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Plan Juncker pour les réfugiés : réactions partagées dans la presse française

Revue de presse 10.09.2015

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé hier, dans le cadre de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen, un second plan visant à apporter une réponse commune à la crise des réfugiés en Europe, soit une enveloppe de 780 millions d'euros permettant l'accueil obligatoire de 120 000 nouvelles personnes sur deux ans, répartis entre les Etats.

Des propositions qui ont suscité de très nombreuses réactions dans la presse française.

 

Discours sur l'état de l'Union européenne

Ainsi, Le Figaro, dans un éditorial signé Philippe Gélie, s'inquiète d'un plan pris dans la panique, qui ne serait pas bonne conseillère "lorsqu'il s'agit d'une politique qui engage l'Europe pour des années, peut-être des décennies".

Dans la même édition du Figaro, Nicolas Sarkozy présente ce que serait son plan de gestion de la crise des migrants. Deux éléments sont au programme. Premièrement une distinction entre "migrants économiques que la France n'a plus les moyens d'accueillir que de façon extrêmement limitée", "réfugiés politiques que nous avons toujours accueillis" et "les réfugiés de guerre […] qui ont vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie". Deuxièmement, le président des Républicains estime nécessaire de suspendre "provisoirement la libre circulation des ressortissants non européens au sein de Schengen" dans la perspective d'un accord Schengen II.

La question de la distinction entre différentes catégories de migrants est également reprise dans un éditorial de Frantz Durupt pour Libération, soulignant l'absence de critères clairs distinguant "le migrant 'économique' du réfugié".

En parallèle de cette annonce, le politologue Jérôme Sainte-Marie écrit dans les colonnes de l'Opinion que "face à la crise des migrants, la droite est dans une impasse", estimant que "cette crise favorise le remplacement du clivage droite/gauche par une opposition entre tenants de l’identité nationale et fidèles de la construction européenne". Une analyse partagée par le philosophe Slavoj Zizek pour Le Monde, qui distingue "les libéraux de gauche qui s’indignent" des "populistes, hostiles aux migrants" et invite à "élargir notre focale : les réfugiés sont le prix à payer pour l’économie globale".

Face à ces réactions variées, Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, publie une leçon d'histoire et rappelle que l'Union de 2015 dispose des armes pour répondre à cette crise, bien plus qu'en 1989 où "les Douze de l’époque ont bien cru qu’ils allaient devoir affronter une déferlante venue de l’Est". Bien qu'il ne se soit "en réalité rien passé […] cette peur [avait] poussé les Européens à partager leur souveraineté en matière d’asile et d’immigration afin de faire front ensemble".

Le président de la Commission a hier appelé à un accord de principe dès le conseil des ministres de l’Intérieur, lundi 14 septembre, rapporte La Croix. L'Opinion précise qu'en cas d'échec, "un Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement pourrait être organisé rapidement".

L'adoption de ce plan ne risque cependant pas de s'effectuer à l'unanimité, "quitte à voter et à mettre en minorité certains pays" estiment Les Echos. En effet, Le Figaro rapporte que si "l'Allemagne, la Suède, l'Autriche et la France défendent une politique d'ouverture, les pays d'Europe centrale et orientale sont tentés par le repli sur soi". Il faut à ce titre rappeler la récente prise de position de la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie qui ont, la semaine dernière, maintenu leur ferme opposition à tout système de quotas. Pour la Commission, la Hongrie aurait beaucoup à tirer de ce second plan et espère une révision de sa position [La Croix].

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