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Moins de droits pour les citoyens européens établis au Royaume-Uni après le Brexit ?

Revue de presse 02.02.2018

Mercredi 31 janvier, Theresa May a annoncé depuis la Chine que les citoyens européens qui arriveront après le début de la période de transition d'après-Brexit, à partir de mars 2019, n'auront pas les mêmes droits que ceux arrivés avant. Une déclaration qui n'a pas manqué de faire réagir à Bruxelles, où l'on refuse toute différenciation dans le statut des citoyens européens.

Theresa May

La Première ministre britannique Theresa May à l'occasion de sa visite en Chine, le 1er février 2018. Crédits : gouvernement britannique

Différence

Lors d'une visite en Chine mercredi 31 janvier, la Première ministre britannique Theresa May a déclaré que les citoyens européens établis au Royaume-Uni n'auront pas les mêmes droits en fonction de leur date d'arrivée. Mme May a en effet affirmé "qu’il y aura une différence entre ceux qui arriveront avant notre retrait et ceux qui viendront au Royaume-Uni en sachant qu’il n’est plus un État membre de l’UE" [Le Quotidien, Luxembourg].

Europe 1 indique qu'"après le Brexit, le 29 mars 2019, les droits de tous les immigrés européens seront maintenus pendant la période de transition (…). A l'issue de cette période, soit à partir de mars 2021 (…) le traitement sera différencié en fonction de la date d'arrivée au Royaume-Uni, avant ou après le Brexit".

Des droits différents seraient donc donnés aux "immigrés européens en fonction de leur date d'arrivée au Royaume-Uni", résume la chaine de radio.

Néanmoins, la BBC rapporte que "des sources gouvernementales" sont ensuite venues nuancer cette prise de position, en précisant que les droits des citoyens européens "après la période de transition devront faire l'objet de négociations".

Par ailleurs, le média britannique ajoute que la Première ministre a aussi "cherché à rassurer les députés conservateurs inquiets au sujet de la durée de la transition". Elle a ainsi rappelé qu'il s'agissait "d'une période d'ajustement pour les entreprises – et aussi le gouvernement – pour les changements qui doivent être faits".

Theresa May encore et toujours sous pression

Au Royaume-Uni, la locataire du 10 Downing Street apparaît donc plus que jamais sous pression. Ses dernières déclarations visent d'après Les Echos à "donner des gages aux 'hard Brexiteers' conservateurs, en montrant qu'elle reste ferme face à Bruxelles". Toutefois, elle doit aussi composer avec "les partisans d'un Brexit plus doux".

En effet, ceux-ci "viennent de marquer des points" grâce à "la publication lundi par le site BuzzFeed d'une note confidentielle du gouvernement montrant que le Brexit coûtera, quoi qu'il arrive, cher à l'économie britannique". Cette analyse "suggère que le coût de la réduction de l'immigration européenne serait beaucoup plus grand que celui des bénéfices d'un accord commercial avec les Etats-Unis" [BBC].

Face aux annonces de Theresa May, le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn s'est déclaré "opposé à la manœuvre de la Première ministre". Selon lui, les Britanniques auront à pâtir s'il devient "plus dur" pour les Européens de venir "travailler au NHS [système de santé publique britannique]", qui emploie effectivement de nombreux étrangers [BBC].

"Vision diamétralement opposée"

Les Européens ont, pour leur part, une "vision diamétralement opposée" à celle de Theresa May [Les Echos]. Pour Bruxelles, la période de transition qui permet de "continuer à bénéficier des avantages de l'Union, et notamment l'accès au marché unique", oblige à "assumer les obligations, à commencer par [les] grands principes fondateurs, dont fait partie la liberté de circulation". La position des Vingt-Sept est claire : "les quatre libertés de l'UE" ne peuvent être choisies "à la carte" [The Independent]. "Pas question, dans ces conditions, de discriminer les Européens qui s'installeraient au Royaume-Uni pendant cette phase transitoire", relatent Les Echos.

Dans ce contexte, la Bulgarie, en charge de la présidence tournante européenne, "a mis en garde mercredi la Première ministre britannique" [Le Figaro]. Lilyana Pavlova, ministre pour la présidence de l'UE, a soutenu à l'AFP que "l'acquis européen devrait être appliqué pendant la période de transition" et "suivi complètement".

Réagissant également aux déclarations de Theresa May, le référent pour le Brexit du Parlement européen Guy Verhofstadt a affirmé "que les droits des citoyens européens ne sont 'pas négociables'" [The Independent]. Le Parlement, d'après l'eurodéputé, "n'accepter[a] pas la proposition de la Première ministre". Et le quotidien britannique de rappeler que l'institution strasbourgeoise "a un droit de veto sur l'accord final".