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Migrants : la Grèce menacée d'expulsion, Tusk attaque Merkel

Revue de presse 03.12.2015

Si l'on pensait que les déboires entre la Grèce et l'Union européenne appartenaient au passé, c'était sans compter sur l'afflux migratoire sans précédent auquel fait face le pays méditerranéen. Or sa gestion de la crise migratoire déplait à ses partenaires européens, qui menacent le pays d'une expulsion de l'espace Schengen. Pendant ce temps, Angela Merkel fait cavalier seul pour imposer de nouveaux quotas de répartition, quotas que la Slovaquie a décidé d'attaquer devant la justice européenne.

Une mère et ses enfants traversent la frontière

Selon Le Monde, la Grèce est aujourd'hui  "menacée d’une suspension, voire d’une d’exclusion des accords Schengen sur la libre circulation, si elle ne prend pas de mesures supplémentaires pour renforcer le contrôle de ses frontières".

"Les ministres de l'Intérieur devraient agiter cette menace lors de leur réunion de jeudi", rapporte La Tribune, qui revient sur les motifs justifiant cette prise de position. Trois explications sont envisagées, qui seraient : " le refus de la Grèce de participer à des 'patrouilles conjointes' avec la Turquie […] le refus d'accepter une mission de l'agence de protection des frontières Frontex et, enfin, les lenteurs de la Grèce à accepter 'l'aide humanitaire' de l'UE".

"Mais les raisons invoquées semblent peu justifiées", ajoute le site de l'hebdomadaire.

Lors de cette même réunion, qui se tiendra aujourd'hui et demain, "le ministre grec chargé de l’Immigration […] a confirmé […] qu’il compte faire appel ce jeudi au mécanisme européen de protection civile" [Euronews].

Bruxelles2 cite le contenu d'une lettre "du commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, adressée à son chef, Jean-Claude Juncker". Choqué par les conditions de vie des migrants sur l'île de Lesbos, le commissaire lituanien, médecin de son état, écrit : "Ceci est inacceptable. Il n’y avait pas de signe d’Union européenne".

Cependant, la crise migratoire n'affecte pas que les relations entre Athènes et ses partenaires.  Ainsi "la Slovaquie a porté plainte mercredi devant [la Cour de Justice de l'Union européenne] contre les quotas de migrants adoptés en septembre par l'UE" [L'Obs / AFP].

Euronews rappelle que "ce dossier divise l’Europe depuis plusieurs mois. Mais à l’issue d’une réunion extraordinaire en septembre dernier, les ministres de l’Intérieur avaient finalement adopté cette répartition de 120 000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie. Quatre pays s‘étaient alors opposés à cette proposition. [Un chiffre] insuffisant cependant pour obtenir une minorité de blocage".

Un mécanisme qui suscite encore des divergences donc, et qui de plus est "loin de fonctionner" selon Les Echos. Ce qui a peut-être incité Angela Merkel à pousser "pour un nouveau système : une politique dite de réinstallation qui permettrait de chercher directement dans les camps en Turquie les réfugiés qui auraient le droit d’être accueillis en Europe".

La chancelière a ainsi convoqué un "mini-sommet avec 7 autres pays (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suède, Finlande, Autriche et Grèce) avant la réunion avec la Turquie" [Les Echos].

Humaniste, la proposition d'Angela Merkel semble s'opposer à la position défendue par Donald Tusk, le président du Conseil européen, pour qui "cette migration est trop forte pour ne pas être stoppée". Dans une interview accordée au Figaro ainsi qu'à plusieurs journaux internationaux hier, ce dernier "assure que les autres pays de l'UE ne sont plus prêts à suivre l'Allemagne. Aussi recommande-t-il à Angela Merkel de cesser de vouloir accueillir de nouveaux réfugiés syriens".

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