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Paris demande l'aide de l'Europe face à l'Etat islamique

Revue de presse 17.11.2015

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, plusieurs voix s'élèvent pour demander une meilleure coopération européenne face au terrorisme. Lundi à Bordeaux, Alain Juppé a ainsi déploré une Europe "aux abonnés absents", avant de préciser "nous enregistrons des messages de compassion […] mais nous sommes un peu seuls sur le terrain", rapporte Libération.

Le Berlaymont illuminé aux couleurs du drapeau français

Une analyse partagée par Challenges qui titre sur "la passivité coupable de l'Europe face à la menace terroriste" et s'interroge : "les Etats membres de l'Union européenne vont-ils enfin ouvrir les yeux ?". Et la Tribune de renchérir : "les attaques terroristes menées contre la France placent l'Europe face à plusieurs de ses échecs : diplomatique, militaire et économique". Or pour la députée européenne Sylvie Goulard notamment, "la réponse efficace au terrorisme passe par Bruxelles" [Les Echos].

C'est dans la capitale belge justement que "cinq personnes parmi les sept interpellées […] dans le cadre de l'enquête sur les attentats meurtriers de Paris ont été relâchées" hier [Le Figaro], deux ayant "été inculpé[e]s pour terrorisme" [Euronews]. "Au cœur des réseaux djihadistes" [Le Monde], la Belgique en appelle ainsi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, à "renforcer la coopération en Europe dans la lutte contre le terrorisme" [Libération].

Devant les parlementaires français réunis à Versailles, François Hollande a demandé quant à lui le soutien des Etats membres, au travers de la "clause de solidarité européenne". Toutefois, "rien ne définit clairement en quoi consiste l’aide et l’assistance que devront offrir les Européens à la France", cet article du traité n'ayant jamais été mis en œuvre. [Le Monde].

Pendant ce temps, "Berlin soupèse son soutien militaire potentiel à la France" estiment Les Echos : "la chancelière allemande se veut elle aussi solidaire, mais au cas par cas".

Autre forme de solidarité attendue par la France, la compréhension de Bruxelles face au dépassement des engagements français sur le budget, en vue de la création de "postes supplémentaires de policiers et de gendarmes", une mesure explicitée par Le Monde.

"L'Europe doit le comprendre, il est temps aussi que l'Union européenne, que la Commission comprenne aujourd'hui que c'est un combat qui concerne la France mais qui concerne aussi l'Europe", résume ainsi Manuel Valls [Le Figaro].

Une situation exceptionnelle en tout cas avalisée par les négociateurs du budget européen à Bruxelles : celui-ci a en effet fait l'objet d'un accord en urgence. "4 milliards [d'euros seront notamment alloués à] la crise des réfugiés" [Les Echos] : une question qui devient chaque jour plus épineuse depuis les évènements de vendredi.

Car "les attentats de Paris renforcent le sentiment anti-réfugiés", note Euractiv.fr. Partout en Europe "les anti-réfugiés durcissent le ton", confirme l'Express.

Tandis qu'en France, "le président François Hollande n’a pas remis en cause l’accueil de 30 000 réfugiés annoncé début septembre" [Le Monde], le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré que "les terroristes ont exploité les migrations de masse, en se mélangeant à la foule des gens quittant leurs foyers en quête d’une vie meilleure", cite Libération, alors que le nouveau chef de la diplomatie polonaise a avancé "l'idée inédite de renvoyer les Syriens se battre dans leur pays" [Courrier international].