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Manifestation paneuropéenne contre le traité transatlantique

Revue de presse 13.10.2014

En Espagne, au Royaume-Uni, à Malte, en Slovénie ou encore en France, des groupes, plus ou moins étoffés, d'Européens étaient dans la rue pour protester contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis, appelé TTIP. C'est la première fois qu'un mouvement citoyen traverse toute l'Union européenne, même si la mobilisation n'était pas tout à fait à la hauteur des espérances des organisateurs.

Manifestation contre le TTIP

Le mouvement a été initié par des collectifs citoyens actifs sur les réseaux sociaux. Certains partis politiques et ONG ont suivi le mouvement. A cet égard, Le Monde est assez critique envers "les experts européens, libre-échangistes convaincus pour la plupart, [qui] ont du mal à comprendre les inquiétudes qui s'expriment. Ils pointent du doigt la récupération par les partis populistes. Et se défendent d'avoir fait des erreurs".

Cette mobilisation est symbolique par son aspect paneuropéen, mais "les nombreux défilés n'ont toutefois pas déplacé les foules (…) la participation s'est clairement avérée décevante pour le défilé parisien", affirme Euractiv.

Les manifestations n'ont pas eu lieu uniquement  dans les capitales. Ils étaient par exemple une centaine de personnes à Amiens. Le Courrier Picard titre avec humour : "le diable s'habille en TAFTA". Le journal local rapporte les propos de Jeff Moronvalle, président d'Attac Somme : "demain, on pourra nous vendre du poulet gonflé à l'eau et lavé au chlore". Ces propos sont entendus régulièrement chez les anti-TAFTA, notamment en France.

L'accord prévoit en outre la mise en place de tribunaux d'arbitrage qui permettraient aux entreprises de se protéger d’un Etat qui mettrait en péril leurs investissements. Médiapart souligne la controverse sur ce système qui "menace gravement la souveraineté des États".

Les inquiétudes sont diverses au sujet du traité. Le quotidien espagnol ABC rapporte que les peurs sont que "le traité serve, au final, à donner plus de pouvoir aux multinationales au détriment de l'État et de la citoyenneté". Au Royaume-Uni, la peur principale est que le traité pourrait ouvrir "le secteur de la santé aux entreprises privés américaines", explique le Huffingthon Post UK.

Rares sont les médias à défendre le TTIP, à l’instar d’El Mundo, autre quotidien espagnol, selon qui l'accord "permettrait de contrôler l'influence globale chinoise" et serait aussi "une offensive politique de repositionnement mondial", pour les États-Unis, comme pour l'UE.

 

Retrouvez le dossier spécial de Toute l'Europe sur le traité transatlantique.

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