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Pour éviter la Hongrie, les réfugiés ouvrent de nouvelles voies d'entrées sur le sol européen

Revue de presse 17.09.2015

Les rapports entre réfugiés et forces de l'ordre se durcissent aux frontières de l'Europe, alors que les réfugiés doivent désormais éviter une Hongrie hostile et se diriger vers la Croatie. L'Allemagne, quant à elle, continue d'instaurer de nouveaux contrôles à ses propres frontières, une idée que la France semble soutenir. A Bruxelles, la détermination des Etats d'Europe centrale paraît sur le point de payer et l'instauration d'une répartition contraignante des réfugiés pourrait être écartée.

Victor Orban

Tandis que le flux de réfugiés arrivant aux portes de l'Europe semble intarissable, les Etats européens s'enlisent dans la gestion de la crise. Un sentiment confirmé par Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques qui, dans l'Opinion, déclare que "la crise des réfugiés est une crise existentielle qui met à l’épreuve la solidarité de l’Europe." C'est aussi ce qu'il ressort d'une tribune d'Alexis Théas, juriste, dans le Figaro, évoquant une "révolution dans l'application de Schengen et un tournant majeur pour la politique européenne de l'immigration", alors que La Croix titre sur la remise en question de Schengen, craignant "la fin de la libre circulation en Europe."

A la frontière extérieure hongroise la tension monte. Libération rapporte les propos d'un policier à l'égard d'un réfugié, martelant que "l’Europe, c’est fermé. Tu es un Syrien, tu n’as qu’à retourner en Syrie. On ne veut pas de vous ici. Tu es un terroriste. Chacun sa patrie, toi c’est la Syrie, moi c’est la Hongrie. Va-t’en d’ici." C'est dans ce climat que s'inscrivent les premières confrontations entre réfugiés et force de l'ordre en Hongrie. "Entre jets de pierre et gaz lacrymogènes, des dizaines de migrants bloqués en Serbie ont forcé mercredi un barrage à la frontière avec la Hongrie après des heurts avec la police", décrit Euronews.

Dans un entretien accordé au Figaro, le Premier ministre hongrois, Victor Orban, annonce que le pays va "sans doute construire une autre clôture le long de la frontière croate." Et pour cause, maintenant que la frontière avec la Serbie est hermétiquement fermée, les migrants essaient de trouver un passage par la Croatie. Le Point indique qu'un "premier groupe de migrants est entré mercredi depuis la Serbie en Croatie, qui s'est dite prête à faciliter leur transit, ouvrant une nouvelle voie vers l'Europe occidentale après le blocage des frontières hongroises." Même si "pour les réfugiés, le principal problème de la nouvelle route des Balkans qui doit les mener en Allemagne est qu’elle est encore trop fraîche" [Le Monde].

Si tous les pays d'Europe centrale ne se positionnent pas contre l'afflux de réfugiés, l'Express estime que, "hormis le Danemark, les pays les plus hostiles à l'accueil des réfugiés sont des pays de l'ex-Europe de l'Est" en indiquant que cette position s'explique par un "complexe identitaire de 'Petites Nations'" n'ayant "pas d'expérience du cosmopolitisme".

Du côté de l'Europe occidentale, le gouvernement danois "reste très réticent à accueillir des réfugiés malgré les appels à la solidarité de son voisin allemand et une opinion publique émue" rapporte Courrier international . En parallèle, l'Allemagne, après avoir réinstauré des contrôles à la frontière autrichienne en début de semaine, "a 'renforcé l’intensité des contrôles' sur une partie de sa frontière avec la France, au niveau de la région Alsace" [Le Monde]. Une décision qui n'émeut pas la France : Manuel Valls a annoncé hier que le gouvernement a "déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires" et n'hésitera pas "à le faire de nouveau comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l'imposent, si c'est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines" [Challenges / AFP]. Cette annonce était accompagnée de la présentation d'une enveloppe de "279 millions d'euros supplémentaires pour l'accueil des réfugiés et 250 millions d'euros pour l'hébergement d'urgence" [La Tribune / AFP].

En Méditerranée, autre route de passage, Londres veut lutter contre les passeurs de migrants, que le ministre britannique de la Défense qualifie de "groupes criminels". Une frégate de la Royal Navy sera déployée [Le Figaro].

Dans l'attente du prochain conseil des ministres de l'Intérieur, prévu pour le 22 septembre, et après l'échec de celui de lundi, Bruxelles serait prête "à renoncer à l'idée d'un système obligatoire de répartition de 120 000 demandeurs d'asile en faveur d'un système de répartition sur la base du volontariat, solution favorisée par les pays de l'Est de l'Europe" [Challenges / AFP]. Pour certains, cet afflux pourrait être une opportunité. Le professeur Gérard-François Dumont rappelle pour Le Point que "l'Europe a des marges de peuplement."

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