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Manuel Valls à la rencontre de la Commission

Revue de presse 18.03.2015

Le Premier ministre français Manuel Valls rencontre aujourd’hui les membres de la Commission européenne afin de présenter son programme de réformes ainsi que sa stratégie budgétaire. C’est l’occasion pour la presse française d’étudier la stratégie de Matignon.

http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/La-France-en-quete-de-4-milliards-pour-amadouer-Bruxelles-2015-03-17-1292101

Si la Commission a accordé un délai supplémentaire de deux ans à la France pour réduire son déficit public sous la barre des 3 %, ce n’est pas sans contrepartie. Il est temps maintenant pour Paris de montrer comment elle compte faire des économies et la façon dont les réformes structurelles exigées par la Commission européenne seront mises en place. C’est une rencontre nécessaire pour la France qui suscite de plus en plus d’agacement au sein des institutions européennes [Les Echos].

L’Express cite une source de Matignon : "L'objectif de ce déplacement est double : venir parler à Bruxelles de la France, des réformes qu'elle met en place et de la détermination qui est la sienne à avoir précisément un agenda de réformes extrêmement ambitieux. Il y a des attentes à cet égard de la part de Bruxelles auxquelles le Premier ministre souhaite répondre en expliquant en quoi elles consistent." Manuel Valls ne va cependant pas s’arrêter là et compte faire part de ses propres attentes envers l’Union européenne : "Le Premier ministre saisira l'occasion pour présenter sa vision de ce que doit être l'Europe, son projet pour l'Europe".

Si le gouvernement se montre optimiste, La Croix ne manque pas de souligner que le budget 2015 manque de certitudes : non seulement le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici avait estimé que ce plan n’était pas suffisant, mais en plus, la conjoncture économique n’évolue pas en faveur de la stratégie budgétaire française. En effet, une majeure partie des économies à réaliser étaient fondées sur le gel des dépenses. Or, l’inflation sera très faible cette année, contrairement aux prévisions du gouvernement. Et "sans inflation, il n’y aura rien à geler. Et donc rien à économiser".

"Nous tiendrons nos engagements", promet toutefois le ministre des Finances Michel Sapin, même s’il se garde bien de dévoiler davantage d’informations avant les élections départementales qui approchent à grands pas.

Cécile Crouzel du Figaro souligne que le gouvernement français refuse en effet de laisser penser qu’il est soumis aux injonctions de Bruxelles concernant les réformes qu’il mène : "Manuel Valls n'annoncera donc pas de mesures nouvelles ce mercredi lors de sa venue à Bruxelles." L'entourage du Premier ministre précise que les chantiers sur la loi Macron ou encore la négociation sur les seuils sociaux ont été lancés en 2014, hors du calendrier européen.

Les Echos dressent un parallèle entre le Premier ministre français et le chef d’Etat italien Matteo Renzi, dont les réformes sont assez "proches dans plusieurs grands domaines".

Dans un autre article, deux correspondants italiens du journal notent des similitudes entre les deux hommes qui "jouent pleinement la carte du dirigeant de gauche prêt à réformer son pays contre vents et marées". Un diplomate à Rome ajoute : "Il y avait beaucoup d'éléments inspirés de Matteo Renzi dans le discours de politique générale de Manuel Valls ; à la différence que l'appétit d'Europe n'a pas été vendu à la même hauteur, côté français".

Evidemment, des différences persistent entre la France et l’Italie : la première a surtout des problèmes de finances, tandis que la seconde souffre d’un déficit de productivité de son économie.

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