour le nouveau locataire de l'Elysée, désormais assuré du soutien de Bruxelles et Berlin sur de nombreux sujets, de défendre sa vision d'une "Europe qui protège".

Emmanuel Macron

Premier rendez-vous européen pour Emmanuel Macron

Près d'un mois après son entrée réussie sur la scène diplomatique internationale à l'occasion du sommet du G7 organisé en Italie, "le président français inaugure ses habits européens en participant, les 22 et 23 juin, à son premier Conseil européen à Bruxelles", amorce La Croix. Accompagné de sa nouvelle ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau, désignée en remplacement de Marielle de Sarnez démissionnaire, et de Florence Parly, la nouvelle ministre des Armées, M. Macron donnera sa vision d'une Europe qui protège.

Si pour ce premier sommet européen les comparaisons avec l'ancien locataire de l'Elysée ne devraient pas manquer d'affluer, il est certain qu'Emmanuel Macron "rencontre un contexte moins tendu qu'en 2012 (…) quand François Hollande s'était vu refuser toute concession vers une Union plus sociale" [Le Monde]. En effet, vu par certains comme le "sauveur de l'Europe", Emmanuel Macron "bénéficie d’un alignement des planètes étonnant", ainsi que d'une majorité solide au Parlement qui lui donne "un poids politique majeur dans le jeu européen", commente Libération. "Les voyants économiques repassent les uns après les autres au vert, la vague démagogique a été stoppée net en Autriche, aux Pays-Bas, en France ou encore en Italie et le sentiment europhile est de nouveau largement majoritaire en Europe". Surtout, "l’UE est lasse de la domination allemande", énumère le journal.

De plus, parmi les 27, "tous lui reconnaissent le mérite d’avoir remis le projet européen au cœur de leur débat et d’avoir démontré qu’on pouvait être élu triomphalement sur un programme europhile" [RFI]. Autrement dit, "d’avoir réussi là où ils ont échoué".

Vers une Europe qui protège

Pour son premier Conseil européen, Emmanuel Macron a choisi "le fil rouge de la protection" et par conséquent celui de la "solidarité", résume Le JDD.

En premier lieu, le président français entend relancer l'Europe de la défense. En ligne de mire : la "création du fonds européen de la défense proposé par la Commission européenne le 7 juin" et une meilleure protection des frontières communes [Le Figaro].

Ensuite, M. Macron plaidera pour la nomination d'un ministre européen des Finances et pour un durcissement des règles sur les travailleurs détachés. "Sur la plupart de ces grands sujets, le président français est assuré du soutien d’Angela Merkel", indique le quotidien. En effet, la chancelière allemande a personnellement reconnu que "la cohésion européenne entre les États de la zone euro laisse à désirer" et évoque désormais ouvertement l’hypothèse d’un "gouvernement économique", d’un "ministre des Finances commun, si les conditions de base sont remplies", voire d'un "budget de la zone euro pour financer les projets de structures".

Des sujets de discorde

Si Paris et Berlin devraient donc présenter un front uni durant ces deux jours de sommet, et ce dans la lignée de Bruxelles, les deux capitales ne peuvent à elles seules pas réformer l'Europe. C'est pourquoi Emmanuel Macron devrait "multiplier les rencontres bilatérales avec ses homologues, afin de bâtir des consensus notamment avec les eurosceptiques pays d’Europe centrale" [Libération].

Dans sa volonté de durcir le projet de réforme sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron s'était déjà heurté à leur véto la semaine dernière, indique le journal. Le chef de l'Etat entend donc opérer cette semaine un recadrage. Il a notamment confié lors d'un entretien accordé à huit journaux européens : "l'Europe n'est pas un supermarché. L'Europe est un destin commun" [Le Temps].

Cependant, selon Enrico Letta, ancien Premier ministre italien aujourd'hui professeur à Sciences Po et interrogé par Libération, des changements devraient également s'appliquer à l'Hexagone. "La France sera par exemple le seul pays européen à disposer d’un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONUIl faudra donc trouver le moyen de le partager si on veut que la défense européenne voit le jour. De même, la question des réfugiés a laissé des traces profondes en Allemagne quand la France ne l’a pas soutenue. Cela doit changer. C’est aussi sur ces dossiers que Macron est attendu" a-t-il souligné.