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Partenariat oriental : le spectre russe plane sur Riga

Revue de presse 21.05.2015

Aujourd’hui débute le sommet du Partenariat oriental à Riga, en Lettonie. La presse française parle unanimement d’un sommet vain, dont les ambitions ont considérablement diminué en raison de la pression russe sur ses pays voisins qui ambitionnent de se rapprocher de l’Union européenne.

UE / Russie

Le Monde revient sur l’historique de ce Partenariat oriental. Initié en 2008 par l’Union européenne, celui-ci visait initialement à étendre sa politique de voisinage toujours plus à l’est du continent, en Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie et Ukraine. Le but était de "créer une zone de sécurité et de stabilité, en forgeant avec les six pays des accords d'association fondés sur le libre-échange, les valeurs européennes, la libéralisation des visas" [Les Echos].

Toutefois, ce projet s’est "fracassé" en 2013, lors du dernier sommet du Partenariat oriental, lorsque le chef d’Etat ukrainien de l’époque Viktor Ianoukovitch a cédé aux pressions russes et décidé de tourner le dos à une coopération avec l’UE. C’est d’ailleurs cette décision qui a provoqué le soulèvement populaire de Maïdan et la crise ukrainienne actuelle.

Des événements dramatiques qui ont considérablement "refroidi les ardeurs" orientales de l’UE, "notamment en France et en Allemagne" affirment Les Echos.

Malgré la présence de 25 Etats membres de l’UE, Le Monde parle d’une rencontre "minimaliste" où le "symbole primera sur le contenu".

Euronews qualifie ce sommet de "pari risqué". Libération explique en effet que la question majeure de cette rencontre sera de réussir à "concilier programme d’intégration des ex-républiques soviétiques et relations glaciales entre l’UE et la Russie".

Pour Le Monde, la priorité européenne est de "ne pas heurter la Russie". Les Etats membres ont désormais pleine conscience du "travail de sape" du président russe Vladimir Poutine qui refuse de laisser échapper les anciens pays satellites soviétiques de sa surveillance.

Le journal estime que "l’ampleur des difficultés à surmonter en Ukraine a brisé l’élan de ceux qui rêvaient d’exporter le modèle et les normes de l’UE, de stabiliser l’Europe orientale et, dans la foulée, de définir de nouvelles relations avec la Russie".

La Croix l’affirme : "aucune décision majeure n’est attendue au sommet du Partenariat oriental entre l’Union européenne et les anciennes républiques d’Union soviétique".

Et pourtant, trois pays "se font de plus en plus pressants" quant à une future adhésion à l’UE, souligne Euronews : "l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie". Parmi les pays qui seront présents à Riga, ce sont les seuls à avoir signé un accord d’association avec l’Union [La Croix].

Libération rapporte ainsi les propos du président géorgien Guiorgui Margvelachvili : "J’attends des dirigeants européens qu’ils réaffirment à Riga que le rapprochement entre les pays du Partenariat Oriental et l’UE ne constitue pas une menace à l’égard de la Russie. J’attends de nouveaux pas, même s’ils ne sont pas finaux, sur notre chemin vers l’adhésion à l’UE" et d’insister sur les atouts économiques de son pays, notamment dans le domaine énergétique.

Ses attentes risquent cependant d’être déçues : le processus d'élargissement européen connaît une pause depuis que le président de la Commission européenne a fermement déclaré qu’aucune nouvelle adhésion à l’UE ne se ferait sous son mandat [La Croix].

De leur côté, l’Arménie et la Biélorussie se sont rangées du côté russe en rejoignant l’Union économique eurasienne, tandis que seul l’Azerbaïdjan souhaite maintenir son indépendance, précisent Les Echos.

Le site tempère toutefois le pessimisme général,  rappelant que "la Russie a donné un signe d'apaisement en ne réclamant plus le report de l'entrée en vigueur début 2016 de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine".

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