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Marine Le Pen réussit à s’imposer à Strasbourg

Revue de presse 16.06.2015

Peu y croyaient, mais le Front national a réussi à créer un groupe politique au Parlement européen : "Europe des Nations et des Libertés". La presse ironise sur cette "Arlésienne" qui a fini par devenir réalité et permettra au parti d'augmenter sa manne financière.

Marine Le Pen

Après de longues difficultés, le Front national est parvenu à son objectif strasbourgeois : former un groupe politique. Le Monde rapporte que la présidence du Parlement européen a reçu hier la demande de constitution de groupe et que la leader du parti Marine Le Pen devrait en faire l’annonce officielle aujourd’hui.

Les conditions pour former un groupe politique exigent de rassembler au moins 25 eurodéputés d’au moins 7 nationalités différentes.  Mme Le Pen s'était assurée du soutien de 37 députés européens, mais ceux-ci ne venaient que de cinq pays différents, rappelle Libération.

Le FN compte déjà parmi ses alliés les Néerlandais du PVV et son dirigeant Geert Wilders, les Italiens de la Ligue du Nord, le parti d’extrême-droite autrichien FPÖ et le belge Vlaams Belang.

Bien que les membres du parti frontiste refusent pour le moment de divulguer les nationalités des nouveaux membres, le site Mediapart affirme de son côté que le groupe compterait 36 eurodéputés, dont deux élus d’extrême-droite KNP polonais ainsi qu’une ancienne membre du parti europhobe britannique UKIP.

Le Monde rejoint ces pronostics en ajoutant que le parti lituanien Ordre et justice "pourrait avoir aussi été approché".

Néanmoins, le fondateur du parti et père de l’actuelle leader n’en fera a priori pas partie. Et, citée par L’Obs, Marine Le Pen assure qu’aucun eurodéputé hongrois du parti Jobbik (jugé infréquentable, tout comme le parti néonazi grec Aube dorée) ne rejoindra sa formation politique.

Le groupe s’appellera "Europe des Nations et des Libertés" [Le Figaro].

Le Point note à juste titre que, si la naissance de ce groupe offre à ses membres "une plus grande visibilité, d'éventuelles présidences de commissions ou de sous-commissions", elle assure surtout "entre 20 et 30 millions d'euros de subventions au cours des cinq années suivantes, hors salaires et avantages des députés".

Pour L’Obs, cette annonce "est une victoire autant politique que financière", un vrai "jackpot". Les eurodéputés de "Europe des Nations et des Libertés" auront une réelle influence au Parlement: ils pourront déposer des amendements en séance plénière et auront plus de temps de parole.

Mme Le Pen s’auto-congratule auprès du Figaro : "Ce résultat est évidemment une très bonne nouvelle pour le Front national et une très mauvaise pour nos adversaires".

Le quotidien insinue cependant que la récente exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national pourrait avoir aidé à la formation de ce groupe : "la constitution d'un groupe avait été perturbée par une polémique lancée à l'époque par Jean-Marie Le Pen", accusé de propos antisémites, ce qui posait problème lors des négociations avec les eurodéputés d’extrême-droite.

Le but de Mme Le Pen est de "construire un groupe solide et durable". Mais rien n’est moins sûr pour L’Obs, qui prévient que "ce groupe d'europhobes doit tenir sur la durée. Et entre extrémistes, l'union est difficile".

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