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Nouvelle proposition de la Grèce à l'Eurogroupe : un conflit seulement sémantique ?

Revue de presse 19.02.2015

Le temps presse pour la Grèce. Il ne reste au pays que quelques jours pour trouver un accord avec l'Eurogroupe et ainsi être en mesure de faire face à ses échéances. Une nouvelle proposition émanant du gouvernement grec doit être examinée cet après-midi, mais les deux parties semblent buter sur la formulation. La Grèce veut un "programme-relais", tandis que les ministres des Finances de la zone euro exigent "l'extension du programme existant".

Alexis Tsipras

 "Entre Bruxelles et Athènes, le bras de fer devient épistolaire", titre Le Monde. Cet après-midi, les directeurs du Trésor de la zone euro vont examiner une nouvelle lettre du gouvernement grec détaillant ses propositions pour un accord avec l'Eurogroupe. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, parle d'un "accord de prêt", d'une "trêve", ou encore d'un "programme-relais", qui lui donnerait du temps pour mettre sur pied une "liste de réformes politiques", sans pour autant remettre en cause son programme anti-austérité.

De fait, comme l'expliquent Les Echos, Alexis Tsipras dissocie totalement l'accord avec ses partenaires européens de l'application immédiate du programme sur lequel il a été élu le 25 janvier dernier. Hasard du calendrier, c'est en effet aujourd'hui même que le Premier ministre va défendre ses premières réformes destinées aux plus démunis. "L'une vise à interdire les saisies immobilières et la mise aux enchères des résidences principales des ménages surendettés, tandis que les foyers privés d'électricité pour impayés pourraient être à nouveau raccordés au réseau", présente le site du quotidien.

Des mesures généreuses qui ne sont pas franchement du goût de l'Eurogroupe, son président Jeroen Dijsselbloem et le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble en tête. Pour eux, seule "l'extension du programme existant" est envisageable. "Une extension sans mise en œuvre des réformes convenues est inacceptable, les deux volets sont indissociables", a ainsi déclaré le porte-parole de M. Schäuble [Le Figaro].

Dans ce contexte, les marges de manœuvre apparaissent très étroites. D'autant que les relations personnelles entre Wolfgang Schäuble et Yanis Varoufakis, son homologue grec, sont passablement mauvaises. A cet égard, la France pourrait avoir un rôle déterminant à jouer pour arrondir les angles, estime L'Express. Comme le rappelle le site de l'hebdomadaire, Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques, a été le premier à ouvrir la porte "à une redéfinition des réformes exigées par l'Europe, dont le gouvernement grec martèle qu'elles ont été 'un échec'". De son côté, Michel Sapin, ministre français des Finances, n'a eu de cesse de répéter qu'il est indispensable de tenir compte "à la fois du vote des Grecs et du respect des règles européennes".

Dans cette médiation, les Français pourraient être soutenus par la Commission européenne, dont le président Jean-Claude Juncker aura probablement été soulagé de voir Prokopis Pavlopoulos être élu à la présidence en Grèce. M. Juncker était inquiet de perdre son commissaire grec Dimitris Avramopoulos, premier choix initial d'Alexis Tsipras, rapporte La Tribune. Et à cela s'ajoute que M. Pavlopoulos est issu de la Nouvelle démocratie, parti conservateur. Un détail qui n'en n'est pas un à l'heure de rassurer les autres membres de la zone euro [Le Point].

Dès lors, si la proposition du gouvernement grec est acceptée par l'Eurogroupe, un accord pourrait être entériné dès le 20 ou le 23 février. Pour l'heure, les positions sont encore trop éloignées, mais un compromis est jugé possible par certains Etats comme la France. Dans le cas contraire, la perspective d'un "Grexit" apparaitrait comme de plus en plus probable. Une option qui n'inquiète d'ailleurs pas Valéry Giscard d'Estaing qui, dans un entretien accordé hier aux Echos, a affirmé que "la Grèce doit sortir de l'euro" dans la mesure où "le programme sur lequel [le gouvernement] a été élu est irréalisable avec une monnaie forte". Il s'agirait d'un simple "friendly exit" selon l'ancien président français – "une sortie amicale" jusqu'à présent écartée par Alexis Tsipras.

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