Derniers articles publiés

Politique monétaire : la BCE confirme le cap

Revue de presse 27.07.2018

Au lendemain de la rencontre entre les présidents américain et de la Commission européenne sur les questions commerciales, c'est au tour du président de la Banque centrale européenne d'annoncer la direction. Mario Draghi a confirmé la fin progressive de la politique monétaire expansionniste, sans préciser la date d'un éventuel redressement des taux directeurs.

Siège de la Banque centrale européenne à Francfort

Siège de la Banque centrale européenne à Francfort - Crédits : ollo / iStock

Des annonces volontairement imprécises

Deux informations retiennent l'attention des médias quant aux annonces de la Banque centrale de la zone euro. En premier lieu, le fait que "l'institution gardienne de l'euro a confirmé jeudi [26 juillet] la fin anticipée de son programme de rachats d'actifs à la fin de l'année", commente La Croix. Lancée en janvier 2015, cette mesure également appelée "Quantitative easing" (QE) visait à éloigner le risque de déflation, dont la baisse de prix et le report des décisions d'achat menaçait de freiner durablement l'économie européenne.

BFM Business rappelle ainsi que depuis ses débuts, "le QE a permis à la BCE de déverser à ce jour près de 2 500 milliards d'euros de liquidités sur le marché". Mais avec le retour, certes fragile, de l'inflation et de la croissance en 2018, l'institution financière a prévu d'y mettre fin progressivement. Selon Les Echos, la baisse annoncée fera passer le "volume actuel de 30 milliards d'euros par mois, à 15 milliards d'euros à partir d'octobre avant d'y mettre un terme en fin d'année".

Autre décision attendue : la remontée des taux d'intérêt, dont l'objectif serait également de stabiliser l'inflation. Sur ce point, le président de la BCE Mario Draghi a "repris la formulation vague utilisée il y a six semaines lors de la dernière réunion du conseil", rapportent Les Echos. Les taux seront ainsi "maintenus à leurs bas niveaux actuels 'au moins jusque l'été 2019' ".

Prudence quant au risque protectionniste

Par ailleurs, cette réunion des "gardiens de l'euro", selon les termes de BFM Business, arrive "au lendemain de négociations à Washington entre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président américain, Donald Trump".

Mais si "le banquier central a estimé que l'économie de la zone euro continue d'avancer sur un solide chemin de croissance", il garde dans l'idée que "la menace du protectionnisme reste importante", rapporte La Croix. " 'Nous observons des signes encourageants çà et là sur l'inflation, mais il est trop tôt pour crier victoire' ", tempèrent Les Echos, citant Mario Draghi. En effet, "le taux d'inflation en zone euro est quant à lui remonté à 2% en juin, dépassant même l'objectif 'inférieur mais proche de 2%' fixé par l'institution", estime BFM Business.

M. Draghi a "néanmoins noté comme 'point positif' la récente hausse nominale des salaires en zone euro", peut-on lire dans La Croix, qui conclut sur les paroles du patron de la BCE : "prudence, patience et persévérance restent les mots clés qui inspirent notre politique monétaire".