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Maïs OGM : le désaveu français

Revue de presse 18.02.2014

Après le vote la semaine dernière des 28 Etats membres de l'UE sur l'autorisation d'un nouveau maïs OGM en Europe, le Sénat s'est prononcé hier sur le sujet et a rejeté le projet de loi du gouvernement d'interdiction du maïs OGM [Le Monde]. Une décision qui prend le contre-pied de la lutte française contre le transgénique. Mais rien n'est encore établi puisqu'un arrêté d'interdiction du maïs MON810 a été publié hier.

Stéphane Le Foll ministre français agriculture Conseil OGM

"Course contre-la-montre pour éviter des champs de maïs OGM en France", c'est ce que titre Le Point qui revient sur les arguments des soutiens et opposants français aux OGM. Alors que les semis du maïs OGM MON810 sont prévus pour début mars, "il y a des producteurs qui manifestent encore leur intérêt pour le MON810, principalement en Midi-Pyrénées ou en Aquitaine" indique à l'AFP le directeur général de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), Luc Esprit. Le temps joue donc contre le gouvernement français qui souhaite faire interdire cet OGM, qui est le seul à être cultivé en Europe.

Une situation d'"urgence" que soulignent également Les Echos et qui motive le nouvel arrêté d'interdiction annoncé par les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie, Stéphane Le Foll et Philippe Martin, pour faire interdire les seules semences du MON810. La lutte contre la culture transgénique, quelle qu'elle soit, se poursuit également par la voie législative à l'instar de la proposition de loi interdisant toute culture de maïs OGM soutenue par Alain Fauconnier, sénateur PS de l'Aveyron, et le gouvernement.

Ce texte – qui vise donc également le maïs TC1507 récemment autorisé par la Commission européenne – présenté au Sénat a toutefois été rejeté [Le Monde] à 171 voix contre 169. Le quotidien revient sur cette décision des sénateurs qui ne laisse pas d'autre choix au gouvernement que de faire présenter par un des députés un texte similaire devant l'Assemblée nationale.

Si le projet de loi a été rejeté, l'arrêté d'interdiction du gouvernement n'est également pas à l'abri d'un recours devant le Conseil d'Etat. Les Echos font ainsi état d'une "offensive incertaine contre le maïs OGM".

La France se mobilise également au niveau européen. Stéphane Le Foll a indiqué hier à Brxuelles que Paris souhaitait "renationaliser" les procédures d'autorisation de cultures d'OGM qui dépendent de l'UE : "Il s'agirait d'un système dérogatoire (…) Pour notre part, nous proposons que la mise en culture relève de la subsidiarité" [Libération].

Cette lutte française contre les OGM est déplorée par la journaliste de L'Opinion, Irène Inchauspé, qui taxe l'Hexagone de "malade du néo-obscurantisme" refusant le progrès scientifique. Une "régression" qui joue en défaveur de la France.

Le sujet est inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres européens de l'Environnement qui aura lieu le 3 mars prochain [Le Point].

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