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Pour la presse française, l'UE doit soutenir les aspirations pro-européennes de Kiev

Revue de presse 03.12.2013

Le président Viktor Ianoukovitch est dans une impasse : les manifestations en Ukraine sont passées d'une protestation pacifique dimanche 1er décembre, à une situation pré-insurrectionnelle aujourd'hui. Dans la rue, les Ukrainiens n'agitent même plus le drapeau étoilé européen mais réclament la démission du président et du Premier ministre, Mykola Azarov, ce dernier ayant dénoncé, lundi 2 décembre, un véritable "coup d'Etat". L'opposition a lancé un appel à une grève générale [Les Echos].

 

drapeau européen Kiev

On croyait les Ukrainiens en dépression démocratique profonde, note ce matin Le Monde.  La grande trahison qu'a constituée, aux yeux des manifestants, le renoncement du président à l'accord d'association avec l'Union européenne a servi d'électrochoc. Elle a ranimé le spectre d'une Ukraine inféodée à Moscou, condamnée à la corruption et aux "petits arrangements entre puissants copains", rapporte le quotidien.

" Nous en avons assez de ce gouvernement de gangsters. Tout est corrompu, nous voulons nous rapprocher des pays normaux, pas de la Russie", résume un manifestant, cité par Les Echos.

Le pouvoir en place ne semble  plus savoir sur quel pied danser, annonçant à la fois un prochain voyage à Moscou "pour définir une feuille de route", une visite en Chine pour y rechercher des financements et la volonté de signer l'accord avec les Européens, note le quotidien économique.

Viktor Ianoukovitch a téléphoné lundi 2 décembre au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lui demander d'accueillir rapidement une délégation afin de discuter de certains points de l'accord. D'accord pour discuter mais pas pour renégocier, lui a répondu en substance José Manuel Barroso, en le mettant en garde contre la tentation d'utiliser la force contre son peuple [Libération].

A Berlin, la chancelière Angela Merkel se réjouit de voir le coeur des Ukrainiens "[battre] pour l'Europe". Le président russe, Vladimir Poutine, parle, lui, de "tentative organisée de déstabilisation du gouvernement" [Les Echos].

Pour La Croix, "c'est aux Ukrainiens de trouver la clé (…) mais les Européens peuvent les y aider". L’Union européenne doit affiner sa stratégie vis-à-vis du Kremlin, qui semble raisonner comme au temps de la guerre froide. Si elle veut étendre son influence, elle ne doit pas s’attendre à ce que Moscou lui cède gentiment la place. 

Dans un éditorial, Le Monde revient sur ce que peut faire l'Union européenne dans ce dossier. Certes, elle ne peut ni sauver l’économie ukrainienne ni renverser le pouvoir. Mais elle doit absolument maintenir son offre d’accord d’association. Elle doit également faire savoir haut et fort qu’elle soutient les aspirations européennes pacifiques du peuple ukrainien. "L’Europe ne doit pas, ne peut pas perdre cette bataille", conclut le quotidien.

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