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OTAN : le secrétaire à la Défense américain veut rassurer les Européens

Revue de presse 16.02.2017

C'est une Europe choquée par les récentes critiques américaines que les membres de l'administration Trump rencontrent cette semaine. Le secrétaire à la Défense James Mattis a inauguré ce ballet diplomatique par une réunion avec les 28 ministres de la Défense de l'Otan, mercredi à Bruxelles. Ce dernier a voulu rassurer les Européens sur l'importance de la relation transatlantique pour les Etats-Unis, tout en les sommant d'augmenter leurs dépenses de défense.

Les 28 ministres de la Défense de l'Otan à Bruxelles, mercredi 15 février 2017

Des paroles d'apaisement…

"L'Alliance atlantique reste fondamentale pour les Etats-Unis et pour toute la communauté transatlantique", a déclaré James Mattis devant les ministres de la Défense de l'Otan, rapportent Les Echos. Un ton qui tranche par rapport aux récentes déclarations de Donald Trump concernant l'Alliance atlantique. Comme le rappelle L'Express (avec l'AFP), ce dernier l'avait jugée à la mi-janvier "obsolète", notamment "parce qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme".

Il faut dire que le général Mattis connaît bien l'Otan. "Lui-même commandant suprême allié de la transformation de l’Otan de 2007 à 2009", souligne La Croix, "le général à la retraite apparaît donc en terrain conquis dans cette Alliance qu’il [a comparé lors de sa visite] à une 'seconde maison' pour lui, où il peut 'avoir une conversation ouverte entre amis'".

… accompagnées d'une mise en garde

Le secrétaire à la Défense n'en demeure pas moins membre de l'administration Trump, qui a particulièrement fustigé les dépenses militaires trop faibles des membres de l'Otan. Il a exhorté les alliés militaires des Etats-Unis à augmenter leurs dépenses de défense s'ils ne veulent pas voir les Américains "modérer leur engagement" vis-à-vis de l'Alliance [Le Figaro].

Si le propos n'a pas été approfondi, le ministre n'ayant "pas évoqué des menaces précises ou des mesures de rétorsion" selon une source européenne du Monde, "cela n’a pas empêché les médias américains l’accompagnant de parler d’un 'ultimatum' adressé à des pays qui, pour la plupart, restent éloignés de l’objectif fixé en 2014 : atteindre, en 2024, le seuil de 2 % du produit intérieur consacrés aux forces armées".

"A l’heure actuelle, les États-Unis supportent à eux seuls quasiment les trois quarts des dépenses militaires de l’Otan. La nouvelle administration américaine vise les pays qui ne respectent pas l’objectif de dépenser au moins 2 % de leur PIB pour leur outil militaire. Soit 23 pays sur 28, dont la France, l’Allemagne, et surtout l’Espagne et l’Italie", détaille pour sa part RFI.

Les Européens sont-ils aussi avares en termes de dépenses militaires que le laisse entendre Washington ? Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, a en tout cas tenu à modérer les propos du général Mattis. Il a rappelé que la moitié des soldats de l'Alliance déployés en Afghanistan sont des non-Américains. "Dès mardi, [M. Stoltenberg] a mis en avant la hausse de 3,8 % des dépenses militaires 'des alliés européens et du Canada'", fait savoir Le Monde, même s'il convient que l'effort est insuffisant étant donné les menaces qui pèsent sur l'Otan.

Pour François Clemenceau du JDD, "cet effort militaire en Europe pour être plus autonomes ne va pas de soi", étant donné les profondes différences entre les Etats du continent. Selon le journaliste, "il va falloir que Donald Trump comprenne que l’Otan doit rester dissuasive vis-à-vis d’une Russie qui cherche à diviser les Européens et que ces efforts d’équilibrage au sein de l’Alliance prendront du temps". "Cette prise de conscience était née déjà sous la présidence Obama", poursuit François Clemenceau. "L'objectif d'obtenir de chaque pays de l'Otan de faire passer son budget de défense à 2% du PIB avait été acté mais à l'horizon 2025. Ce chantier est donc en cours. Que Donald Trump soit réélu en 2020 ou pas...", conclut-il.