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Nouveau bras de fer entre la Commission et la France sur le déficit

Revue de presse 03.04.2014

"L'Europe refuse à François Hollande un nouveau délai pour réduire le déficit", titre Le Monde. En effet, la France est encore loin du compte des 3% du PIB – plafond inscrit dans le droit européen – qu'elle s'est engagée à respecter. La Commission et les partenaires européens font face à la velléité du président Hollande de repousser ses objectifs de réduction du déficit. Des remarques ont été formulées à ce sujet en marge de la réunion des ministres des Finances – sans la présence de Pierre Moscovici ni d'Arnaud Montebourg – qui s'est tenue hier à Athènes.

Olli Rehn commissaire aux Affaires économiques

Le déficit public français s'est établi à 4,3% en 2013, "soit moins bien que la cible de 4,1% du gouvernement sortant", rappelle Le Point qui revient sur les deux délais déjà accordés par la Commission à l'Hexagone pour atteindre l'objectif de 2,8% du PIB de déficit en 2015.

"J’ai hâte de recevoir le programme de stabilité et de réformes", a indiqué le commissaire européen en charge des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn [Le Monde]. La France doit en effet présenter son plan d'action budgétaire au Parlement français dans les jours qui viennent, puis à la Commission, afin de pallier les problèmes des comptes publics, le manque de compétitivité et les obstacles à la croissance déjà pointés du doigt par Bruxelles.

Mais les attentes du commissaire pourraient bien être déçues, si l'on en croit les annonces de lundi du président français : "le gouvernement aura aussi à convaincre l'Europe que cette contribution de la France à la compétitivité et à la croissance doit être prise en compte dans le respect de ses engagements. Car renforcer l'économie française, c'est la meilleure façon de réorienter l'Europe" [Le Point]. Une position également présentée par le nouveau ministre des Finances, Michel Sapin, interviewé par France Inter ce matin : "c'est le chemin, c'est le rythme lui-même qui sera discuté dans un intérêt commun. Ce n'est pas la France qui arrive à genoux, en demandant, en implorant, non, ce n'est pas ça, c'est l'intérêt commun de l'Europe de trouver le bon rythme, le rythme adapté à la situation" [Le Monde].

Toutefois, le message a donc été réaffirmé hier par le commissaire Rehn que la France ne devrait pas bénéficier de plus de temps pour mener à bien ses engagements. Le Parisien revient sur la réponse de l'Allemagne à cet avertissement : "je vais me référer à ce qu'Olli Rehn, le membre de la Commission compétent (pour ces questions) a déjà dit : la France connaît ses obligations, et elle sait qu'elle a déjà obtenu deux prolongations de délai", s'est exprimé Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances.

Ce que Paris présente comme un accent mis sur la croissance au détriment de la réduction du déficit public pourrait bien irriter davantage Bruxelles, qui se prononcera sur un (peu probable) délai supplémentaire après étude du dossier français. Ceci laisse présager une "négociation difficile" [Le Point].

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